Les salariés inquiets pour l'emploi après le placement de Fram en redressement judiciaire

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(Crédits : Reuters)
Après le dépôt de bilan jeudi 29 octobre de Fram, le tribunal de commerce de Toulouse a placé ce vendredi le voyagiste en redressement judiciaire. La période d'observation durera jusqu'au 30 avril 2016. Une décision qui ne satisfait qu'à moitié les salariés qui s'inquiètent du flou de l'offre de Karavel-Promovacances-LBO France sur le nombre de salariés repris.

Le résultat de la première audience de Fram au tribunal de commerce de Toulouse était très attendu. Ce vendredi après-midi, dans le hall du bâtiment, une vingtaine de salariés entourait Laye Simakha, le délégué du personnel CGT et secrétaire du comité d'entreprise.

Après une suspension de séance, le verdict a été annoncé publiquement. Constatant la cessation de paiement des quatre sociétés formant le groupe Fram (Fram Voyage, Fram Nature, Fram Agence et Plein Vent), le tribunal de commerce de Toulouse les a placés en redressement judiciaire jusqu'au 30 avril 2016.

Considérant que les offres reçues par le conciliateur sont "satisfaisantes", le tribunal de commerce a décidé que l'administrateur judiciaire serait dispensé des "publicités (normalement obligatoires, NDLR) concernant les offres de reprise". Les différentes offres de reprises seront présentées le 18 novembre à 9 h 30.

Des salariés mécontents

Présente à l'audience, Marie-Laurence Vieuille-Feral, la présidente du directoire de Fram (et nièce de l'actionnaire principal Georges Colson) n'a pas souhaité faire de commentaire.

Satisfait de voir son entreprise placée en redressement judiciaire et non en liquidation, Laye Simakha, le délégué syndical CGT et secrétaire du comité d'entreprise, a cependant souligné plusieurs points de mécontentement pour le personnel.

"Le délai pour rendre le jugement et le fait que Maître Christian Caviglioli n'ait pas été écarté du dossier ne nous satisfont pas, a-t-il déclaré. Il a été mandataire ad hoc puis conciliateur pendant trois ans et nous voilà au bord de la liquidation. Nous souhaitions que les actionnaires historiques ne prennent plus part à l'opérationnel et cela n'a pas été suivi d'effet."

Karavel, seul repreneur selon les syndicats

Après le retrait de l'offre sino-luxembourgeoise de HNA-Selectour Afat, Karavel apparaît plus que jamais comme le seul repreneur potentiel. "Il n'y aura pas d'autres repreneurs vu la manière dont c'est ficelé, considère Laye Simakha. L'offre de Karavel est un projet crédible car il pérennise l'outil industriel, mais il implique un plan de restructuration."

Pour le syndicaliste, c'est là que le bas blesse car les salariés n'ont "aucune idée du périmètre du plan" et des conséquences sur l'emploi.

"Karavel était parti sur une base de 15 % de l'effectif. Aujourd'hui, on est à 150-200 personnes en moins. Nous sommes dans l'incertitude et nous n'avons plus de marge de négociation. Aujourd'hui, nous sommes amers."

Flou sur les effectifs

Jeudi soir, après le dépôt de bilan de Fram, le fonds d'investissement LBO France, qui détient 75 % de Karavel-Promovacances, a confirmé "avoir déposé une offre de reprise du groupe Fram dans le cadre d'un plan de cession concerté et immédiat, dit 'pré-pack'."

Concrètement, LBO France propose de "reprendre 77 % des effectifs actuels, soit 356 CDI et l'ensemble des contrats non permanents".

Mais une question se pose : sur quels effectifs se base le repreneur ? 630, 651, 680, 1 200 ou 1 500, les chiffres les plus divers circulent dans la presse.

Selon LBO France, "l'offre de reprise porte sur un effectif de 630 salariés, compté le 25 octobre dernier. Ces effectifs varient entre 630 et 650 avec les emplois saisonniers, le reste des emplois relève de franchisés". Des salariés qui ne seraient pas intégrés dans le groupe et donc pas pris en compte par l'offre de Karavel.

Une position contredite par Laye Simakha qui affirme que les sociétés étrangères font juridiquement partie du groupe Fram et sont incluses dans la première offre de Karavel : "La cession de titres concerne l'ensemble du groupe, avec les réceptifs et les filiales à l'étranger. Mais peut-être qu'ils dévoilent leur jeu en disant que seules l'activité de tour opérateur et la distribution les intéressent, et non le réceptif et l'hôtellerie."

Or, selon une autre source proche du dossier, Karavel ne compterait pas reprendre les sociétés liées à Fram à l'étranger. Quoi qu'il en soit, pour les syndicats, Fram compte aujourd'hui environ 1 200 salariés dont près de 680 en France.

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