Le constructeur de drones Delair veut grossir pour devenir un leader européen

Fusion ou opération de croissance externe, voilà par quels moyens le constructeur toulousain de drones Delair veut atteindre assez rapidement le cap des 50 millions d'euros de chiffre d'affaires. À l'heure où la société fête son onzième anniversaire, occasion au cours de laquelle elle lance la commercialisation d'un nouvel engin, elle se rêve en "leader européen" du marché du drone civil.

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Le constructeur toulousain de drones Delair pourrait prendre une dimension nouvelle dans un futur proche.
Le constructeur toulousain de drones Delair pourrait prendre une dimension nouvelle dans un futur proche. (Crédits : Rémi Benoit)

Passée de la startup à la PME, Delair fête actuellement son onzième anniversaire. Le constructeur de drones, installé à Labège, dans la périphérie proche de Toulouse, a annoncé pour l'occasion la mise sur le marché d'un nouveau drone civil, le DT 46. "Nous livrerons les premiers exemplaires en début d'année 2023", annonce à La Tribune Bastien Mancini, le CEO et cofondateur de Delair, lui qui espère "faire de gros volumes de ventes" avec ce nouveau modèle.

Dans le catalogue de la société née en mars 2011, celui-ci vient s'ajouter à deux autres modèles phares déjà proposés par le constructeur, à savoir les drones UX-11 et DT 26. Contrairement à ses deux semblables, le DT 46, bien plus imposant, offre la possibilité d'un atterrissage et d'un décollage à la verticale. "C'est une tendance du marché et c'est une demande que nos clients nous font remonter régulièrement", reconnait le dirigeant.

Par ailleurs, il offre une autonomie de vol de 7h30, selon les chiffres avancés par la société toulousaine, alors que le DT 26 quant à lui ne dépasse pas les trois heures. Endurant donc, ce nouveau drone d'une vingtaine de kilos est surtout capable d'embarquer avec lui cinq kilos de charges utiles pour faire de la capture d'images ou récolter d'autres données.

Alors que Delair travaille également sur un drone à hydrogène avec l'Isae-Supaero, le DT 46 doit aussi symboliser la montée en puissance de la société qui vise les 50 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025. Aujourd'hui, cette statistique avoisine la dizaine de millions d'euros. Pour faire la jonction, le constructeur de drones toulousain pourrait renouer avec une vieille méthode...

"Nous ne le ferons pas tout seul"

Actuellement, Delair a "un résultat d'exploitation qui progresse de +20%". "L'entreprise gagne de l'argent mais ce n'a pas été toujours le cas", reconnait Bastien Mancini. "Mais cette croissance est trop lente", face aux ambitions de la société reconnait son CEO. Pour les atteindre donc, la société pourrait miser sur autre chose que la croissance organique.

"Il y a 10 ans, chacun a créé sa société de drones en France et tout le monde se rêvait en leader mondial. 10 ans après, personne n'est leader. On est trop atomisé en France avec trop de petits acteurs (...) Notre ambition est de constituer le leader européen du drone mais nous le ferons pas tout seul", explique Bastien Mancini.

Faut-il comprendre que Delair mènera à l'avenir des opérations de croissance externe voire une fusion avec une société de taille similaire ? En interne, le débat n'est pas tranché, mais une première brique a été posée en 2021 avec la création de l'ADIF, l'Association du drone de l'industrie française. Regroupant une quinzaine de membres et présidée par le CEO de Delair, celle-ci doit permettre "d'apprendre à nous connaître" explique son président, avant de s'associer ?

Par le passé, Delair a déjà mené plusieurs opérations de croissance externe pour devenir ce qu'elle est aujourd'hui. Le constructeur a pris le contrôle du bordelais Eukréa Electromatique en septembre 2016, puis du belge Gatewing par la suite. Une levée de fonds lui a aussi permis de mettre la main sur son concurrent américain Airware et sa filiale française RedBird en fin d'année 2018.

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"La séparation a été bénéfique"

Mais la plus importante opération de réorganisation a été la séparation fin 2020 des activités de construction de drones et exploitation de la data, avec la création de la société Alteia qui a pris à son compte cette dernière activité.

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"Dès la création de Delair en 2011, nous avons commencé à récolter des tonnes de données sans trop savoir quoi en faire. Nous avons alors commencé à réfléchir à une suite logicielle pour les exploiter et offrir des informations précieuses à nos clients. Aujourd'hui, nous sommes deux sociétés jumelles, avec des catalogues et des objectifs différents", commente Michaël de Lagarde, le CEO d'Alteia et co-fondateur de Delair.

Une séparation devenue inéluctable tant les marchés devenaient trop différents et surtout le développement de la plateforme logicielle de la nouvelle société captait alors une très grande partie des capacités d'investissement de Delair, parfois au détriment de l'activité de construction de drones.

"La séparation a été bénéfique pour les deux. Les ressources d'Alteia sont en très forte croissance mais la société perd encore de l'argent et a besoin de beaucoup de fonds pour grandir", reconnait Bastien Mancini.

Sans vouloir dévoiler le chiffre d'affaires, Michaël de Lagarde évoque "une croissance des recettes de +90% par an" pour cette société spécialisée dans l'exploitation de la data pour divers secteurs comme l'agriculture ou la maintenance. Alteia s'apprête également à boucler une levée de fonds importante.

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