Pour la première fois, étudiants architectes et promoteurs travaillent ensemble à Toulouse

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Étudiants architectes et promoteurs réfléchissent ensemble à améliorer les entrées de Toulouse Métropole
Étudiants architectes et promoteurs réfléchissent ensemble à améliorer les entrées de Toulouse Métropole (Crédits : Rec and Play Media)
Depuis la rentrée 2015, une convention inédite lie l'école supérieure d'architecture de Toulouse et la FPI de Midi-Pyrénées. Promoteurs et étudiants vont se retrouver régulièrement autour d'une série d'ateliers consacrés à l'aménagement des entrées de la métropole toulousaine. Reportage.

"Utopies communautaires." C'est l'intitulé d'une série de quatre ateliers d'une demi-journée proposés cette année pour la première fois à une trentaine d'étudiants en 5e année de l'école supérieure d'architecture de Toulouse. Des ateliers menés en partenariat avec des promoteurs immobiliers.

Un thème a été choisi pour chacun des ateliers : "les usages", "faire ville", "les contraintes économiques" et "les exigences règlementaires et politiques". Le premier de ces ateliers a eu lieu il y a quelques semaines : une véritable rencontre entre deux mondes. "Vous nous voyez comme des requins de l'immobilier, et nous vous regardons comme des artistes", lance Patrick Saint-Agne, le président régional de la Fédération des Promoteurs Immobiliers, devant un amphi d'étudiants un peu surpris.

"Les premiers échanges ont été un peu frontaux, et pas assez engageants mais, dès le début des ateliers, le dialogue s'est noué très rapidement", se félicite l'enseignant Uli Seher, architecte et urbaniste, qui porte le projet.

Travailler sur les entrées de ville de Toulouse Métropole

Le principe ? Faire réfléchir de futurs architectes à l'aménagement possible des entrées de la métropole toulousaine. Cinq territoires ont été déterminés, ils correspondent presque tous aux entrées d'autoroute (Lespinasse au nord, Labège au sud-est, Muret au sud-ouest, la forêt de Bouconne à l'est et L'Union au nord-ouest). "Ces territoires se sont imposés comme des axes forts de transports et sont dotés d'un potentiel énorme, car ils ont rarement été planifiés par les politiques en amont", estime Uli Seher.

La séance du jour est consacrée aux contraintes économiques. Des sujets que les étudiants ont peu l'occasion d'aborder habituellement. Penchés sur leur carte, Vincent et Marine ont choisi l'entrée est et la forêt de Bouconne. "Ici, pas d'autoroute, mais un territoire qui concentre plusieurs problématiques à nos yeux, expliquent-ils. Airbus porte Colomiers, la forêt de Bouconne est le poumon vert de la ville et l'on compte de nombreuses zones industrielles."

Parmi leurs réflexions, comment renforcer les voies ferroviaires pour soulager le trafic routier qui asphyxie Colomiers ? "Il faudrait définir un quartier sans voiture dans Colomiers et engager une réflexion sur ces ronds-points omniprésents", ajoute Marine. En plus du projet urbain, les architectes en herbe devront aussi concevoir des projets architecturaux. "Nous avons déjà repéré des parcelles sur lesquelles il pourrait être intéressant de construire", pointe Vincent sur sa carte.

Les transports au cœur de la réflexion

Un peu plus loin, un groupe de filles a choisi l'axe sud de Muret et la route d'Espagne. "Ici, on réfléchit à apaiser un peu cette route d'Espagne, soumise à un trafic automobile intense. On a essayé d'identifier des voies transversales qui inciteront les gens à se rapprocher de la Garonne", décrit Sabrina. "Et on voudrait soumettre aussi deux pôles multimodaux au niveau d'Ikea et de Tisséo, pour favoriser des modes de déplacement doux", ajoute Clémentine.

"Ces ateliers se font sans concession, ça parle vrai. Nous, promoteurs, n'arrivons pas comme des sachants. Les étudiants réagissent et nous nous questionnons !", observe Laurent Hugonenc, le directeur du développement de Cogedim Midi-Pyrénées.

Parmi les pistes à travailler, comment réinventer des typologies d'habitat ? Comment recomposer des franges de villes et proposer des évolutions de tissu urbain ? Comment réintroduire la mixité à travers le projet architectural pour apaiser le rapport public-privé ?

Réponses 18 mars 2016, lors du prochain salon du logement neuf organisé par la FPI. À cette occasion, les projets des étudiants seront présentés aux politiques et au grand public.

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