Fiducial, déficit, naming, nouveau stade... Didier Lacroix se confie

 |   |  1072  mots
Le président du Stade Toulousain espère sa Cité des sports avant 2023.
Le président du Stade Toulousain espère "sa" Cité des sports avant 2023. (Crédits : Rémi Benoit)
Le président du Stade Toulousain était l'invité de la Matinale organisée par La Tribune, mercredi 13 novembre à la CCI de Toulouse. Ses relations compliquées avec Fiducial, le déficit financier du club de rugby champion de France en titre, le projet de naming et la Cité du Rugby qu'il veut voir sortir de terre avant 2023... le dirigeant s'est confié sur un tas de sujets brûlants. Décryptage.

Il est arrivé à la tête du club à l'issue de la saison sportive 2016-2017 et le Stade Toulousain venait de terminer à une inquiétante 12ème place (sur 14) de son championnat. De plus, le club de rugby le plus titré de France affichait alors un déficit financier de plus de 4 millions d'euros. Dès lors, Didier Lacroix s'est mis en tête de transformer le modèle économique du Stade Toulousain pour combler ce trou. Plus de deux ans après sa prise de poste, le pari est quasiment relevé.

"Dès l'année 2018, nous sommes parvenus à diviser par deux ce déficit. Pour l'année en cours, on devrait la clôturer avec un déficit de 100 000 euros environ malgré le titre de champion de France obtenu en juin (qui génère des recettes supplémentaires, ndlr). Mais notre objectif est de parvenir à un équilibre financier pour le Stade Toulousain en obtenant une 6ème place du Top 14 et une qualification pour la coupe d'Europe", fait savoir Didier Lacroix.

Avant d'arriver à ce résultat, sa prise de fonction et les premiers mois de sa présidence ont été entachés par des problèmes relationnels entre lui et le premier actionnaire privé du club, Fiducial (11% de l'actionnariat), à qui il était prêté des intentions de départ de l'actionnariat du club après y être entré depuis seulement 2014. Mais selon le président du Stade Toulousain, un accord a été trouvé et l'actionnaire renouvelle son partenariat.

"Pour l'instant, il n'y a pas de relation sur le plan humain mais Fiducial reste actionnaire et renouvelle son partenariat. Un engagement à l'égard du club pour lequel nous sommes très reconnaissant depuis toujours. Mais cette période de vexation s'explique par des incompréhensions qui ont pu naître, peut-être, avec l'équipe dirigeante précédente. Pour ce qui me concerne, je me suis toujours battu pour que le Stade Toulousain ne soit pas clivant et nous avons donc fait le dos rond face à ces attaques pour faire avancer ce gros bateau qu'est ce club", avoue le dirigeant sans pour autant en dévoiler davantage sur les contours de l'accord avec Fiducial.

Didier Lacroix Matinale

Pendant plus d'une heure, le président du Stade Toulousain, Didier Lacroix, s'est confié à La Tribune (Crédits : Rémi Benoit).

Une Cité des sports souhaitée avant 2023

Malgré ce climat conflictuel des premiers mois de son mandat, il garde le cap et maintient une stratégie clairement définie : diversifier les sources de revenus du Stade Toulousain afin de moins les faire dépendre des résultats sportifs du club. Pour y parvenir, Didier Lacroix a fixé trois axes qui sont le sport, le tourisme et la santé. Si pour ce dernier, il veut faire du Stade Toulousain un acteur du sport-santé en assurant des séances de sport pour les patients atteints de certaines pathologies comme le démontre son partenariat avec l'Oncopole, le président mise sur le rugby féminin pour développer l'aspect sportif de sa stratégie de croissance.

Lire aussi : Didier Lacroix : "L'image de Toulouse est associée au monde du rugby"

"Nous avons créé pas moins de cinq équipes sur le rugby féminin, et l'équipe fanion a été deux années de suite finaliste de son championnat Élite, tout en comptant dans ses rangs plusieurs joueuses de l'équipe de France. C'est un véritable pari sur l'avenir puisque que cela représente un investissement important pour le club, évalué à 2 000 euros par licenciée, dans un contexte où nous cherchons à combler notre déficit. L'objectif est d'arriver à structurer le rugby féminin en essayant de faire venir des partenaires et savoir si les spectateurs sont prêts à payer pour venir voir le match comme ils le font pour les garçons notamment", se projette Didier Lacroix.

Didier Lacroix Matinale

Une centaine de personnes sont venus assister à cet échange organisé au sein de la CCI de Toulouse (Crédits : Rémi Benoit).

Pour ce qui est du tourisme, l'ancien joueur professionnel du Stade Toulousain mise tout sur son projet nommé "Cité des sports", dont il espère la sortie de terre avant la Coupe du monde de rugby 2023 qui se déroule en France et pour laquelle la Ville rose accueillera des matchs. Lauréat dans le cadre du concours d'urbanisme de Toulouse Métropole "Dessine moi Toulouse", ce projet prévoit un musée du rugby au rayonnement international,  un "Campus du sport" comprenant petit palais des sports, gymnase, centre médical, centre de formation multisports avec internat pour les jeunes talents pouvant notamment accueillir les clubs professionnels délogés du petit Palais des Sports de Toulouse, amené à être détruit pour accueillir le futur campus de TBS. Surtout, ces nouveaux équipements seront accompagnés d'une profonde rénovation du stade Ernest Wallon qui accueille les matchs du Stade Toulousain, incluant la rénovation d'espaces comme sa brasserie, la salle de presse, les vestiaires, sa bodéga et ses bureaux administratifs. Seulement, des riverains menacent de poser des recours contre ce projet qui prévoit également un parking silo et des logements.

"Nous avons fait l'erreur de communiquer sur un projet qui n'était pas suffisamment expliqué et finalisé. Alors, dès que nous avons voulu lancer le projet sur une partie des parkings du site dans son état actuel, on nous a menacé de recours", regrette Didier Lacroix qui veut tout de même voir aboutir ce projet avant l'accueil de la Coupe du monde de rugby en France.

"Le Stade Toulousain n'appartient à personne"

Si ce projet parvient à son terme, il permettra d'améliorer les recettes du Stade Toulousain, mais aussi d'en créer des nouvelles. En cas de rénovation du stade, Didier Lacroix ne ferme pas la porte en effet à un naming (avec un acteur privé) pour obtenir une nouvelle source de revenus, mais il pose ses conditions.

"Pour faire un naming sur le stade, il faut trouver les bonnes personnes et qu'il y ait derrière une vraie histoire à raconter. Cela doit aller jusqu'à ce niveau de coopération... Le Stade Toulousain a été le dernier club à mettre un sponsor sur son maillot. Depuis, cela fait 23 ans que nous avons le même (Peugeot, ndlr) et nous y sommes allés car nous devions rester compétitifs. Le Stade Toulousain n'appartient à personne et si demain nous devons le personnaliser c'est que nous n'aurons pas le choix", juge-t-il.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :