Pourquoi Toulouse reste une ville de locataires

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(Crédits : Rémi Benoit)
Logements, transports, services... Dans un audit urbain, l'Insee a comparé Toulouse à 44 autres "cities" européennes de 500 000 à 1 million d'habitants.

L'Insee vient de rendre publics les résultats d'un vaste audit urbain : une étude d'envergure européenne dans laquelle les caractéristiques de la Ville rose sont comparées avec celles de 44 autres villes : notamment Séville, Francfort, Saragosse, Lodz (Pologne) ou encore Bordeaux, Nantes ou Nice pour les villes françaises. Verdict ? Si la Ville rose est moins dense que la moyenne, les temps de trajets quotidiens y sont plus longs et les propriétaires moins nombreux qu'ailleurs.

Au grand dam de nombreux urbanistes qui prônent une ville plus dense, on respire à Toulouse ! Dans le périmètre étudié par l'étude de l'Insee, la ville s'étend en effet sur un vaste territoire de 460 km2, quand la moyenne européenne est de 285 km2 avec deux exceptions notables : 39 km2 pour Athènes et 970 km2 pour Saragosse. La densité de population n'est que de 1 530 habitants au kilomètre carré et 33 % des logements sont des maisons individuelles. C'est beaucoup plus que dans les villes d'Europe du nord (Allemagne, Pologne, Pays Baltes) qui comptent de 10 à 25 % d'habitat individuel, mais moins que Bordeaux (44 %) ou Nantes (43 %). Revers de la médaille, dans ce territoire si aéré : les temps de déplacements domicile-travail sont plus importants pour les Toulousains. Ils mettent 29 minutes pour parcourir en moyenne 19 km et 63 % d'entre eux continuent d'utiliser leur voiture, quand 20 % utilisent le réseau des transports en commun et 17 % leur vélo.

55 % des Toulousains sont locataires

L'autre indication intéressante de cette étude concerne la répartition entre locataires et propriétaires. À Toulouse, 42,5 % de la population sont propriétaires de son logement, tandis que 55 % sont locataires, dont 13 % dans le parc social. Les 2,5 % restant concernent un mode d'habitat plus marginal (logements de fonction, étudiants logés dans des appartements appartenant à leurs parents...). Par ailleurs, la surface moyenne des logements est réduite : de l'ordre de 42 m2. "La taille des logements et la part relativement faible de propriétaires à Toulouse s'expliquent par le poids de la population étudiante", explique Jean-Philippe Grouthier, le directeur régional de l'Insee.

Selon l'institut, en effet, le nombre important d'étudiants à Toulouse, ainsi que les politiques de défiscalisation impulsant l'achat d'appartements destinés à la location, expliquent en partie le poids du secteur locatif privé. Toulouse est d'ailleurs une ville jeune : l'âge médian y est de 34 ans, contre 40 ans en moyenne ailleurs, et le Toulousain type a 30 ans et travaille dans la fonction publique, premier employeur à Toulouse (29 %) devant l'industrie (13 %) et les activités scientifiques et techniques (17 %).

Enfin, Toulouse apparaît comme une ville correctement équipée avec 53 bibliothèques contre 38 en moyenne ailleurs et 30 piscines, soit deux fois plus que dans les autres villes observées.

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Commentaires
a écrit le 21/04/2015 à 8:12 :
c'est l’éternel problème de la poule et de l'oeuf !!
es ce qu'il y a des locataires parce qu'il y a des appartements à louer ou es ce qu'il y a des appartements à louer parce qu'il y a des locataires potentiels ?
je penche quand même pour la deuxième hypothèse

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