Informatique et ingénierie : CGI prépare 200 recrutements à Toulouse

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Les 300 salariés de CGI à Toulouse vont être rejoints par 200 nouveaux collaborateurs.
Les 300 salariés de CGI à Toulouse vont être rejoints par 200 nouveaux collaborateurs. (Crédits : Pixabay / CC)
Impactée par le ralentissement de l'industrie aéronautique, l'entreprise de services du numérique canadienne amplifie sa présence à Toulouse. Grâce notamment à la création d'un centre d'expertise dédié à la technologie SAP, CGI lance une vague de 200 recrutements dans la Ville rose. Les détails.

Après la multitude de chocs sociaux dans la région toulousaine, les acteurs semblent retrouver la voie de l'optimiste. Quelques jours après eXcent, c'est au tour de l'entreprise de services du numérique (ESN) CGI d'annoncer la création de 200 emplois à Toulouse, étalée jusqu'en 2022. Ce qui coïncide avec la création, dans la Ville rose, d'un centre d'expertise SAP dès à présent. Pour mémoire, ce système d'information allemand a conquis Airbus, Latécoère, Pierre Fabre et de nombreuses entreprises du CAC40, pour ne citer que ces exemples.

"Nous relocalisons ainsi à Toulouse une activité qui devrait se faire normalement ailleurs. Nous aurions très bien pu faire ce centre d'excellence en Inde mais, nous avons voulu en faire un frein à la délocalisation. La crise a eu une répercussion sur ce choix stratégique. Par ailleurs, cette ville héberge beaucoup de talents ingénieurs SAP", justifie Jean-Bernard Rodriguez, le vice-président de CGI en charge des activités pour la région Grand Sud (France) et l'Italie.

Néanmoins, pour garantir sa viabilité, cette nouvelle implantation ne s'adressera pas uniquement à un marché local voire régional, mais bien à des clients nationaux et internationaux. "À Montpellier, nous avons un centre dédié au digital avec 450 personnes, pour zéro contrat sur le marché local. Les 200 recrutements prévus à Toulouse sont uniquement liés au développement du marché national", poursuit le dirigeant, auxquels il faudra ajouter les 300 collaborateurs actuels dans la Ville rose.

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Vers une diversification du portefeuille clients, malgré la dominance aéronautique

Malgré la crise que connait l'industrie aéronautique, "et qui reste notre client le plus important et de loin", selon Jean-Bernard Rodriguez, d'autres secteurs ont permis à l'entité de retrouver "un seuil de rentabilité acceptable", après avoir mis au plus fort de la crise 300 équivalents temps plein au chômage partiel. Pour passer le cap, l'ESN a tout d'abord créé une filiale nommée CGI Business Consulting pour aller chercher des marchés hors de l'industrie.

"Nous arrivons à nous adresser à des marchés et des clients dont ce n'était pas le cas avant la crise sanitaire. Ces entreprises ont pris conscience que faire sa transformation digitale c'est aussi une manière de sortir de la crise. Sur notre coeur de métier, qui est le logiciel d'information, nous avons gagné beaucoup de marchés ces derniers mois", explique le vice-président.

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Sans donner de nom d'entreprise par souci de confidentialité, le dirigeant évoque le secteur des enseignes de bricolage, en forte croissance depuis le début de la crise sanitaire, mais aussi les entreprises de nettoyage.

"La crise a également fait apparaître le besoin criant de digitalisation au sein des administrations publiques et les entreprises de la communication. Contrairement à l'industrie, le marché du SAP est en croissance dans ces univers", ajoute le patron.

L'adaptation de CGI est en adéquation avec le bilan économique de l'année 2020 récemment dressé par l'antenne régionale de la Banque de France. Selon elle, dans les services marchands, l'informatique a subi un recul de -11% de son chiffre d'affaires l'année passée et l'activité des services en lien avec l'aéronautique a reculé de -25%. Les prévisions pour 2021 de la Banque de France pour l'Occitanie, sur les services liés à la filière aéronautique, parie encore sur une baisse de -3% du chiffre d'affaires. A contrario, l'activité dans l'informatique, tous secteurs confondus, se dirigerait vers une hausse de +4%. Preuve de l'intérêt (et du besoin) de cette diversification pour les ESN de la région, aujourd'hui embourbée dans le ralentissement de l'industrie aéronautique.

Un centre d'excellence dédié à l'industrie du futur

Pour encourager le développement de ses marchés hors aéronautique, le groupe canadien va également implanter à Toulouse "un centre d'excellence" dédié à l'industrie du futur, sur 300m2 dans ses locaux. Un type de structure déjà implanté à Lille sur le thème du commerce et des services aux consommateurs en 2015, tout comme à Lyon depuis 2017 sur le sujet de la digitalisation de la supply chain.

"Ce site va servir de vitrine à échelle réelle pour nos solutions BtoB, par exemple autour de la maintenance prédictive. Ce showroom doit nous permettre de présenter nos différentes solutions sur l'industrie du futur et servir d'espace de réflexion pour notre clientèle", décrit Jean-Bernard Rodriguez.

Cette vitrine technologique ouvrira ses portes dès que la situation sanitaire le permettra.

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