Opération séduction pour Bibop Gresta, le cofondateur d'Hyperloop TT à Toulouse

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Bibop Gresta, confondateur d'HTT à Toulouse lundi 18 juin.
Bibop Gresta, confondateur d'HTT à Toulouse lundi 18 juin. (Crédits : Rémi Benoit)
Le cofondateur d'Hyperloop TT, Bibop Gresta, était à Toulouse lundi 18 juin pour promouvoir ce nouveau moyen de transport par lévitation magnétique alors que la construction de la piste provisoire se poursuit à Toulouse.

"C'est un moment historique pour l'humanité de voir cette technologie arriver. Je me demande tous les matins si c'est réel", nous lance très sérieusement Bibop Gresta. Un peu plus tôt lundi 18 juin, le dirigeant d'Hyperloop TT est arrivé en improvisant un rap en introduction de son pitch à l'Hôtel de Région pour un événement consacré aux startups. Dans la foulée, le dirigeant est allé faire le show dans les locaux d'Airbus.

Depuis un an et demi et l'annonce de l'implantation de son centre européen de R&D à Toulouse, la société californienne n'en finit pas de faire la com' de ce nouveau mode de transport par lévitation magnétique. Mais beaucoup de questions restent toujours en suspens sur son fonctionnement. L'hyperloop est censé atteindre une vitesse maximum de 1200 km/h, mais quelle sera sa vitesse de croisière ?

"La vitesse moyenne sera 600 à 700 km/h mais ce n'est pas le plus important, ce qui compte c'est l'efficacité. L'objectif n'est pas d'aller à la vitesse du son pendant tout le trajet mais de garantir le confort des passagers", estime Bibop Gresta.

Une première ligne commerciale attendue à Abu Dhabi en 2020

La société a annoncé fin avril que la première ligne commerciale serait lancée aux Émirats Arabes Unis pour l'ouverture de l'Exposition universelle de 2020. "Elle fera entre 5 et 10 km entre Al Gadeer (un quartier d'Abu Dhabi) et l'aéroport. Nous prévoyons des départs toutes les deux minutes dans des capsules pouvant transporter du fret ou 50 passagers à la fois. C'est une zone avec une faible densité de population donc nous estimons qu'il pourra y avoir grand maximum 80 000 passagers par jour à terme mais le modèle économique reste rentable", assure le dirigeant.

"Les lignes hyperloop coûteront entre 20 et 50 millions d'euros le kilomètre à la construction suivant la configuration du terrain (à titre de comparaison en France la ligne LGV Paris-Marseille a coûté 20 millions d'euros du kilomètre, ndlr) mais la différence avec les autres modes de transport est qu'avec l'hyperloop, on est capable de récupérer l'investissement en 8 à 15 ans. Nous serons en mesure de créer 30% d'énergie en plus de ce que nous consommons en nous appuyant sur l'énergie solaire,  et le vent", poursuit Bibop Gresta.

À Toulouse, la piste d'essais provisoire toujours en travaux

Pour le moment, près de Toulouse sur l'ancienne base militaire de Francazal, la piste d'essais provisoire qui fera 300 mètres de long est toujours en travaux. Trois premiers tubes ont été acheminés depuis l'Espagne sur le site en avril dernier.

hyperloop tt francazal

Site d'Hyperloop TT le 31 mai dernier (Crédit : Rémi Benoit).

"Nous avons été très vite dans la détection de bombes et la dépollution des sols. L'aéroport militaire a été bombardé pendant la Seconde guerre mondiale et nous avons trouvé beaucoup de bombes mais maintenant c'est terminé. Nous sommes actuellement en train de construire des pylônes d'environ un mètre de hauteur sur lesquels seront intégrés les tubes. Quand nous aurons fini cette structure, nous acheminerons les tubes restants depuis l'Espagne. Nous espérons terminer la piste d'ici la fin de l'année. La construction de la deuxième piste de 1,2 kilomètres (avec des pylônes de 5 m de haut, ndlr) viendra immédiatement après", détaille le cofondateur d'HTT.

HTT a passé la barre des 10 salariés à temps plein à Francazal et compte à travers le monde 40 salariés mais travaille sous forme de stock-options avec 800 collaborateurs.

Quels partenariats avec les entreprises locales ?

On ignore toujours quelles seront les entreprises toulousaines qui noueront des partenariats avec HTT. Le 7 novembre dernier à Toulouse, les représentants d'Hyperloop ont rencontré dans les locaux du pôle Aerospace Valley les entreprises intéressées pour collaborer avec eux. "56 entreprises ont montré leur intérêt d'y participer et 33 ont été sélectionnées par Hyperloop", indiquait alors le pôle de compétitivité. Bibop Gresta promet "une annonce fin juin des premiers partenariats avec des entreprises de taille différente dans le domaine de l'aéronautique, de la signalétique, la mobilité..." Airbus en fera-t-elle partie ? "Nous avons besoin d'entreprises comme Airbus pour implanter notre technologie et créer des synergies. L'un des partenariats que nous avons déjà annoncé est Carbures, un fabricant espagnol qui travaille pour Airbus", glisse l'entrepreneur.

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Commentaires
a écrit le 21/06/2018 à 8:38 :
La prochaine bombe à découvrir est celle d'une arnaque technologique et surtout financière...Des élus qui réclament une LGV Toulouse-Bordeaux à plus de 10 Mi€ et qui vont engloutir des millions d'€ dans des tuyaux vides !
a écrit le 19/06/2018 à 18:08 :
En France les lignes LGV, nous ont coûtées un bras sur des distances importantes à 20M le km . La la fourchette annoncée n' est pas prouvée et le mode de sustentation est extrêmement énergivore...En plus s' il veut faire le vide dans ses tuyaux, pour la pénétration, il faudra rajouter des pompes à vide ( attention aux étanchéités,dur la décélération ) Projet peut être valable sur très petite distance et le prix du billet .
a écrit le 19/06/2018 à 16:08 :
Tout cela ressemble à du théâtre et rappelle l'affaire des avions renifleurs, ou l'affaire Parretti/MGM. La vanité française n'a pas de limite.

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