L'usine Bosch de Rodez loin d'être sauvée

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La Bosch de Rodez pourrait-elle fermer ses portes dans les prochaines années ?
La Bosch de Rodez pourrait-elle fermer ses portes dans les prochaines années ? (Crédits : Pierrick Merlet)
La secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, était en visite mardi 26 février à l'usine Bosch de Rodez. Premier employeur de l'Aveyron, ce site industriel est aujourd'hui plus que jamais menacé par la chute du marché du diesel. Si les pistes de diversification de l'activité actuellement étudiées par le groupe n'aboutissent pas, au moins 300 emplois sont menacés d'ici 2021.

Avec 1 540 emplois, l'usine Bosch de Rodez est le premier employeur du département de l'Aveyron. Ce site industriel industriel a tellement une grande importance pour le territoire que les habitants la surnomme même "La Bosch". C'est donc tout un symbole qu'est venu découvrir la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, mardi 26 février.

La membre du gouvernement a ainsi pu découvrir l'une des deux lignes de production du site consacrée aux injecteurs pour moteur diesel. Actuellement celle-ci est en pleine phase de rénovation afin de produire d'ici quelques semaines des injecteurs CRI2-20, adaptés aux nouvelles normes européennes sur les émissions de CO2, qui entreront en vigueur en septembre 2019. L'autre ligne de production d'injecteurs quant à elle ne sera pas rénovée et arrêtera de fonctionner à terme.

bosch Rodez

La visite était menée par Olivier Pasquesoone, directeur de l'usine Bosch de Rodez (au centre), en compagnie de Heiko Carrié, président de la filiale France-Benelux de Bosch (à droite)./ (Crédits : Pierrick Merlet).

Et tout l'enjeu est là... La secrétaire d'État a visité ce jour-là une usine dans laquelle aucun salariés- n'était en poste. "Depuis le début de l'année 2019, nous avons entre 4 et 5 jours d'arrêt de la production chaque mois pour faire face à la baisse d'activité en lien avec la baisse du marché du diesel en France et en Europe", signale Olivier Pasquesoone, directeur de l'usine Bosch de Rodez, à Agnès Pannier-Runacher.

300 emplois en danger actuellement

Ces arrêts provisoires de l'activité sont réalisés dans le cadre de l'accord de transition signé en juillet 2018 entre la direction de Bosch France-Benelux et des syndicats. En l'échange de la modernisation d'une des deux lignes de production contre 14 millions d'euros, Bosch s'engage à maintenir les emplois actuels sur le site jusqu'en 2021, avec du chômage partiel. En plus d'être financé par l'État et l'entreprise, le groupe allemand a voulu qu'une partie de ce chômage partiel soit également financée en étant directement ponctionnée sur la prime d'intéressement des salariés de l'usine de l'Aveyron. Cet arrangement doit ainsi permettre parallèlement, à un groupe de réflexion composé d'une dizaine de personnes, de trouver de nouvelles activités qui pourraient être assurées au sein de la Bosch par ses salariés.

"Il ne faut pas mentir aux salariés et leur dire qu'il va y avoir un rebond du marché du diesel. Ce n'est pas la réalité. En revanche, notre responsabilité est de trouver des solutions aux 300 salariés dont le maintien est remis en cause (à cause de l'arrêt d'une des deux lignes de production, ndlr) et trouver des axes de diversification pour l'usine. Aujourd'hui, six pistes sont identifiées. Mais nous n'installons pas une nouvelle activité dans une usine du jour au lendemain. C'est un processus qui demande du temps mais c'est ce qui pourra donner un avenir durable à l'usine", a promis la secrétaire d'État mardi 26 février à la sortie d'une réunion avec élus locaux, syndicats et dirigeants de Bosch.

Bosch Rodez

La secrétaire d'État, lors de cette visite, était accompagnée de la préfète de l'Aveyron, Catherine Sarlandie de la Robertie (à sa gauche) et du président du Ceser Occitanie, Jean-Louis Chauzy (situé derrière elle)./ (Crédits : Pierrick Merlet)

Seulement, pour le moment les pistes identifiées, comme l'aéronautique, l'hydrogène, ou encore la reprise de production de pièces actuellement sous-traitées par Bosch, n'assurent le maintien que de 150 emplois en 2021 sur les 300 menacés. Alors comment sauver les 150 restants ?

"Nous devons voir désormais comment nous pouvons gérer de manière habille cette chute du marché, pas seulement en terme de volume de production, mais également en terme d'emplois et de charge de travail pour les équipes", s'est contenté de réagir Heiko Carrié, président de la filiale France-Benelux de Bosch, après cette réunion.

Réunion en Allemagne le 15 mars

Du côté des syndicats, on est certain que le maintien du site industriel peut se décider au niveau de l'État grâce à une décision symbolique.

"En plus de la diversification de ses activités qui est nécessaire, l'usine joue son avenir sur la stabilisation du marché diesel en France. Cette dernière passera forcément par un passage des nouveaux véhicules diesel en vignette Crit'Air 1 et non niveau 2 comme les c'est le cas actuellement. Sans ça, cela sera compliqué pour nous d'ici trois voire trois ans", craint Cédric Belledent, délégué syndical de Sud au sein de Bosch Rodez.

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire s'est montré récemment ouvert à cette idée. Néanmoins, des élus locaux ont dernièrement écrit au Premier ministre, Édouard Philippe, pour insister sur la nécessité d'un tel changement sur ces vignettes. Ces mêmes élus locaux sont attendus en Allemagne, à Stuttggart, le 15 mars, pour rencontrer la direction générale du groupe, avec la direction France, afin d'évoquer l'avenir du site industriel de l'Aveyron.

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Commentaires
a écrit le 28/02/2019 à 6:23 :
Merci à nos super dirigeants politiques soit disant écologiques , on va enfin arriver à détruire l'industrie automobile française ..... suppression du diesel (domaine où la France excelle ) et alimenter l'industrie de chine avec "l'électrique ".
triste ...notre industrie disparaît tous les jours ..
moyenne Europe 20% du PIB , France 10 % à méditer

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