Le Stade Toulousain sauvé par un second PGE, dans l'attente des aides de l'État

Plongé dans l'incertitude économique en raison d'un huis-clos imposé en raison de la crise sanitaire, le Stade Toulousain active plusieurs leviers pour passer cet épisode. Dans l'attente des aides de l'État, le club de rugby professionnel a obtenu un second PGE de cinq millions d'euros. Par ailleurs, l'institution sportive bénéficie d'un important élan de solidarité de la part de ses supporters, à travers sa boutique et des dons matérialisés par un "mur de soutien" dans son stade.

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Le Stade Toulousain et son président Didier Lacroix ont dû souscrire à un second PGE.
Le Stade Toulousain et son président Didier Lacroix ont dû souscrire à un second PGE. (Crédits : Rémi Benoit)

Au plus fort de la crise sanitaire, Didier Lacroix était catégorique auprès de La Tribune : "Je n'imagine pas le Stade Toulousain disparaître pour des raisons économiques", disait-il dans une interview accordé en mars 2020. Seulement, près d'un an plus tard, le constat est implacable pour le président de cette institution locale. L'emblématique club professionnel de rugby de la quatrième ville de France vient de débloquer un prêt garanti par l'État (PGE), d'un montant de cinq millions d'euros, pour couvrir ses charges jusqu'à la fin de la saison sportive 2020-2021.

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"En théorie, ce prêt doit nous permettre de tenir jusqu'au mois de juin (...) Il nous permet de ne pas être en cessation de paiement au moment où nous parlons... C'est un PGE qui nous donne une bulle d'oxygène supplémentaire en attendant les aides de l'État", a expliqué sans détour Didier Lacroix, mardi 19 janvier, à l'occasion d'une conférence de presse.

En écoutant le président du club des Rouges et Noirs, ce prêt bancaire mis sur pied pour contrer les conséquences économiques de la crise sanitaire sera bel et bien le dernier pour le Stade Toulousain, après un premier d'un montant similaire au cours de l'année 2020. Pour prendre le relais et préparer le budget de la saison 2021-2022, il mise sur des subventions publiques, après de multiples entrevues avec le gouvernement.

"Le 'quoi qu'il en coûte' doit nous permettre de tomber dans une période de difficulté gérable. Mais sans un accompagnement de l'État, nous nous dirigeons vers une situation gravissime avec un déficit de 10 millions d'euros", révèle le président du club.

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Un mur de soutien qui rencontre un vif succès

Ainsi, le Stade Toulousain attend le versement d'ici la fin du mois de janvier d'une subvention de l'État d'un moment sensiblement égal à 55% des pertes économiques générées par la crise sanitaire et notamment le huis-clos imposé pour ses matchs, chiffrées au total à 7,2 millions d'euros du 31 août à la fin du mois de décembre 2020.

"Dès lors qu'on nous empêche d'accueillir notre public dans les stades, il n'y a pas de secret. Soit on ne joue pas, soit ce n'est pas viable sur la durée. Mais le contenu rugby se poursuit car il faut du contenu pour les diffuseurs. Aujourd'hui, nous ne parvenons à maintenir que 40% de nos recettes, alors que pour être viable nous devons en générer au moins 85%", expose Didier Lacroix pour démontrer la nécessité du soutien étatique au club qui dispose de 800 licenciés.

Une situation difficile à vivre pour une structure dont le modèle repose sur une autonomie financière autant que possible vis-à-vis des collectivités et institutions, grâce notamment au fait qu'elle détient ses infrastructures sportives. Mais pour joindre les deux bouts, elle profite également de la solidarité de certains en ces temps particuliers. Tout d'abord, le conseil départemental de Haute-Garonne a débloqué tout récemment une enveloppe d'un million d'euros à destination de "ses" clubs sportifs professionnels et dont le Stade Toulousain a pu bénéficier. De plus, le staff de l'équipe professionnelle et ses joueurs ont consenti à une baisse de leur salaire (provisoire) afin d'aider le club. Mais le montant de cet accord n'a pas filtré.

Par ailleurs, le Stade Toulousain ne cesse d'ajouter des briques à son "mur de soutien" ces dernières semaines, qui matérialise les dons des supporters à leur club. "Aujourd'hui, nous avons vendu 20 000 briques pour un chiffre d'affaires total de 1,4 million d'euros", précise Didier Lacroix. Celui-ci se félicite aussi que la boutique ait connu une hausse de ses ventes physiques en boutique de +30% en 2020 et même +125% pour ce qui est des ventes sur internet.

"La ligne de maillots ESA-Thomas Pesquet a été vendue en intégralité, sans même que nous portions le maillot en match officiel. C'est un signe qui démontre que l'attractivité du Stade Toulousain est toujours là (...) Le service de la communication est sans doute le service en interne le moins touché par le chômage partiel car il faut continuer à faire exister le club à distance", conclut son président.

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