Rubix S&I lève 7 millions d’euros pour s'exporter aux États-Unis

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Rubix S&I vient de lever sept millions d'euros à Toulouse.
Rubix S&I vient de lever sept millions d'euros à Toulouse. (Crédits : Rubix S&I)
La startup toulousaine Rubix S&I, qui propose une technologie de détection de nuisances en tout genre, vient de lever 7 millions d’euros pour renforcer sa R&D. Mais surtout, un an après une première levée de fonds de 2 millions d’euros, la jeune entreprise veut accélérer son développement à l'international. Les précisions.

"Grâce à cette nouvelle levée de fonds, notre développement va connaître une avancée significative". Jean-Christophe Mifsud, PDG de Rubix S&I (Senses & Instrumentation), vient d'accueillir dans le capital de son entreprise les investisseurs PureTerra Ventures, Airbus Ventures, le groupe ADP et le Toulousain M Capital. Ce tour de table de fonds propres, à hauteur de 7 millions d'euros, vient renforcer la forte croissance de l'entreprise. Elle qui a réalisé un chiffre d'affaires d'un million d'euros en 2019, vise les trois millions sur l'année en cours.

"Nos nouveaux investisseurs viennent conforter la levée de fonds de l'année dernière qui représentait 2 millions d'euros. Ces acteurs financiers et industriels, reconnus internationalement, vont nous permettre d'accroître le développement de notre technologie et surtout d'affirmer notre position dans notre domaine de l'analyse et de l'amélioration de l'environnement ambiant", justifie Jean Christophe Mifsud.

Développer la base de données des nuisances identifiables

Ainsi, Rubix S&I va injecter un tiers de l'investissement dans la recherche et le développement. Le premier objectif sera l'enrichissement de sa banque de données avec comme intention de doubler le nombre de nuisances reconnaissables. Actuellement, le système de la société toulousaine peut analyser environ 200 insalubrités.

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Un exemplaire de la technologie commercialisée par Rubix S&I (Crédits : Rubix S&I).

"Nous sommes comme un Shazam des nuisances. L'objectif est que chacun comprenne les nuisances qui peuvent impacter sa santé. Pour cela, on a construit des banques de données. Non pas pour dire 'il y a tant de nuisances à tel endroit', mais pour être en capacité de savoir si le bruit entendu provient d'une Harley-Davidson, si ce coup de feu est produit par un baretta, si l'odeur nauséabonde sort d'une bouche d'égout, etc", rappelle le dirigeant.

Odeurs, lumières, bruits, gaz, vibrations... Tout est analysé par le boîtier de l'entreprise. Ce système de capteurs miniaturisés est associé à une intelligence artificielle pour remonter à la source de la nuisance et élaborer une solution adaptée : filtration de l'oxygène, un air conditionné plus puissant, etc.

Une stratégie de vente en B2B

Une innovation qui a déjà séduit une dizaine de sociétés du CAC 40, mais aussi et surtout des acteurs publics. Qu'ils soient français, à l'image des municipalités de Strasbourg et Lille, étrangers comme la mairie de Los Angeles, Bangkok ou encore le port de Riga, la technologie de Rubix S&I trouve preneur, malgré une stratégie concentrée autour du B2B.

"Notre démarche est de s'associer avec des partenaires qui connaissent bien des marchés très spécifiques et qui ont déjà leur propre champ d'application. Le but est de capitaliser sur leur réseau", expose Jean-Christophe Mifsud.

Un pari gagnant pour la jeune pousse. Après avoir enregistré 1,3 million d'euros de commandes en 2019, elle dispose à l'heure actuelle d'un carnet équivalent à 4,2 millions d'euros pour 2020. Au-delà de la vente du boitier, ses revenus sont issus des abonnements, de 24 à 36 mois, auxquels souscrivent les clients pour accéder aux services de Rubix S&I.

Ouverture d'un bureau en Amérique du Nord

Si l'entreprise toulousaine réalise déjà plus de 50% de son chiffre d'affaires à l'export, cette proportion devrait rapidement augmenter. Grâce à une partie des fonds récoltés auprès de ses nouveaux investisseurs, Rubix S&I va se consacrer à l'ouverture d'une filiale aux États-Unis.

De plus, cette levée de fonds va permettre à la jeune pousse, qui a participé trois fois au CES de Las Vegas, de doubler ses effectifs. Ainsi, le siège social à Toulouse et l'antenne à Paris vont voir leur effectif total passer de 20 collaborateurs à une quarantaine au cours de l'année 2020. Des chimistes, ingénieurs électroniciens ou data scientists doivent venir renforcer les équipes.

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