RE2020 : "La généralisation nous permettra d'avoir le bon modèle économique", assure Emmanuelle Wargon

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La ministre déléguée au Logement, Emmanuelle Wargon, était en visite à Toulouse, jeudi 25 février, sur le thème de la RE2020.
La ministre déléguée au Logement, Emmanuelle Wargon, était en visite à Toulouse, jeudi 25 février, sur le thème de la RE2020. (Crédits : Rémi Benoit)
En visite à Toulouse, jeudi 25 février, la ministre déléguée au Logement, Emmanuelle Wargon, est venue rassurer les promoteurs immobiliers à propos de la future réglementation environnementale sur le bâti neuf, ou RE2020. Néanmoins, la ministre se dit ouverte à des implications réglementaires pour faciliter son application.

Bientôt, l'éco-quartier de La Cartoucherie, à Toulouse, aura son bâtiment totem. Dès septembre prochain, le long de l'avenue de Grande-Bretagne, ce bassin de vie émergent aura une tour en bois de 10 étages réservé à un hôtel. Celui-ci sera accompagné de près de 150 logements (libres, sociaux et à prix maîtrisé) et de 2.750 m2 de commerces, en pied d'immeuble. Voilà comment se compose le programme Wood'Art - La Canopée, qui aura la particularité d'être composé à 76% de bois (d'Occitanie) dans sa conception. Un programme immobilier neuf qui respecte la future RE2020, qui entrera finalement en vigueur le 1er janvier 2022 après la contestation des professionnels du secteur.

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Cette future norme impose aux professionnels de la construction neuve de recourir à des matériaux et à des modes constructifs qui peuvent stocker le carbone. Par exemple, des matières biosourcées, d'origine renouvelable (biomasse), végétale (bois) ou animale. "L'idée est de limiter l'émission de carbone d'un bâtiment dans sa phase de construction, mais aussi pendant son exploitation, par le choix des matériaux notamment. La RE2020 prend également en compte le confort d'été (température intérieure l'été sans avoir recours à la climatisation, ndlr)", confiait récemment à La Tribune, Stéphane Aubay, le président de la fédération des promoteurs immobiliers en Occitanie.

Cartoucherie

L'opération au coeur de La Cartoucherie, menée par Icade, sera constituée pour trois quart de bois de l'Occitanie (Crédits : Rémi Benoit).

"Ce programme Wood'Art est 55% plus performant que la RT2012, la dernière norme en vigueur sur les émissions de carbone, et nous sommes même en avance sur la future RE2020", a notamment fait savoir Olivier Wigniolle, le directeur général d'Icade. En raison de son exemplarité et de son expérimentation menée avec le bois, la ministre déléguée au Logement a décidé de visiter ce programme à Toulouse, jeudi 25 février. L'occasion pour Emmanuelle Wargon de faire la promotion de ce nouveau cadre réglementaire. "La plupart des promoteurs immobiliers et notamment la Fédération des promoteurs immobiliers, sont globalement plutôt satisfaits de la RE2020 et notamment des derniers réglages que nous avons fait. La majeure partie d'entre eux est déjà très engagée dans cette transformation parce qu'elle est souhaitée par leurs clients et les élus", a déclaré la ministre, sur le chantier. "On sait que ce n'est pas le cas de tous nos confrères, mais nous, on est très demandeurs de la RE2020", a lancé Olivier Wigniolle à la membre du gouvernement.

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Cartoucherie

Pour des raisons de sécurité, l'ossature en bois sera recouverte par une couche de plâtre (Crédits : Rémi Benoit).

Des aménagements juridiques possibles

Cette réticence ne doit son origine qu'à une question d'ordre financier. Le fait d'utiliser des matériaux innovants dans le domaine de la construction gonfle la note des travaux... De manière globale, les promoteurs craignent un surcoût moyen d'environ 10% par opération de logements neufs.

"Quand la RT2012 est sortie, tout le monde craignait aussi un surcoût entre 10 et 20%. Finalement, il n'y a quasiment pas eu de surcoût. Par ailleurs, la RE2020 fonctionne très progressivement, avec des dates intermédiaires. 2022, 2025, 2028, 2031 qui doivent permettre de passer les étapes les unes après les autres. Donc je crois, par cette méthode, que nous sommes en capacité de trouver le modèle économique", se défend Emmanuelle Wargon.

Emmanuelle Wargon

Le promoteur Icade a dû faire face à un surcoût de 15% dans cette opération en raison de l'utilisation de matériaux nouveaux (Crédits : Rémi Benoit).

Par exemple, dans le cadre du programme d'Icade à La Cartoucherie d'un montant un peu plus supérieur à 20 millions d'euros, le surcoût en comparaison à une opération classique est évalué à 15%. "Cette opération exceptionnelle a été possible grâce à un effort de la part d'Icade, en rognant de manière très importante nos marges, tout comme l'a fait notre partenaire spécialisé dans la charpente en bois Maître Cube. Néanmoins, cette opération n'aurait pas été réalisable sans le soutien de la région Occitanie, qui a subventionné 10% des coûts de construction", témoigne le directeur général d'Icade. Grâce à cet effort collectif, le prix de vente de cette opération se situera à 4.000 euros du m2. Un montant correspondant aux prix pratiqués dans un marché toulousain à la hausse depuis plusieurs années. Néanmoins, la ministre déléguée au Logement se veut vigilante à ce sujet.

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"La généralisation nous permettra d'avoir le bon modèle économique, avec cette RE2020. Après, je suis là pour discuter sur le fond et lever certains blocages. S'il y a des sujets d'ordres juridique, réglementaire ou législatif, qui pourraient faciliter sa mise en œuvre, nous regarderons cela", promet notamment la ministre qui estime aussi que la qualité des opérations permettra de faciliter l'obtention des permis de construire.

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