Bientôt 100 jours de grève pour des salariés de Mc Donald's dans l'Aveyron

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Un licenciement est à l'origine du mouvement social.
Un licenciement est à l'origine du mouvement social. (Crédits : Yves Herman / Reuters)
Six salariés du restaurant Mc Donald's de Villefranche-de-Rouergue sont en grève depuis près de cent jours pour protester contre le licenciement qu'ils estiment abusif d'un de leurs collègues et contre les conditions de travail au sein de l'enseigne. Mardi 28 novembre, ils ont mené une action coup de poing à Toulouse avec l'aide de la CGT dans le but de médiatiser leur mouvement.

Vendredi cela fera 100 jours que six salariés du Mc Donald's de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) ont entamé un mouvement de grève pour protester contre le licenciement d'un salarié du fast-food. Mardi 28 novembre, ils ont mené une action coup de poing à Toulouse en bloquant l'accès de l'entreprise Martin Brower, qui fournit tous les restaurants de l'enseigne Mc Donald's de l'ancienne région Midi-Pyrénées.

À l'appel de la CGT, une cinquantaine de syndicalistes a donc bloqué tous les camions destinés à alimenter les restaurants des départements alentours. Les grévistes ont été délogés dans le calme par les forces de l'ordre à la demande de l'entreprise Martin Brower, en milieu d'après-midi. D'après la direction de Mc Donald's, ce blocage n'a pas eu de répercussions sur le fonctionnement des restaurants dans la région.

Les conditions de travail au coeur du conflit

"On est en grève depuis le 23 août dernier, pour protester contre le licenciement abusif de l'un de nos camarades", indique Gaëtan Escorbiac, délégué du personnel suppléant au Mc Donald's de Villefranche-de-Rouergue. D'après lui, le salarié qui travaillait depuis six mois au restaurant a été viré "à cause de rumeurs". Il aurait en effet insulté la directrice de l'établissement. Mais pour les grévistes, le salarié paierait plutôt ses "mauvaises relations" et son engagement syndical à la CGT.

S'ils demandent la réintégration de l'employé, les grévistes ont également d'autres revendications. "Ce licenciement est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Ça fait un an et demi que les relations sont très difficiles avec la direction", assure Gaëtan Escorbiac, qui travaille depuis six ans à Mc Donald's. Les grévistes demandent la mise en place d'un treizième mois, de tickets restaurant, de chèques vacances, et une augmentation des salaires à 13 euros brut de l'heure.

"Les conditions de travail sont si mauvaises qu'il y a très souvent des démissions ou des abandons de postes. Sur 35 salariés, seules trois personnes sont à temps plein. Le but de notre mobilisation est que ça nous serve à nous mais également à tous les salariés de l'entreprise en France", poursuit le délégué du personnel.

"Aujourd'hui, on est payé 9,76 euros brut soit 7,67 euros net de l'heure (soit le SMIC horaire, NDLR)", reprend Quentin Leyrat, l'autre délégué du personnel. Il ajoute : "Depuis le 23 août dernier, les grévistes ne touchent pas de salaire. Le secrétaire départemental de la CGT Aveyron a mis en place une caisse de solidarité, qui nous aide à tenir et à survivre".

Des grévistes en minorité ?

Après près de cent jours de grève (98 jours au mercredi 29 novembre, ndlr), les six salariés réclament des négociations urgentes avec la direction de l'enseigne de restauration rapide, qui n'ont jusqu'ici abouti à aucun résultat. Les grévistes en conviennent, les relations ne sont pas au beau fixe avec leur hiérarchie, ni avec une partie des salariés de l'enseigne.

Certains de leurs collègues avaient d'ailleurs adressé une pétition aux syndicalistes de la CGT. Cette lettre, signée par 23 salariés (sur les 35 que compte le restaurant aveyronnais) visait à dénoncer le comportement des délégués du personnel. "Une lettre d'injures", souligne Gaëtan Escorbiac, qui rétorque que "sur les 23 signatures, 11 provenaient de la hiérarchie et d'autres provenaient de salariés encore en période d'essai".

Une réunion annulée par la direction du restaurant

Après leur action coup de poing à Toulouse, qui leur a permis de médiatiser le mouvement, les six grévistes du Mc Donald's de Villefranche continuent la grève. "On ne veut pas lâcher !", assure Gaëtan Escorbiac.

Contactée par La Tribune Toulouse, la direction du Mc Donald's de Villefranche-de-Rouergue indique dans un communiqué que "depuis plusieurs semaines, elle n'a de cesse de proposer un dialogue social constructif au niveau du restaurant. L'action de ce matin (mardi 28 novembre, ndlr) a pour effet de dégrader une nouvelle fois le climat social alors qu'une réunion sur les négociations annuelles obligatoires (NAO) était planifiée ce jeudi 30 novembre sur proposition de la direction du restaurant. Nous demeurons investi dans la construction d'un dialogue social de qualité, d'écoute et dans le respect mutuel de l'ensemble des organisations syndicales engagées".

Mardi soir, grévistes et direction ont échangé par téléphone. D'après les grévistes, la directrice de l'établissement a annulé la réunion sur les NAO prévue jeudi. Une réunion pourrait prochainement avoir lieu entre le secrétaire départemental de la CGT, la directrice du Mc Donald's et le préfet de l'Aveyron pour tenter de dénouer un conflit qui ne cesse de s'enliser.

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Commentaires
a écrit le 29/11/2017 à 20:24 :
Selon une étude scientifique en association avec la Cour des Comptes, le taux de cholestérol des habitants de la région aurait fortement diminué depuis ce mouvement de grève....😁 C'est bon pour l'équilibre du budget de la sécu....😁
a écrit le 29/11/2017 à 18:01 :
il fallait les deloger avec des methodes pas ultraliberales, au lieu de negocier!!!
du bon vieux temps beni de l'urss, on envoyait les spetnazs faire un peu de vivre ensemble avec les protestataires
a écrit le 29/11/2017 à 16:33 :
Tandis que mac donald nous fait de belles publicités pour nous dire qu'ils sont les plus gentils capitalistes du monde la réalité crue les rattrape d'un coup.
a écrit le 29/11/2017 à 15:46 :
Tout mon soutien à ceux qui se battent pour leur boulot, leur salaire, leurs conditions de travail.

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