BVA Group et ses 1 800 salariés dans l'attente d'un repreneur à Toulouse

En raison d'une importante perte de chiffre d'affaires liée à la crise sanitaire et de la non obtention d'un PGE, l'institut de sondages BVA a été placé en procédure de redressement judiciaire début juin. L'entreprise aux 1 800 salariés, dont le siège social est à Toulouse avec plus d'un quart des effectifs, attend désormais un repreneur. Les quatre candidats potentiels ont été auditionnés mercredi 9 septembre par le tribunal de commerce de Toulouse. Les détails.

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L'institut BVA, dirigé par Gérard Lopez (photo), est dans l'attente d'une décision du tribunal de commerce de Toulouse.
L'institut BVA, dirigé par Gérard Lopez (photo), est dans l'attente d'une décision du tribunal de commerce de Toulouse. (Crédits : DR)

Si la filière aéronautique traverse une zone de turbulences inédite, en raison de la crise sanitaire liée à la Covid-19, sans parler des commerces obligés de mettre un terme à leurs activités, d'autres secteurs comme les cabinets d'études et de conseil tirent aussi la langue. C'est notamment le cas de l'institut de sondages BVA, dont le siège social est implanté à Toulouse. Depuis le 5 juin, la société mère, ses 42 filiales et ses 1 800 salariés dans le monde (dont environ 500 basés dans la Ville rose) sont placés en redressement judiciaire, et donc sous la protection du tribunal de commerce de Toulouse.

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"Ce n'était pas la trajectoire attendue pour une entreprise comme BVA. Celle-ci, dans le domaine des sondages, est vue comme la succes-story de ces dernières années. Personne ne l'a vu venir", témoigne un salarié à La Tribune.

Concrètement, après avoir réalisé un chiffre d'affaires de 200 millions d'euros en 2019 et un Ebitda de plus de 20 millions, l'institut BVA prévoyait que celui-ci attendrait les 23 millions d'euros dès 2020. Seulement, la crise sanitaire de la Covid-19 a bouleversé tous les prévisionnels en mettant quasiment à l'arrêt l'activité de l'entreprise, et une fois les calculs refaits, la sentence est tombée : - 35% de chiffre d'affaires prévus sur l'année en cours.

La non obtention du PGE, un tournant

Pour faire face à ce trou dans les caisses, l'obtention d'un PGE de plusieurs millions d'euros auprès des acteurs bancaires classiques est alors envisagée par la direction. Et c'est à partir de ce moment que l'affaire se complique pour l'institut BVA. Afin d'assurer son développement, ce dernier, détenu à 51% par l'investisseur Naxicap et 49% ses dirigeants, a signé en 2017 une importante opération LBO auprès d'Alcentra.

Seulement, cet engagement contractuel donne le monopole de la dette de l'entreprise toulousaine à ce fonds et celui-ci refuse la signature d'un PGE par crainte de ne plus toucher ses intérêts annuels sur la dette octroyée à l'institut BVA, au profit du remboursement des intérêts à destination des créanciers du PGE. Sans cet argent, la cessation de paiement est promise au groupe pour la fin du mois d'août et ce scénario contraint l'entreprise à se placer en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Toulouse. Objectif ? Trouver un repreneur.

Après plusieurs semaines d'échanges entre les différents organes de la procédure, quatre repreneurs potentiels sont sur la ligne de départ. Une offre portée par Hivest Capital Partners, une seconde par Alcentra, une proposition par l'institut IFOP (concurrent direct de BVA) et une offre Xpage portée par la direction actuelle. D'ailleurs, cette dernière a reçu le soutien unanime du comité social et économique de l'entreprise (CSE). En cas de reprise par des candidats externes à l'entreprise, les salariés interrogés, qui souhaitent garder l'anonymat, craignent un démantèlement du groupe et la fermeture du site toulousain accompagnée de casse sociale.

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"Focalisés sur l'issue de cette procédure"

Quoi qu'il en soit, le tribunal de commerce de Toulouse a convoqué mercredi 9 septembre les quatre candidats à la reprise de l'institut BVA. Chacun a ainsi bénéficié d'une heure d'audience pour présenter son offre et sa stratégie face aux organes de la procédure.

"Nous sommes focalisés sur l'issue de cette procédure. Malgré tout, l'entreprise tourne toujours (...) Nous n'avons aucune raison de remettre en cause la gouvernance actuelle. Ce n'est pas une mauvaise gestion qui nous a amené dans cette situation", commente un autre membre du personnel.

À présent, le verdict de la juridiction est attendu dans les prochains jours, ce qui serait une délivrance pour les salariés qui sont désormais dans l'incertitude depuis plus de trois mois.

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Commentaire 1
à écrit le 10/09/2020 à 8:35
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Une véritable surprise, qu'un organe privé de lavages de cerveaux soit en difficulté financière est un élément plus qu'important quant à la crise économique que nous subissons du fait de la politique sanitaire de nos dirigeants.

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