Aéronautique : "Nous ne voyons pas la fin de cette crise" (Paolo del Noce, CEO France d'Akka)

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Paolo del Noce, CEO France d'Akka, répond aux questions de La Tribune.
Paolo del Noce, CEO France d'Akka, répond aux questions de La Tribune. (Crédits : Akka)
Dans une interview à La Tribune, Paolo del Noce, le CEO France d'Akka revient sur la menace d'un plan social massif sur son entreprise, à Toulouse, face à une "crise hors norme". Le groupe avait choisi la Ville rose pour implanter son centre mondial dédié à l'aéronautique, mais aujourd'hui 1.150 collaborateurs (sur 2.200) sont sans mission et la majorité des effectifs restants sont en chômage partiel. Le dirigeant se dit ouvert à toutes les options "pour maintenir les compétences", mais regrette que "la région de Toulouse n'ait jamais été la plus disposée à la mobilité".

LA TRIBUNE - Nous avons révélé le 3 novembre que votre groupe envisage un PSE à Toulouse alors que 1.150 collaborateurs sont aujourd'hui sans mission. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

PAOLO DEL NOCE - Le contexte économique dû à la Covid-19 a fait que lors du premier confinement pratiquement tous les secteurs ont subi une chute d'activité de 40 à 50% pendant deux mois. En revanche, à l'issue du confinement, nous avons vu le retour d'une dynamique positive dans tous les secteurs où nous intervenons... sauf dans l'aéronautique. Ce dernier a été plombé par l'arrêt du transport aérien. Aujourd'hui encore, près de 90% des avions sont cloués au sol en France. Toutes les entreprises qui opèrent dans le secteur aéronautique que ce soit les loueurs, les fabricants d'avions ou les sous-traitants se retrouvent à arrêter leurs projets en raison du manque de visibilité.

Airbus est notre plus gros client en France. Nous sommes aussi très présents chez Safran, Thales Avionics, Dassault Aviation, mais aussi Stelia ou Latécoère. Tous ces clients ont dû revoir leurs projets. Il n'y a plus de projet et nous nous retrouvons avec beaucoup de consultants qui n'ont pas d'activité. Mais le vrai problème que nous rencontrons, c'est surtout que nous ne voyons pas la fin de cette crise. La vraie différence avec la crise automobile de 2008, c'est qu'alors nous savions que...

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Commentaires
a écrit le 13/11/2020 à 10:25 :
Ce dirigeant dit " il ne y a plus de projets". Le Maire dit plan de relance Aero de 15 milliards dont 7 pour Air France. Ou vont les 8 autres milliards?
Nous jonglons avec les milliards mais la traduction concrète en projets Nouveaux restent peu clair. Une possibilité est de voir ces ingé partir à l étranger .Il n y a qu à regarder le nombre de nouveaux projets en Grande-Bretagne par exemple ( nouvel hélico de la taille d un Écureuil, nouvel avion régional hybride, dirigeable lourd, nouveau réacteur,...) . En Allemagne où les projets d aeromobilite urbaine sont nombreux .
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a écrit le 13/11/2020 à 9:41 :
on parle ici non pas d une entreprise d aeronautique mais d une SSII. Autrement dit ce qu on appelle dansle metier un "vendeur de viande": Akka vend de l ingenieur a la journee a airbus, thales .... et n a aucune activité propre. Ils ne produisent RIEN, il font juste de la marge sur la vente d ingenieur a la journee. Evidement c est tres rentable quand vous avez peu d inter contrat et que tous vos inges sont chez les clients. Quand la conjoncture se retourne, c est evidement plus delciat: vous devez payer (certes moins) des gens qui neproduisent plus rien (car votre metier c est pas de produire quelque chose mais juste de vendre des inges a la journee et on s improvise pas industriel comme ca).
D ou les problemes d Akka, d alten et consors

Mais il faut voir le bon coté des choses. Si ces entreprises disparaissent, ca laissera peut etre al place a de VRAIES entreprises qui produisent quelque chose !
Donc il faut surtout pas aider les SSII mais au contraire leur maintenir la tete sous l eau. A part quelques commerciaux il n y aura pas de victimes car les inges vendus a la journee seront par le client si la SSII fait faillite
Réponse de le 13/11/2020 à 10:19 :
Parfaitement d'accord!!
D'ailleurs le taux de marge brute est habituellement de 30 à 50 %. et l'intercontrat fait parti du business.
Il est hors de question d'aider les SSII a assurer des dividendes aux actionnaires en payant des allocations chômages aux ingénieurs virés qui auraient du être en intercontrat. Ce n'est pas de l'interim.
Ou est l'URSAFF lorsque l'on en a besoin !?!
Réponse de le 13/11/2020 à 12:52 :
Commentaires très instructifs.
Je suppose que ce st des personnels de tte nationalité (et pas que français) très spécialisés voire très pointus ds un domaine de RD, d'industrialisation ou de Méthodes, avec une nécessaire mobilité imposée par le job et l'employeur.
Par contre, on comprend pas pourquoi cette SSII, comme vous dîtes, est si dépendant de l'aéronautique et d'un seul territoire.
a écrit le 13/11/2020 à 9:06 :
En effet et il serait peut-être temps que nos dirigeants politiques se réveillent et fassent les bons constats au lieu de nous baillonner et de nous confiner et de nous censurer et de lâcher leurs médias de masse enragés sur nous, parce qu'il suffit juste de lever les yeux au ciel pour constater cette vérité !
a écrit le 12/11/2020 à 20:37 :
Enfin, un dirigeant d'entreprise, qui communique honnêtement, sans langue de bois. Ca fait plaisir à lire

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