Airbus croit en son avenir dans la production en série au-delà de la constellation OneWeb

Après avoir fourni près de 400 satellites pour la constellation OneWeb, Airbus va produire 15 plateformes pour la future constellation de services partagés de la startup Loft Orbital, à la fois implantée à San Francisco et Toulouse. En bouleversant ses méthodes de production, le géant européen a réussi à réduire drastiquement ses coûts et veut devenir un partenaire privilégié des nouveaux acteurs du spatial.

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Airbus va fournir à Loft Orbital quinze plateformes dérivées de celle utilisée pour la constellation de satellites OneWeb.
Airbus va fournir à Loft Orbital quinze plateformes dérivées de celle utilisée pour la constellation de satellites OneWeb. (Crédits : Airbus)

"C'est un changement majeur dans le monde du spatial. Avant, nous produisions uniquement des plateformes spécialisées pour une seule mission et il n'était pas possible de les revendre une deuxième fois. Aujourd'hui, nous sommes capables de produire en série des satellites, des équipements, des plateformes", lance Jean-Marc Nasr, directeur d'Airbus Space Systems.

Le géant européen du spatial a annoncé le 14 janvier un accord avec la startup Loft Orbital pour fournir quinze plateformes dérivées de la plateforme Arrow, utilisée pour la constellation de satellites OneWeb. En l'espace de trois ans, Airbus a délivré 394 satellites (sur les 648 prévus) pour la constellation qui doit fournir un internet haut débit partout dans le monde. Les premiers modèles (une dizaine d'exemplaires) ont été fabriqués à Toulouse et le restant a été ensuite produit en série dans une usine en Floride détenue par OneWeb Satellites, entreprise commune entre OneWeb et Airbus Defence and Space.

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"Peu d'acteurs capables de produire en série"

"Il existe peu d'acteurs aujourd'hui qui sont capables de produire en série des satellites standards fiables et dans nos prix. Le choix d'Airbus s'explique d'une part parce que nous devions monter en gamme pour répondre aux exigences de performances supérieures de nos clients. Et puis, il fallait pouvoir trouver un acteur capable d'assurer des cadences de production qui nous permettent de pouvoir fournir des constellations à nos clients dès 2023-2024", fait remarquer Antoine de Chassy, cofondateur de Loft Orbital.

Née en Californie et implantée depuis deux ans à Toulouse, la jeune pousse du spatial qui a marqué les esprits en fin d'année en levant 140 millions de dollars, a développé un modèle économique atypique. Elle achète des plateformes standards et bas-coût notamment auprès d'acteurs du New Space comme Blue Canyon et Leostella et se charge ensuite des technologies logicielles qui permettent l'interface entre les charges utiles des clients (caméras, capteurs) et la plateforme satellitaire. Une fois le satellite lancé, les clients de Loft Orbital peuvent prendre le contrôle de leur charge utile et accéder à leurs données.

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 Dans le cadre du contrat pour Loft Orbital, Airbus fournira uniquement la plateforme du satellite. Ses équipes toulousaines seront chargées de concevoir le design de l'interface pour que la plateforme puisse accueillir toute la variété des charges utiles demandées par les clients de Loft Orbital. La production à grande échelle sera elle réalisée en Floride avec une livraison des premiers modèles escomptée dès 2023. Les tests avant lancement des équipements et la supervision de la constellation une fois en orbite seront menés en grande partie dans la Ville rose où Loft Orbital va installer une grande salle de contrôle de ses missions.

Réduction des coûts

"Ce contrat marque l'alliance entre le grand maître d'oeuvre de satellites que nous sommes et une startup qui nous choisit comme fournisseur. En général, c'est plutôt le contraire. Cette approche innovante montre que nous apportons à ces nouveaux acteurs de la fiabilité et l'expérience du spatial. Surtout nous avons réussi à réduire les coûts avec OneWeb de telle manière que nous devenons compatibles avec les modèles économiques de startups, ce qui est très vertueux", salue Jean-Marc Nasr.

Pour casser ses prix, Airbus n'hésite plus à envoyer en orbite des équipements électroniques qui ne sont pas des composants prévus uniquement pour le spatial. Le constructeur a aussi développé toute une gamme de plateformes standards qui peuvent être adaptées sur plusieurs missions. Au-delà de celle de OneWeb, c'est aussi le cas pour celle développée pour la constellation Pléiades (images haute résolution). La chaîne d'assemblage installée à Toulouse pour les premiers modèles de OneWeb est de son côté réutilisée pour produire les quatre satellites composant la constellation CO3D pour le compte du Cnes. Mais elle pourrait aussi servir à produire en série des plateformes pour Loft Orbital si la jeune société venait à décrocher des clients européens.

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Commentaire 1
à écrit le 18/01/2022 à 9:01
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Ce qui est bien avec le Blasé c'est qu'il n'évolue jamais (et il ne le cherche pas d'ailleurs... ) si au moins il y a avait de la matière dans ses commentaires cela pourrait amener à débattre, à s'enrichir et évoluer là aussi. Non le beauf dans sa sp...

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