Logements neufs à Toulouse : des ventes en baisse, des stocks en hausse

 |   |  679  mots
Malgré un rebond des ventes à l'accession enregistré au premier trimestre, les indicateurs du logement neuf en Midi-Pyrénées restent préoccupants avec des délais de ventes et des stocks en hausse, une baisse des investisseurs comme des mises en vente. L'Observer, observatoire du logement en Haute-Garonne a présenté aujourd'hui ses résultats commerciaux du 1er trimestre 2013.

Patrick Saint-Agne, président de la fédération des promoteurs immobiliers (FPI) en Midi-Pyrénées vient de livrer ses chiffres et son analyse du marché neuf. Verdict ? Une hirondelle ne fait pas le printemps : le rebond des ventes nettes aux particuliers enregistré depuis le début de l'année (+10 % dans l'aire urbaine et +23 % dans Toulouse intra muros), n'efface pas les contre-performances.

Toulouse mieux que la banlieue
Comme souvent en période de crise, les acquéreurs misent sur les valeurs sûres, et les programmes situés à Toulouse intra muros ont trouvé plus facilement preneurs ces derniers mois. 331 ventes nettes y ont ainsi été enregistrées au cours du premier trimestre 2013, dont 125 ventes en résidence principale (soit 56 % de plus que l'an dernier) et 206 ventes à investisseurs (soit 8 % de plus que l'an dernier).
Des chiffres à relativiser, compte tenu du contexte... En effet, même à Toulouse, les promoteurs ont préféré réduire fortement leurs mises en vente : -20 % sur cette période. "Ce chiffre traduit évidemment l'état d'esprit de la profession en ce moment" commente Patrick Saint-Agne.

Les investisseurs passent leur tour

Ce qui frappe en ce moment, c'est l'extrême prudence des investisseurs, qui ne semblent pas encore convaincus de l'intérêt du dispositif Duflot. Ceux qui ne se recentrent pas sur le centre-ville préfèrent s'abstenir : ainsi avec 379 réservations enregistrées au cours des trois premiers mois de l'année sur le territoire de l'aire urbaine, les ventes à investisseurs enregistrent une baisse de 15 % et ne représentent plus que 45 % des ventes au détail. Loin des 65 à 70 % de ces dernières années.
Mécaniquement, l'offre commerciale livrée augmente considérablement. A Toulouse, elle représente désormais 5 % de l'offre totale soit 97 logements collectifs et deux individuels. Dans l'aire urbaine, elle grimpe à 7 % de l'offre totale, (contre 3 % il y a un an) et concerne 267 logements collectifs et 47 individuels groupés.
Globalement, l'offre commerciale augmente de 15 % dans l'aire urbaine avec 4 461 logements disponibles sur le marché, dont 44 % sont situés à Toulouse. Mais la vraie crainte de la profession concerne l'offre en pré-commercialisation, qui représente 40 % de l'offre totale de logements neufs dans l'agglomération. "Ce sont de nouveaux programmes qui pourraient ne jamais sortir de terre", craint le président de la FPI. Car les promoteurs qui ont du stock sur les bras vont baisser les prix pour liquider leurs opérations en cours et cela risque de porter préjudice au reste de l'offre", décrit-il.

Pas de baisse des prix en vue

Autre constat en ce début d'année, le retour des ventes en bloc. Elles ont concerné 235 logements ce premier trimestre contre 15 l'année dernière et la totalité était destinée aux bailleurs sociaux. "Deux programmes de promotion privée viennent en effet d'être rachetés en bloc par les bailleurs sociaux" a indiqué Maryse Prat, la présidente de Groupement départemental de la Haute-Garonne qui regroupe 16 organismes de logements sociaux et prévoit cette année la production de 3258 lots sur l'ensemble du département. "Un niveau stable et élevé" décrit-elle.
Dans la promotion privée, malgré le ralentissement des ventes, les prix restent stables avec une hausse limitée à 1,2 % entre le premier trimestre 2012 et le premier trimestre 2013. Le prix de vente moyen s'affiche 3 223 €/m2 habitable hors parking dans l'aire urbaine et pour les spécialistes, la baisse des prix n'est pas d'actualité. "L'offre va se réguler avec des opérations qui ne démarreront pas", pronostique le président de la FPI.
Un constat que partage Michel Lamour, le président du syndicat national des aménageurs lotisseurs (SNAL). "Pour notre part, nous sommes loin des performances de 2012 avec une augmentation des ventes de 20 %. Aujourd'hui, nous attendons le client et le marché de la maison individuelle qui est traditionnellement le dernier à ressentir la crise, est touché à son tour."

Béatrice Girard
©photo Rémi Benoit

En savoir plus : L'Observer de l'Immobilier Toulouse (Observatoire du logement en Haute-Garonne) regroupe l'USH 31 (logement social), le SNAL (aménageurs-lotisseurs) et la FPI Midi-Pyrénées (promotion immobilière).

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :