Aéronautique : Figeac Aero va construire une usine en Arabie Saoudite

Le sous-traitant aéronautique lotois Figeac Aero a profité de la visite d'Emmanuel Macron dans les pays du Golfe pour finaliser une joint-venture avec Saudi Arabian Military Industries (Sami), consortium d'Etat des industries militaires d'Arabie saoudite. 50 millions de dollars vont être investis pour créer une usine qui produira des pièces d'aérostructures de haute précision.

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Jean-Claude Maillard, PDG de Figeac Aero.
Jean-Claude Maillard, PDG de Figeac Aero. (Crédits : Rémi Benoit)

Outre le contrat du siècle de 16 milliards d'euros pour 80 Rafale décroché par Dassault, la tournée d'Emmanuel Macron au Moyen-Orient a généré 30 milliards d'euros de commandes supplémentaires pour les entreprises françaises.

Premier sous-traitant aéronautique européen avant la crise, le lotois Figeac Aéro a signé un accord pour créer une coentreprise avec Saudi Arabian Military Industries (Sami), consortium d'Etat des industries militaires d'Arabie saoudite et Dussur (Saudi Arabian Industrial Investments Company). Cette opération avait déjà fait l'objet d'un protocole d'accord lors du salon du Bourget en 2019 et a depuis reçu l'aval de l'autorité de la concurrence saoudienne. Elle vise à construire une usine de production de pièces d'aérostructures de haute précision à Jeddah en Arabie saoudite sur le site de la société spécialisée en maintenance aéronautique AACC.

14 machines et 60 salariés en 2024

Le projet doit s'étaler sur une période de dix ans avec des investissements colossaux, financés en grande partie par les institutions bancaires locales. Actuellement, un premier parc de machines a été mis en service par les équipes techniques de Figeac Aero afin de commencer à produire des pièces dès la fin de l'année 2021. La première phase de développement, qui va demander 50 millions de dollars, est prévue d'ici à 2024 pour équiper le site de 14 machines d'usinage. À cet horizon, le site devrait employer 60 personnes et générer 10 millions de dollars de chiffre d'affaires. Par ailleurs, l'accord prévoit un contrat de 40 millions de dollars pour que le groupe lotois assure l'accompagnement industriel et technique complet de la coentreprise.

 "Dans le contexte actuel, finaliser ce partenariat représente une véritable opportunité pour Figeac Aero. Il permettra d'établir notre positionnement commercial au Moyen-Orient mais également de nous ouvrir les portes des marchés de compensation industrielle militaires et civils saoudiens. Notre participation au sein de la coentreprise sera minoritaire mais notre rôle sera essentiel pour poser les bases de la future industrie aéronautique dans le royaume", estime son PDG Jean-Claude Maillard.

Figeac Aero "très secoué" par la crise

Très touchée par la crise, l'entreprise lotoise a vu son chiffre d'affaires chuter de 441 à 205 millions d'euros entre mars 2020 et mars 2021. À l'automne 2020, Figeac Aéro avait dû lancer un plan de restructuration dans son usine lotoise et réduire fortement les effectifs de ses filiales à l'étranger (Etats-Unis, Maroc, Mexique, Roumanie et Tunisie). "Notre effectif mondial est passé de 3.700 en mars 2020 à 2.750 salariés donc nous ne tomberons pas plus bas. Nous avons déjà été très secoués. À Figeac, nous avons été plus d'un millier de collaborateurs avant la crise et nous sommes tombés à 750 personnes aujourd'hui", précisait le dirigeant à La Tribune l'été dernier. Pour avoir des reins financiers plus solides en prévision de la forte étape de consolidation annoncée dans la supply chain aéronautique, Figeac Aero a annoncé en septembre un accord pour faire entrer dans son capital le fonds Ace Capital Partners.

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Grâce à cette présence en Arabie Saoudite, le groupe espère décrocher des marchés de compensation demandés par le royaume en échange de l'achat d'avions civils et militaires. Lancé en 2016 par le gouvernement saoudien, le plan Vision 2030 vise à faire sortir le pays de sa rente pétrolière historique en diversifiant son économie notamment dans l'aéronautique. D'ailleurs, lors de la visite d'Emmanuel Macron, le consortium Sami a également annoncé la signature d'un accord avec Airbus pour la création d'une coentreprise spécialisée dans la maintenance de l'aéronautique militaire.

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Commentaire 1
à écrit le 06/12/2021 à 14:48
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Si des français vont y bosser l'avantage c'est qu'ils auront de bons salaires et ça se justifie amplement quand on voit comme la vie la bas est pénible donc suffit d'y rester quelques moins par an et c'est bingo. Mais il faut le faire attention c'est...

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