Mine de Salau : la société d’exploitation du site en liquidation judiciaire

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La mine d'or et de tungstène de Salau (Ariège) est fermée depuis 30 ans
La mine d'or et de tungstène de Salau (Ariège) est fermée depuis 30 ans (Crédits : Reuters)
C’est une nouvelle étape dans l’affaire de la mine de Salau, en Ariège. Le tribunal de commerce de Foix a prononcé le 1er novembre la liquidation judiciaire de l’entreprise Mines du Salat (filiale de la société australienne Apollo Minerals) chargée des recherches et de l’exploitation du site.

"Nous ne pensions pas qu'ils seraient obligés d'en arriver là." L'annonce de la mise en liquidation judiciaire de la société Mines du Salat est loin d'être une bonne surprise pour Hélène Nirascou, coprésidente de l'association Pour promouvoir une exploitation responsable de la Mine de Salau (PPERMS). Après l'annulation du permis de recherche en juin, la filiale de groupe Apollo Minerals, désireuse d'arrêter les frais après avoir investi plus de 6 millions d'euros depuis le début du projet en 2016, avait fait une demande de liquidation auprès du Tribunal de commerce fuxéen en octobre dernier. Aujourd'hui sur le site de Couflens, tout le matériel a disparu et la situation sur place inquiète Hélène Nirascou et les habitants favorables à la réouverture de la mine.

"Environ sept emplois ont été supprimés sur le Couserans et des entreprises locales n'ont pas été payées, notamment une société de travaux publics et une entreprise d'électricité qui a mis en place toute l'aération du système de fonctionnement à l'intérieur de la mine", explique la coprésidente de PPERMS.

Tandis que la réouverture de la mine de Salau reste incertaine, Apollo Minerals va investir dans un projet de grande envergure de zinc-plomb à Kroussou, au Gabon. Par ailleurs, l'ex-directeur exécutif de la compagnie, Hugo Schumann, qui s'était confié à La Tribune sur le projet ariégeois, est désormais directeur non exécutif et occupe le poste de vice-président de l'entreprise Jetti Resources à Denver, aux États-Unis.

Possibilité d'un nouveau permis de recherche

Hélène Nirascou reste positive quant à une réouverture éventuelle de la mine : "Si cela ne se fait pas aujourd'hui, cela se fera demain. Le projet n'est pas abandonné." En effet, la mise en appel de la décision du tribunal de commerce toulousain par l'État et la société Variscan Mines, propriétaire du permis exclusif de recherches (PER), pourrait déboucher sur la validation de ce document.

"La demande en tungstène va exploser, la Chine va de moins en moins en vendre donc la mine est stratégique pour la France et l'Europe. Même si cela prend beaucoup de temps, nous trouverons toujours une solution et si ce n'est pas Apollo Minerals qui veut réinvestir pour un nouveau PER, il y a la possibilité de trouver de nouveaux investisseurs", affirme, de plus, Hélène Nirascou.

De leur côté, les opposants au projet - dont le maire de Couflens Jacques Renoud - étudient les premiers rapports avec leurs avocats, qui semblent être "plutôt confiants". Ils attendent avec impatience la première décision de justice qui devrait tomber en 2020, voire 2021.

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