Timide bilan pour le cluster chimie verte en Midi-Pyrénées

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Cédric Cabanes préside le cluster chimie verte depuis sa création en janvier 2014.
Cédric Cabanes préside le cluster chimie verte depuis sa création en janvier 2014.
Un an et demi après sa création, le cluster chimie verte fédère 54 entreprises de Midi-Pyrénées cherchant à limiter les produits et les déchets toxiques. La structure doit créer une cartographie régionale de la filière et mutualiser les déchets mais, pour le moment, ces projets restent à concrétiser. Le cluster a par ailleurs reçu ce lundi 19 octobre une délégation sud-coréenne pour faciliter l'export de la filière.

14 ans après l'explosion de l'usine AZF à Toulouse, l'industrie chimique connaît un nouvel élan en Midi-Pyrénées à travers la chimie verte. Il s'agit pour les industriels de limiter les substances dangereuses en remplaçant les produits issus du pétrole par des matériaux d'origine biologique, de réduire les déchets toxiques ou encore de concevoir des plastiques biodégradables ou des produits sans solvants nocifs. Cette démarche est destinée à lutter contre les émissions de CO2 et à faire face à la pénurie des réserves de pétrole. Sur le plan économique, ce marché porteur pourrait pourvoir de nouveaux emplois et donner un nouveau souffle à l'industrie chimique régionale, qui emploie aujourd'hui plus de 5 000 personnes dans 140 sociétés.

"Tous les objectifs n'ont pas encore été atteints"

En janvier 2014, Cédric Cabanes, président de l'Union des industries chimiques (UIC) de Midi-Pyrénées lançait officiellement le cluster chimie verte rassemblant 37 entreprises. Un an et demi plus tard, le cluster totalise 54 sociétés adhérentes. Ses objectifs restent les mêmes qu'à sa création : établir une cartographie de l'ensemble des acteurs de la filière industrielle, impulser une gestion mutualisée des déchets et réaliser un recensement des matières premières naturelles de la région afin de collaborer avec le monde agricole local.

"Tous les objectifs n'ont pas encore été atteints", a remarqué ce lundi 19 octobre Bernard Plano, président délégué de l'agence régionale de développement économique Madeeli, à l'occasion d'une conférence de presse. À ce jour, seule la mutualisation des déchets est en phase de concrétisation. "L'objectif des 8 entreprises participantes est de travailler ensemble pour mieux gérer leurs déchets, choisir des prestataires et mettre en place des bonnes pratiques", précise le cluster. Un club business pour favoriser le réseau a également été créé.

En revanche, "le recensement des matières premières naturelles régionales s'est avéré plus compliqué que prévu, note Cédric Cabanes. Il n'y a pas de gisement, de mines d'énergies renouvelables à un endroit précis." De même, la cartographie de la filière chimie verte n'est pas pas encore en ligne. Elle s'appuiera sur le travail déjà réalisé par l'État et la région Midi-Pyrénées dans ce domaine et devrait être terminée d'ici à la fin de l'année.

Bientôt des partenariats à l'export ?

Autre axe de développement envisagé par le cluster chimie verte : faciliter le développement des entreprises régionales à l'international. Ce lundi 19 octobre, la structure a ainsi reçu une délégation franco-coréenne qui lui a présenté une zone franche économique axée sur la chimie verte.

"Nous allons transmettre à nos adhérents les informations concernant cette zone franche pour envisager des partenariats entre les entreprises de Midi-Pyrénées. L'objectif, à terme, est d'implanter une unité de production sur place. La Corée du Sud sera la porte d'entrée vers l'Asie du sud-est grâce notamment à un accord de libre échange avec la Chine, avance Cédric Cabanes, également PDG d'Agronutrition. Nous avons par ailleurs été contacté par un pôle de chimie verte à Milan. Nous pourrions mettre en place des accords de coopération pour des projets de recherche et développement."

Cette exportation de la filière régionale de la chimie verte est déjà en marche. Le groupe Agronutrition, spécialisé dans les compléments nutritionnels, s'est déjà développé aux Philippines ou au Cambodge. De son côté, la Maison européenne des procédés innovants (MPEI), société basée à Toulouse, vient de signer un partenariat avec un équipementier en Corée du Sud.

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