Les 150.000 logements sociaux promis en France ne seront pas livrés en 2014

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Les changements de municpalités contraignent les bailleurs sociaux
Les changements de municpalités contraignent les bailleurs sociaux
Les changements de municipalités ainsi que les difficultés rencontrées par la promotion privée contraignent les bailleurs sociaux qui risquent de ne pas atteindre les objectifs fixés en 2014. Malgré tous les efforts du gouvernement pour que soient construits 150.000 logements sociaux par an, soit 30 % des nouveaux logements, il semble que, au moins pour 2014, cet objectif ne soit pas tenable... si l'on en croit le leader du logement social français, 3F.

Les changements de municipalités ainsi que les difficultés rencontrées par la promotion privée contraignent les bailleurs sociaux qui risquent de ne pas atteindre les objectifs fixés en 2014.

Malgré tous les efforts du gouvernement pour que soient construits 150.000 logements sociaux par an, soit 30 % des nouveaux logements, il semble que, au moins pour 2014, cet objectif ne soit pas tenable... si l'on en croit le leader du logement social français, 3F.

Son directeur général, Yves Laffoucrière, craint de ne pas pouvoir atteindre l'objectif que s'est fixé 3F de lancer la production de 7.900 logements en 2014. "3F ne tiendra pas ses objectifs de mises en chantier pour cette année car en Île-de-France, la production de 1.500 de nos logements est bloquée", déplore-t-il.


Les bailleurs dépendant des promoteurs privés
Il évoque pour justifier les blocages en cours deux raisons, qui sont d'ailleurs valables pour les autres bailleurs sociaux. La première tient aux obstacles que rencontrent les promoteurs privés. Ils éprouvent en effet les pires difficultés à commercialiser des logements en Vefa (vente en l'état futur d'achèvement) à des prix en adéquation avec une demande affaiblie par la crise. Constatant un niveau trop faible de commercialisation, les banques n'accordent pas leur financement aux promoteurs, ce qui obère le lancement d'opérations ainsi que de la partie des projets consacrée aux logements sociaux.

Les nouveaux maries stoppent des opérations de construction...
La seconde raison évoquée par Yves Laffoucrière est encore plus conjoncturelle. Elle est relative aux changements de majorité dans les villes après les élections municipales de mars 2014. "Certains maires élus ont fait campagne contre des projets de construction...", constate Yves Laffoucrière. Résultat, plusieurs projets sont retardées, voire "définitivement perdus", regrette le directeur général de 3F.

... mais encouragent davantage les ventes aux locataires
En revanche, le basculement de certaines municipalités de gauche à droite a eu un effet plus bénéfique pour les affaires des bailleurs sociaux. En effet, il serait plus concevable idéologiquement pour les mairies de droite d'encourager la vente aux locataires de logements HLM.

Yves Laffoucrière l'a remarqué avec deux mairies - Colombes et Clamart - qui ont basculé à droite aux dernières élections municipales et qui donnent désormais davantage de marges de manœuvre au bailleur pour vendre à des locataires. Cette technique a permis à 3F de dégager plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2013. Et lui permet d'accroître sa capacité d'autofinancement en période de raréfaction des subventions de l'État.

150.000 logements sociaux pour 2015 ?
De quoi - peut-être - atteindre l'objectif de 150.000 logements mis en chantier en 2015. D'autant que de nombreuses mesures de soutien à l'immobilier social ont été récemment mises en place. Que ce soit la loi de mobilisation du foncier public - entrée en vigueur en janvier 2013 - qui permet aux bailleurs sociaux de bénéficier de terrains publics à prix réduit ; les allègements de TVA avec le passage au taux réduit de 5,5 % au 1er janvier 2014 pour la construction neuve et les travaux de rénovation ; mais aussi le relèvement du plafond du livret A en deux temps entre octobre 2012 et janvier 2013, qui a participé à accroître le volume de fonds disponible pour le financement des logements conventionnés.

Mathias Thépot, LaTribune.fr
© photo Rémi Benoit

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