Aéronautique : le conflit chez Latécoère divise les syndicats

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Ce vendredi matin, les salariés en grève étaient devant l'usine, rue Périole à Toulouse
Ce vendredi matin, les salariés en grève étaient devant l'usine, rue Périole à Toulouse (Crédits : Remi Benoit)
À l'appel de la CGT, environ 130 salariés de l'équipementier aéronautique Latécoère sont en grève depuis mercredi, à Toulouse. Ils dénoncent notamment le gel des salaires. Le syndicat majoritaire de l'entreprise, FO, préfère attendre les négociations salariales de 2016 avant de "monter au créneau". En toile de fonds : les élections professionnelles, qui auront lieu en mars prochain.

"Tout le monde est en colère, tous les syndicats sont en colère", indique ce vendredi 11 décembre Yves Da Costa, délégué syndical FO Latécoère. Chez l'équipementier aéronautique de rang 1 basé à Toulouse, l'inquiétude des salariés est certaine. La société, qui sort d'une restructuration financière importante, n'a pas encore renoué avec une trésorerie positive, et les 1 000 salariés du site de la rue Périole craignent pour leurs salaires et leurs carrières.

En effet, en 2015, tous les salaires ont été gelés, ce qui est dénoncé aujourd'hui par la CGT (syndicat minoritaire). Ce dernier a lancé un appel à la grève "illimitée", suivi par 130 personnes depuis mercredi 9 décembre. Le syndicat dénonce aussi une forte augmentation des rémunérations pour les membres du Conseil d'administration.

FO n'appelle pas à la grève

Alors que seulement 13 % des salariés sont en grève, le syndicat majoritaire FO, représenté par Yves Da Costa, n'appelle pas à la grève et explique :

"En 2015, notre syndicat, ainsi que la CFE-CGC, a accepté le gel des salaires pour une durée d'un an, afin de faciliter l'opération de restructuration du capital, qui était vitale. Depuis, le conseil de surveillance s'est transformé en conseil d'administration, et ses membres ont vu leurs rémunérations augmenter très fortement, ce qui fait grogner salariés et syndicats. Néanmoins, notre position est d'attendre les négociations salariales de 2016 (qui ont été avancées en janvier 2016 par la direction NDLR). Si ces négociations se passent mal, nous n'hésiterons pas à monter au créneau."

Les fortes rémunérations de la direction qui sont dénoncées seront un argument pour les syndicats lors des négociations :

"En octobre, j'ai déjà dit au DRH que ces rémunérations étaient en total décalage avec la situation de l'entreprise et des salariés. Notre syndicat préfère utiliser l'augmentation de ces rémunérations comme un levier lors de la négociation 2016 afin que la direction réponde aux attentes des salariés", expose Yves Da Costa.

Élections en mars

En toile de fonds de ces divergences : les élections professionnelles en mars prochain. Pour Richard Ferrasse, secrétaire syndical CGT chez Latécoère, "FO paiera les pots cassés de son inaction".

Dans un communiqué de presse, FO ajoute : "Si notre position n'est pas identique à celle de certaines organisations syndicales, elle est cependant construite, réfléchie et tout aussi respectable."

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