Zephalto s'appuie sur le Cnes pour faire décoller le tourisme stratosphérique

La startup héraultaise Zephalto a pris ses quartiers depuis cet été à Toulouse pour développer des voyages en ballon dans la stratosphère. Elle y travaille en lien étroit avec le Cnes qui met à disposition son expertise de soixante années de vols en ballon et qui s'intéresse de près à son projet d'enveloppe réutilisable.
Zephalto prévoit un voyage de six heures à 25 km d'altitude.
Zephalto prévoit un voyage de six heures à 25 km d'altitude. (Crédits : Zephalto)

« Les premiers passagers de Zephalto auront un côté pionnier, comme aux premiers temps de l'aviation. Il s'agira de gens assez aisés (le billet pour s'envoler dans l'espace coûtera 120.000 euros, ndlr), qui ont l'envie de découvrir la beauté de la Terre vu d'en haut », lance Vincent Farret d'Astiès.

Un voyage de six heures à 25 km d'altitude

Cet ancien diplômé de l'Enac à Toulouse a été d'abord contrôleur aérien avant de fonder en 2016 Zephalto avec l'ambition de développer des voyages en ballon à 25 km d'altitude. Passionné de montgolfière, Vincent Farret d'Astiès défend « une vision poétique et contemplative de l'espace », un positionnement assez atypique dans l'univers en plein essor du tourisme spatial. Quand Virgin Galactic ou Blue Origin proposent des vols paraboliques de quelques minutes dans l'espace en fusée, Zephalto mise sur une croisière spatiale de six heures (dont trois heures pour la montée et la descente et trois heures de contemplation de l'espace), « une expérience très douce et très respectueuse de l'environnement ».

Les ballons de Zephalto sont ainsi dotés d'un régulateur d'altitude qui améliore la sécurité et permet de faire varier l'altitude du ballon de façon écologique. Ce qui permet à la startup de promettre un vol à empreinte carbone extrêmement
faible : moins de 27kg de CO2 pour un passager (contre une tonne pour un vol A/R Paris-New-York). 

Lire aussiZephalto emmènera des passagers aux portes de l'espace

Une enveloppe réutilisable

Zephalto mise aussi sur une enveloppe réutilisable, un projet qui intéresse de près le Cnes. L'agence spatiale française, qui collabore déjà avec Hemeria Airship (ex-Cnim Air Space pour la fabrication des enveloppes des ballons), suit depuis sa création le projet Zephalto. Elle a signé cet été avec la startup un accord de transfert de savoir-faire exclusif dans le domaine des opérations. Cet accord va permettre à Zephalto de s'appuyer sur l'expertise du Cnes dans l'optimisation de l'enveloppe du ballon avec un accès à des brevets sur les technologies de ballons, l'accès aux différents outils et installations de l'agence pour procéder à des tests, la formation des opérateurs de Zephalto et l'optimisation des systèmes de sécurité.

« Cela fait 60 ans que le Cnes conçoit, opère et exploite des ballons pour faire de la science et des essais technologiques, c'est le maître d'oeuvre unique en Europe à maîtriser cette activité de bout en bout. Nous pouvons transférer notre savoir-faire opérationnel à la société Zephalto pour qu'ils développent le tourisme stratosphérique, éventuellement même leur apprendre à lâcher un ballon comme le fait le Cnes.

En revanche, nous ne réutilisons pas l'enveloppe du ballon. Aujourd'hui, nous réutilisons tout le matériel technique et scientifique envoyé en l'air qui descend en parachute sur Terre sauf l'enveloppe qui est trop fine pour voler à nouveau (elle fait 15 microns, un 10ᵉ du cheveu). On comprend bien que les aérostiers de Zephalto pensent l'utiliser à nouveau comme c'est le cas déjà pour les montgolfières », fait valoir Vincent Dubourg, sous-directeur Ballons au Cnes.

Lire aussiSpatial : Hemeria rachète Cnim Air Space et ses ballons stratosphériques

L'agence spatiale française voit aussi d'un bon oeil le fait d'envoyer quelques kilos d'instruments scientifiques dans la stratosphère pour réaliser des mesures complémentaires, de méthane par exemple, pour améliorer les modèles et les prévisions des scientifiques.

15 personnes à Toulouse

zephalto

Zephalto devra tester des vols avec une cabine pressurisée pour voler dans la stratosphère (Crédits : Zephalto).

Après avoir fait volé déjà trois prototypes en 2018 et 2020 à 2.500 mètres d'altitude, les tests vont se poursuivre courant 2023. Avec une étape-clé, voler au-dessus de dix kilomètres avec une cabine pressurisée. Zephalto affiche toujours l'ambition de faire voler ses premiers passagers en 2024. 500 personnes se sont déjà inscrites pour en être. 

En attendant la société dont le siège social est né dans la campagne héraultaise du Pouget, a installé cet été toute sa R&D dans de nouveaux locaux de 200 m2 sur la commune d'Escalquens, au sud-est de Toulouse. Une quinzaine de salariés y travaillent déjà et une trentaine de collaborateurs supplémentaires sont attendus d'ici l'été 2023.

Lire aussiTourisme spatial : pourquoi Zephalto débarque à Toulouse

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.