Le CSUT au cœur de l'innovation spatiale

 |   |  867  mots
Bénédicte Escudier coordonne le CSUT.
Bénédicte Escudier coordonne le CSUT. (Crédits : Rémi Benoit)
À l'occasion du Toulouse Space Show, le CSUT (Centre Spatial Universitaire de Toulouse) a profité de l'événement pour exposer ses projets et rencontrer de nouveaux partenaires. Le jeune centre toulousain, espère relever les nombreux défis de l'innovation spatiale.

Déjà deux ans... Ce mercredi, le CSUT fête sa deuxième année de création. Sa directrice Bénédicte Escudier en est fière, elle, qui coordonne toutes les activités spatiales du centre. Présente sur le stand lors du forum annuel Toulouse Space show, Bénédicte Escudier a saisi l'opportunité pour élargir le réseau du CSUT. «  L'enjeu de ce forum est de mieux faire connaître notre activité. On s'aperçoit, malgré les projets que l'on entame, que le centre n'a pas une très forte visibilité. On est plus visibles en ayant un stand, pour rencontrer de nouveaux partenaires, c'est l'objectif du Toulouse Space Show» explique-t-elle. « Notre rôle est important et il faut le développer. Nous devons à la fois accompagner nos étudiants mais également anticiper le changement vers le New Space. Je n'aime pas du tout ce terme (rires). Il est apparu quand les sociétés américaines, comme SpaceX, ont émergé. Il s'agit du développement de projets innovants réalisés par des acteurs pas forcément établies dans le spatial, des jeunes, des start-up... » ajoute la directrice du centre spatial toulousain.

Cette évolution du domaine spatiale permet depuis quelques années d'ouvrir le marché. « Le spatial est devenu un outil pour répondre à des défis sociétaux, le climat par exemple. Il faut aller plus loin car ce domaine peut apporter beaucoup » assure le directrice du centre.

Les projets innovants se multiplient

Depuis deux ans, le CSUT travaille donc sur l'ensemble des satellites nano et mène à bien plusieurs projets à l'aide de Cubesat (un cube de 10 par 10cm).

Il travaille à la fois sur des 3U (composé de 3 Cubesats). « Le premier, Entrysat, sera lancé en novembre prochain afin d'étudier la rentrée atmosphérique. On travaille également sur un satellite d'astronomie scientifique, AISSat, développé par des étudiants mais pris en charge par le CNES. Le centre l'opérera lors du 1er trimestre de 2019. » explique la directrice. « Mais le premier projet purement créé par le CSUT, c'est le 3U NIMPH. Il permet de tester des composants électroniques en orbite » ajoute-t-elle.

Outre l'aspect scientifique, technologique, innovation, le mot clé pour le centre spatial toulousain c'est la coopération. En parallèle de ces missions, le CSUT travaille sur un satellite d'écoute du spectre en collaboration avec l'ENSA Bretagne.

« Les 3U représentent une filière de formation. On essaye de faire des projets de moins de 3 ans pour que les étudiants y participent du début de la mission jusqu'au lancement du satellite » insiste Bénédicte Escudier.

Mais le CSUT s'intéresse également aux 12 U, une plateforme un peu plus grande. Par exemple des systèmes de contrôles d'altitudes nouveaux, qui demandent plus d'espace que les 3U.

Le 1er projet, ATISE, s'est réalisé avec Grenoble. Son rôle : effectuer des études des aurores polaires par spectrométrie et imageur. Le partenariat est à la fois national et international (les russes s'occupent de la partie lancement). Puis d'autres projets avec l'IRAP sur le suivi des étoiles, et avec l'ONERA sur l'étude des îlots de chaleur urbains, sont également en cours.

« Les 12U se font en collaboration car on n'a pas les moyens de lancer un satellite, comme ça, n'importe quand » constate la directrice du centre.

Les étudiants de l'ISAE SUPAERO au cœur des projets du CSUT

Au delà de l'aspect projets de recherche, Bénédicte Escudier privilégie la formation des futurs ingénieurs et techniciens du new space, grâce à son partenariat avec les étudiants de l'école dans laquelle elle enseigne, l'ISAE SUPAERO.
Thomas Pesquet, Samantha Cristoforetti, Lucas Parmitano... Ces noms vous semblent sûrement familiers ? Parmi les 6 astronautes de la dernière promotion de l'Agence Spatiale Européenne, ces trois ont un point commun. Tous ont effectué leur cursus à l'ISAE SUPAERO.   La célèbre école toulousaine, leader dans la thématique spatiale au niveau national et international, représente un atout essentiel pour le centre. « Les étudiants sont porteurs d'initiatives. Sept ingénieurs, diplômés de l'école toulousaine, composent l'équipe du CSUT. Au lieu d'aller dans l'industrie, ils viennent par passion, continuent à se former tout en travaillant. » s'enthousiasme la directrice du CSUT.

Parmi ces ingénieurs, trois, ont même créé leur start-up, U-Space, en février dernier. Cette société utilise des 3U pour répondre aux besoins de toute personne ayant envie de réaliser une mission dans l'espace, ou de développer une application en lien avec le spatiale. « Cela peut être par exemple, une mission de démonstration technologique où on va embarquer un propulseur électrique nouvelle génération, sur lequel on peut démontrer les capacités en orbite. Ou alors dans le domaine de l'IOT (internet des objets), il y a énormément d'applications à créer pour récupérer des données à partir de cubesats. » présente Fabien Apper, co-fondateur de la start-up.

A l'occasion de son anniversaire, le CSUT, signera, mercredi, 8 nouveaux partenariats avec principalement des PME et d'autres entreprises. Le but, travailler ensembles sur des projets innovants, trouver de nouvelles technologies pour les futurs nanosat et accomplir de nouvelles missions.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :