Pourquoi faut-il faire le pari des deep tech ?

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Les deep tech étaient un des temps fort de le 5e édition de l’Innovation IT Day.
Les deep tech étaient un des temps fort de le 5e édition de l’Innovation IT Day. (Crédits : DR)
Le cluster numérique DigitalPlace et BigUp for Startup, activateur de business, se sont associés pour organiser jeudi 17 mai à l’espace Diagora de Labège la 5e édition de l’Innovation IT Day (IITD). Cet événement entièrement dédié à l’innovation numérique et à la mise en relation a fait la part belle aux deep tech. Ces startups qui proposent des produits ou des services sur la base d’innovations de rupture prendraient une place de plus en plus importante sur le marché.

"Les deep tech sont un sujet important. Il y a de l'intérêt à comprendre ce qui s'y passe, à y investir et à parier dessus afin de changer la vie des gens et d'aller au delà des règles digitales courantes que l'on voit aujourd'hui", souligne Olivier Ezratty, consultant en stratégies de l'innovation, lors de l'ouverture de le 5ème édition de l'Innovation IT Day.

Les deep tech sont des startups qui reposent sur des challenges scientifiques non résolus. Les technologies qu'elles mettent au point donnent naissance à des voitures autonomes et des robots dotés de l'intelligence artificielle par exemple.

Des services et produits qui changent la vie

Dans son plaidoyer, comme il le dit, Olivier Ezratty, a mis en avant le potentiel de ces startups. En voici quelques points clés:

  • Elles auraient une capacité radicale à changer la vie des gens beaucoup plus profondément que les applications digitales classiques.

"Par exemple une application mobile qui aide à prendre rendez-vous chez le kinésithérapeute, c'est très bien mais c'est du digital normal. Par contre, un laboratoire en biotechnologie qui met au point une thérapie ciblée qui permet de traiter des cancers, ça rallonge la vie des gens. C'est radicalement différent", illustre cet expert des innovations.

  • Les deep tech valorisent le patrimoine scientifique d'un pays.

"Ces technologies là permettent d'avoir une chaine d'innovation complète qui va de l'excellence scientifique, à l'élaboration d'un produit et sa mise en vente sur le marché. Elles gèrent ce cycle là de façon harmonieuse", explique-t-il.

  • Lorsqu'elles sont basées sur des produits qui couvrent des besoins primordiaux tels que la santé ou encore la téléphonie, les deep tech peuvent scaler à l'international. C'est-à-dire s'adapter beaucoup plus rapidement à un changement d'ordre de grandeur de la demande.

"Lorsque l'on crée un composant ou une technologie enfouies dans une solution vendue à l'international, il y a une opportunité de changer le monde à très grande échelle", assure Olivier Ezratty

  • Contrairement à plusieurs services, ces technologies s'appuient sur un patrimoine scientifique, protégé et quasi-impossible à reproduire, à plagier.

"Dans ce monde là, il y a de meilleures barrières à l'entrée ainsi qu'une meilleure protection de la propriété intellectuelle"

  • Enfin, à l'opposé de plusieurs volets du digital, les deep tech sont un moyen de lier entre eux l'ensemble des acteurs du tissu scientifique et technologique. De la petite startup, au leader industriel.

"Dans n'importe quel domaine, les grandes entreprises établies sont des points de passage obligés pour le déploiement des innovations. Vous n'allez pas vous improviser sidérurgiste, triporteur de train ou constructeur automobile. Vous allez justement fournir des technologies pour aider ces gens là".

Complètement différentes des startups traditionnelles

En plus d'évoluer dans des domaines différents des startups classiques, les deep tech ont plusieurs caractéristiques qui les différencient des jeunes pousses évoluant dans le digital et le numérique traditionnels.

Tout d'abord elles disposent d'équipes pluridisciplinaires, composées de différents membres aux domaines de compétences variés qui vont travaillent ensemble avec l'objectif de résoudre des challenges scientifiques. Tandis que dans une startup low ou soft tech qui évolue dans des domaines et marchés pré-établis, "l'équipe va être composée distinctement de développeurs et de gens qui s'occupent du business et de la communication", explique Olivier Ezratty.

Les low/soft tech et les deep tech diffèrent également dans les cycles de l'innovation. Les 'innovations de rupture sont généralement beaucoup plus lentes à développer quelque soit le domaine. "Un investisseur ne verra pas la couleur du produit avant 5-10 ans". Ces périodes longues entraînent logiquement des investissements assez colossaux qui engagent une prise de risques. "Ce sont des paris osés certes mais qui donnent des résultats à plus grande échelle", conclut-il.

Justement, l'investissement dans les deep tech est en constante évolution depuis 2015. Les futurs défis de ces startups sont déjà connus. Il s'agit de la 5G, de la cybersécurité, des nouveaux systèmes de stockage des données, de l'amélioration de la performance des batteries... des technologies qu'il faut penser entièrement pour certaines.

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