Aéronautique : WeAre rachète la fonderie titane de Taramm

Né en 2016 du regroupement de plusieurs entreprises familiales de la supply chain aéronautique, WeAre Group se lance, selon nos informations, dans une nouvelle phase de consolidation via l'acquisition des sociétés Taramm et Gamma-Tial, spécialisées dans la fonderie titane. D'autres rachats ou rapprochements avec des sous-traitants aéronautiques sont attendus dans les mois à venir.

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WeAre a connu une ascension spectaculaire avant la crise.
WeAre a connu une ascension spectaculaire avant la crise. (Crédits : Frédéric Scheiber)

Après le rachat de Hitim par Mecachromeles deux acquisitions annoncées par Latécoère et le rapprochement de Nexteam et Ventana, c'est au tour de WeAre Group de se lancer dans une nouvelle phase de consolidation.

Selon nos informations, WeAre Group vient de finaliser l'acquisition des sociétés Taramm (Ariège) et Gamma-Tial (Indre-et-Loire), longtemps dirigées par l'entrepreneur Arnaud Henrion et spécialisées dans la fonderie titane. L'opération a été réalisée avec le soutien d'Ace Capital Partners, actionnaire de WeAre.

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Un savoir-faire dans la fonderie titane "rare et stratégique"

"Taram produit des pièces de petite et moyenne dimension en fonderie titane. La force de la fonderie titane est de réaliser des pièces éminemment complexes pour les moteurs d'avions, qui sont légères et moins chères qu'en ayant recours à de l'usinage, voire de produire des pièces impossibles à sortir avec de l'usinage. Ne pas avoir de fonderie en interne nous coupait jusqu'à présent l'accès à une partie du marché sur la pièce de petite et moyenne dimension en raison du manque de compétitivité. Nous allons désormais être capables d'adresser toutes les pièces de petite et moyenne dimension", précise à La Tribune Pascal Farella, CEO de WeAre Group.

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Pascal Farella est le CEO de WeAre Group (Crédits : Frédéric Scheiber).

Les deux sociétés disposent de 18.500 m² de production, de fours de fusion et surtout d'un procédé de fabrication HIP (Hot Isostatic Pressing), "rare et stratégique en vue des remontées de cadences aéronautiques".

"Toute pièce de fonderie passe par un four de compression isostatique à chaud. C'est une technologie qui aujourd'hui est maîtrisée par très peu d'acteurs. Il existe seulement quatre ou cinq fours de ce type en France. Disposer de cette solution en interne permet d'avoir des cycles beaucoup plus rapides et de maîtriser parfaitement le processus de fonderie", ajoute le dirigeant de WeAre.

Les sociétés Taramm et Gamma-Tial réalisaient 20 millions de chiffre d'affaires en 2019. Taramm (140 salariés avant la crise) a été durement touchée dès début 2020 par les difficultés du Boeing 737MAX pour lequel elle produisait des pièces pour le moteur Leap-1B. Avec la Covid, elle a ensuite été impactée par le ralentissement des cadences sur le moteur Leap-1A pour l'A320Neo. Un plan social a ensuite été lancé et les deux entités emploient désormais 90 salariés.

Né en 2016 du rapprochement des sociétés Farella, Chatal et Espace, le groupe WeAre a connu par la suite une ascension spectaculaire. Entre 2016 et 2019, son chiffre d'affaires passe de 50 à 143 millions d'euros et l'effectif lui aussi grandit à vitesse grand V, de 300 à 1.400 salariés en l'espace de trois ans. La crise a donné un coup d'arrêt net à la dynamique du groupe qui réalisait 80% de son activité dans l'aéronautique civile. Le chiffre d'affaires a plongé à 90 millions d'euros et l'effectif est descendu sous la barre du millier de collaborateurs. Par ailleurs, WeAre s'est séparé également de la société Comefor, acquise quelques années plus tôt. Le groupe avait engagé avant la crise une spécialisation des usines : le site de Bouy est entièrement robotisé et spécialisé dans le fraisage, celui de Farella est dédié aux pièces de révolution, celui de Chatal à Saint-Nicolas-de-Redon est chargé du traitement de surface pour la finition des pièces.

WeAre Group table à nouveau sur 90 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2021, une remontée à 130 millions en 2022 et un objectif de 220 millions en 2024.

Une première étape de consolidation

Pour Pascal Farella, l'acquisition de Taramm et Gamma-Tial n'est qu'une première étape dans la consolidation à venir de la supply chain : "Nous allons continuer à acquérir des petites et moyennes entreprises pour compléter nos technologies et notre empreinte mondiale via le rachat de sites à l'étranger. Nous étudions également des possibilités de rapprochement avec d'autres acteurs." Une nouvelle acquisition est attendue avant la fin de l'année, avant une consolidation plus importante début 2022.

Depuis la crise, les grands donneurs d'ordre encouragent une consolidation de la supply chain et notamment parmi les grands sous-traitants des pièces mécaniques comme Figeac Aero, Mecachrome et Lauak.

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"Je suis profondément convaincu que les nouveaux avions s'appuieront sur des sociétés plus grandes, plus fortes, capables de créer des usines du jour au lendemain dans n'importe quel pays, encore plus performantes et structurées en termes de gestion. Pour moi, les fournisseurs de demain pèseront entre 300 millions et 1 milliard d'euros. Pour y parvenir, nous devrons passer une étape supplémentaire", expliquait le CEO de WeAre en septembre dernier.

Avant de conclure :

"Nous avons échangé avec pas mal d'acteurs de notre niveau et nous sommes en train de travailler pour voir la suite. Que ce soit une fusion ou un rapprochement, nous sommes très sereins dans l'optique d'une consolidation puisque le groupe est désormais très structuré. Avoir su intégrer des sociétés est une force parce que nous avons déjà des outils, des méthodes qui sont déployés et qui nous aiderons demain si nous faisons encore une étape supplémentaire, même si elle est significative."

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Commentaire 1
à écrit le 05/11/2021 à 8:00
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Peux-t-on nous épargner du supplice de la chaine et parler de chaine d'approvisionnement?

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