Le Toulousain Ipside fusionne pour devenir le n°1 français de la propriété industrielle

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La holding Santarelli group se revendique comme le n°1 de la propriété industrielle.
La holding Santarelli group se revendique comme le n°1 de la propriété industrielle. (Crédits : Reuters)
Les cabinets Ipside, Santarelli et Brevalex fusionnent pour former Santarelli group, le leader français du conseil en propriété industrielle. Ce nouvel ensemble regroupera près de 300 collaborateurs pour un chiffre d'affaires de 75 millions d'euros. Une soixantaine de salariés ont pris part dans le capital de la nouvelle entité.

C'est un nouveau pilier de la propriété intellectuelle qui vient de naître en France. Les cabinets Ipside, Santarelli et Brevalex annoncent ce mardi 16 mars avoir trouvé un accord pour fusionner et créer Santarelli group qui devient le leader français du conseil en propriété industrielle.

Près de 300 salariés et 75 millions d'euros de chiffre d'affaires

Cette opération permet à la PME toulousaine Ipside de réaliser un bond de géant.

"Nous allons quasiment quadrupler l'activité en passant de 19 millions à 75 millions d'euros de chiffre d'affaires. Ipside a 75 salariés plus une douzaine dans notre antenne en Chine alors que la nouvelle entité regroupera près de 300 personnes. Cette fusion à trois nous permet d'atteindre véritablement une taille critique qui aura un très grand impact en matière de clients et de moyens", souligne Christophe Cornuejols, dirigeant d'Ipside qui est devenu président de la nouvelle holding Santarelli group.

Alors que Ipside avait surtout une clientèle régionale de PME et de startups, les deux autres cabinets disposent d'un portefeuille de très grands groupes.

"Le cabinet Santarelli a une image très premium et haut de gamme. Il réalise beaucoup de litiges pour de grandes structures du CAC 40. De son côté, Brevalex se concentre sur les brevets pour de très grandes structures comme le CEA. Pour sa part, Ipside dispose d'une équipe de cinq avocats, chose que n'avait pas Santarelli et Brevalex. Il existe une réelle complémentarité de clientèle et de métier qui est très positive", complète Christophe Cornuejols.

Nouveaux fonds d'investissement et actionnariat salarié

Cette fusion est également l'occasion d'une recomposition de l'actionnariat.

"Un consortium de quatre fonds d'investissement entre au capital mené par Initiative et finances, avec BPI France et deux fonds du Crédit Agricole, Grand Sud-Ouest Capital et Idia Capital Investissement. Les fonds géré par Andera Expansion eux sortent de l'actionnariat. Par ailleurs, une quarantaine de collaborateurs au sein des trois cabinets étaient déjà actionnaires de leur entreprise. Nous avons élargi le cercle à une soixantaine de salariés au total", explique Raphaël Petit, associé d'Oaklins France qui a piloté la transaction.

Un actionnariat salarié essentiel pour le succès de la fusion selon le président de Santarelli group : "Près de 60% des ingénieurs, juristes ou avocats seront associés. C'est une excellente chose pour que ensuite tout le monde aille dans la même direction. Cela améliore considérablement les chances de réussite de cette fusion."

L'intelligence artificielle bouscule les activités juridiques

En mutualisant leurs efforts, les trois cabinets espèrent aussi avoir plus de moyens en matière d'innovation à l'heure où l'intelligence artificielle bouleverse les activités juridiques.

"Nous voyons arriver des IA de rédaction automatique de textes. Des activités telles que la recherche d'antériorité par comparaison de textes ou d'images peuvent aussi faire l'objet d'une IA. La rédaction juridique fait partie des métiers les plus ciblés par ce type de technologie. Mais il vaudrait mieux que nous soyons soit à l'origine d'une telle innovation plutôt que de subir un beau jour un nouvel acteur débarquant dans le métier", considère Christophe Cornuejols.

Le dirigeant relève que Ipside avait déjà lancé une legal tech baptisée Ipip permettant de faciliter les dépôts de marques ou de produits en ligne. Malgré la crise, il est optimiste sur l'avenir de son activité. "En Europe, les entreprises vont de plus en plus facilement en justice pour une marque, alors qu'avant, elles auraient cherché un accord ou n'auraient tout simplement pas agi. Nous suivons l'exemple des Etats-Unis. Ensuite, l'innovation est la clé pour se différencier, a fortiori dans un tel contexte économique. Il faudra la protéger avec de la propriété industrielle et donc nous nous attendons à un nouveau boom de propriété industrielle", conclut-il. À ses côtés au sein de la holding, Christophe Cornuejols sera entouré de Luc Santarelli et Eric Le Bihan (issus de Santarelli), et d'Éric Augarde (Brevalex), nommés respectivement directeurs litiges, marques et brevets du nouveau groupe.

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