Spécialiste du thermoformage, Soplami déploie ses ailes hors de l'aéronautique

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Producteur de pièces en plastique par la technique du thermoformage, l'entreprise Soplami veut alléger le poids de l'aéronautique dans son modèle économique.
Producteur de pièces en plastique par la technique du thermoformage, l'entreprise Soplami veut alléger le poids de l'aéronautique dans son modèle économique. (Crédits : Rémi Benoit)
Soutenue par France Relance et spécialiste du thermoformage pour la production de pièces plastiques, l'entreprise Soplami va investir dans la modernisation de son outil de production. Pour ce sous-traitant aéronautique de rang 1, l'intérêt est de conquérir de nouveaux marchés, notamment autour des machines agricoles, la santé, le transport de loisir ou encore les véhicules électriques. Reportage dans les ateliers en mutation.

Elle fait partie des 109 entreprises industrielles soutenues en Occitanie par les fonds de France Relance. Installée à Muret (Haute-Garonne), la société Soplami va bénéficier d'une subvention de l'État à hauteur de 893.500 euros, sur un projet de l'ordre de deux millions d'euros.

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La spécialiste du thermoformage (technique qui consiste à chauffer sous forme de plaque un matériau et profiter de sa ductilité pour lui faire prendre la forme d'un moule) de pièces plastiques compte ainsi moderniser son outil de production. Tout d'abord en l'automatisant, mais aussi en s'équipant d'une ligne de production dite d'étuvage-thermoformage-usinage dédiée spécifiquement aux grands formats.

"Ce nouvel outil va nous permettre de réduire la pénibilité, d'améliorer la productivité et d'intégrer de nouveaux marchés. Nous visons notamment celui des véhicules de loisir, du transport de masse, les machines agricoles, les véhicules du milieu médical et la carrosserie des véhicules électriques", commente Eric Castellano, le patron de Soplami.

Soplami

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Avec le plan d'investissement projeté par la Soplami, il est prévu d'automatiser l'installation des plaques de plastique dans le système de thermoformage pour soulager notamment les salariés (Crédits : Rémi Benoit).

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Le plan d'investissement projeté par la Soplami prévoit également l'automatisation, à l'aide d'un bras robotisé, le transport de la pièce entre l'unité de thermoformage et celle de l'usinage (Crédits : Rémi Benoit).

"Nous sommes tombés à 85 salariés"

Cette ouverture à de nouveaux marchés est un tournant majeur pour Soplami, qui prévoit de créer 50 emplois sur Muret d'ici 2024 avec ces futures activités. "L'année 2021 sera une année de transition pour nous", va même jusqu'à dire le dirigeant. Et pour cause, cette société familiale, classé comme sous-traitant aéronautique de rang 1, a subi de plein fouet le ralentissement des cadences de production.

"Avant la crise sanitaire, l'aéronautique pesait pour 90% de notre chiffre d'affaires et nous avions 121 salariés. Après avoir atteint 10 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020, contre 16 en 2019, nous sommes tombés à 85 personnes. Nous n'avons pas renouvelé un volant important de CDD non remplacé et des départs à la retraite qui tombaient à pic", détaille Eric Castellano.

Produisant sur trois sites, à savoir Casablanca (Maroc), Seysses (Haute-Garonne) et donc Muret, pour une surface totale de près de 20.000 mètres carrés, la qualité du travail de Soplami est reconnue dans la supply chain aéronautique. Résultat, l'entreprise dispose d'un carnet de 20.000 références différentes, à travers 33 programmes, pour des grands noms comme Airbus, Dassault, ATR ou Daher.

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Des postes de travail au sein de Soplami sont dédiés à l'avionneur européen, preuve de sa dépendance au secteur aéronautique (Crédits : Rémi Benoit).

"Nous avons toujours eu ce souci de diversification, mais nous étions focalisés sur la montée des cadences de production dans l'aéronautique. Nous avions un tel carnet de commandes que nous nous sommes laissés un peu vivre tranquillement et nous n'avons pas forcé cette diversification comme nous aurions dû le faire à un moment donné", reconnaît tristement le patron de la PME.

Des opérations de croissance externe prochainement

Cette diversification désormais pleinement enclenchée, Soplami voit loin et grand. "Notre volonté est d'arriver à 30 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici 2024", annonce à La Tribune Eric Castellano.

Pour y parvenir, en plus de la reprise des cadences dans l'aéronautique et la diversification, le patron mise sur la croissance externe. "Nous allons opérer quelques opérations pour entrer plus vite dans certains marchés où nous ne sommes pas encore présents", admet-il. Sont ainsi visées deux TPE, à savoir une en France et à l'étranger, mais dont les noms sont encore confidentielles. De quoi permettre à Soplami de "glaner" entre sept et dix millions d'euros de chiffre d'affaires de la sorte.

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Le dirigeant de Soplami (ici à droite) a présenté au préfet Étienne Guyot (à gauche) les voies de diversification, notamment dans la carrosserie de voiture électrique (Crédits : Rémi Benoit).

"L'investissement dans la diversification est un véritable enjeu pour la filière aéronautique désormais. Et cette entreprise développe un projet qui a un côté offensif intéressant", commente le préfet de région, Étienne Guyot, venu récemment visiter les ateliers de production au sud de Toulouse.

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