Comment utiliser les soft skills pour recruter ?

Les compétences comportementales sont de plus en plus plébiscitées au moment de l'embauche. Pour les détecter, des logiciels dédiés ont même vu le jour chez Harmonie Mutuelle ou l'association Article 1. Retour sur un débat entre experts RH à l'occasion de la Mêlée numérique, à Toulouse.

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Les compétences comportementales deviennent un passage obligé face aux mutations technologiques.
Les compétences comportementales deviennent un passage obligé face aux mutations technologiques. (Crédits : DR)

Aligner les compétences techniques ne suffit plus pour décrocher un emploi. L'heure est désormais aux soft skills.

"Savoir rédiger un CV et une lettre de motivation, c'est ce qu'on appelle des hard skills. La capacité d'écoute relève davantage des soft skills. Pour généraliser, les hard skills, ce sont les compétences techniques dans un domaine particulier et qui peuvent devenir obsolètes. Les soft skills sont des compétences générales acquises par des expériences de vie et applicables dans tous les domaines", explique Marc Brunstein, directeur général de Ferchau et enseignant en conduite du changement au sein de l'université de La Sorbonne et de l'IAE.

Un passage obligé face à l'intelligence artificielle

Les compétences comportementales sont même essentielles sur certains postes.

"Pour les personnes aux ressources humaines ou les commerciaux, la capacité d'écoute, la curiosité, l'empathie, le respect sont des qualités indispensables", insiste Marc Brunstein.

Mais au-delà des métiers où le relationnel est indispensable, les soft skills deviennent un passage obligé sur l'ensemble des postes. Avec l'essor des nouvelles technologies (notamment de l'intelligence artificielle), une étude publiée par l'Institut pour le futur évaluait récemment que 85% des emplois de 2030 n'existent pas encore.

"Les compétences comportementales permettent d'évaluer par exemple la capacité à apprendre et à réagir face à l'incertitude. Dans un monde du travail de plus en plus complexe, les collaborateurs sont obligés de développer ce type de soft skills", ajoute Michel Abitteboul, consultant en stratégie comportementale.

Des logiciels pour évaluer les softs skills des candidats

Pour les détecter, des logiciels dédiés ont même vu le jour. Christel Nguyen, directrice des ressources humaines du groupe Harmonie Mutuelle dans le Sud de la France illustre ainsi :

"Nous avons parfois du mal à recruter des talents en interne sur des postes. Depuis le mois de mai, nous avons lancé la plateforme Ma trajectoire, accessible à tous nos collaborateurs. À partir de quiz, le salarié peut évaluer ses compétences comportementales. Il va ensuite 'matcher' avec des rôles (qui correspondent aux grandes familles de métiers) au sein de l'entreprise. Le logiciel permet au collaborateur de faire un cheminement vers un poste auquel il n'aurait pas pensé (ou osé) postuler.

Ensuite, un manageur peut émettre des réserves s'il estime que le collaborateur n'est pas le mieux placé pour le poste. Mais inversement, ce système peut permettre aux manageurs d'enlever leurs œillères sur certains de leurs collaborateurs", décrit-elle.

Christel Nguyen relève tout de même que faire appel aux soft skills peut déstabiliser les habitudes acquises au niveau du recrutement : "Certains manageurs sont en perte de repères et considèrent qu'il est plus difficile d'évaluer des compétences comportementales que des acquis techniques".

De son côté, l'association Article 1 a développé la plateforme Jobready à destination des personnes en recherche d'emploi.

"Elle sera disponible gratuitement pour tous à partir de fin novembre. Le candidat doit d'abord s'autoévaluer, dire en fonction de chaque expérience, ce qu'il a développé comme soft skills. Il peut aussi envoyer le test à son président d'association ou son maître de stage pour avoir un regard extérieur. Cette évaluation lui donne accès à des badges numériques pour faire valoir des micro-certifications sur le marché de l'emploi. Enfin, il a accès des ressources (Moocs, articles, vidéos) pour développer des compétences", détaille Xavier Lafue, directeur d'Article 1 en Occitanie.

Le responsable associatif travaille avec les grandes écoles pour les inciter à intégrer dans leur cycle d'orientation cette évaluation des soft skills. Mais pourquoi ne pas amorcer cette transition beaucoup plus tôt ? "Il faudrait que dès le plus jeune âge les enfants suivent à l'école des ateliers sur l'amitié, la gratitude, qu'ils apprennent à détecter les forces et les faiblesses de chacun", conclut Bérengère Moussard, responsable des ressources humaines chez Berger-Levrault.

Lire aussi : Un simulateur d'entretien d'embauche conçu par le Toulousain Bizness

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