Spatial : Microtec quitte le giron d'Agora et triple sa capacité de production de cartes électroniques

La PME toulousaine Microtec, spécialisée dans l'assemblage de cartes électroniques, retrouve des niveaux d'activité d'avant-crise grâce à des contrats majeurs dans le spatial et pour la Marine nationale. De quoi compenser à terme la chute d'activité dans l'aéronautique. La société, qui vient de changer d'actionnaire principal, peut s'appuyer sur sa nouvelle ligne d'assemblage pour augmenter ses cadences de production et compte recruter une dizaine de collaborateurs en 2021.

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Microtec s'est équipé d'une ligne d'assemblage automatisée d'une capacité de 300 cartes électroniques par mois.
Microtec s'est équipé d'une ligne d'assemblage automatisée d'une capacité de 300 cartes électroniques par mois. (Crédits : Microtec/ Sébastien Denis)

Ne pas tout miser sur l'aéronautique. C'est la stratégie engagée depuis dix ans par Vincent Gayde, à la tête de la PME toulousaine Microtec et celle qui lui a permis en quelques mois de retrouver des niveaux d'activité d'avant-crise. Ce sous-traitant s'est spécialisé dans l'assemblage de cartes électroniques pour le compte de Thales, Continental et Liebherr avec pour ambition de viser "la haute qualité du spatial au prix de l'aéronautique".

300 cartes par mois grâce à une ligne d'assemblage automatisée

Concrètement, depuis mi-2019, Microtec dispose d'une ligne d'assemblage automatisée qui triple sa capacité de production en baissant drastiquement ses coûts.

"Nous sommes désormais en capacité de sortir aux alentours de 300 cartes spatiales par mois. Cela n'a l'air de rien du tout en comparaison des cadences dans l'automobile, par exemple, ou même l'aéronautique. Mais dans le secteur spatial, les contraintes sont telles que c'est déjà beaucoup. Pour donner une idée, nous avions contribué significativement à la constellation de satellites Iridium Next de Thales, pour laquelle nous avions produit 2.430 cartes en deux ans, soit à peu près 100 cartes par mois", détaille le directeur général de Microtec.

Cette nouvelle ligne d'assemblage faisait partie d'un plan d'investissements de 2,8 millions d'euros engagé par la PME en 2018. "Si nous n'avions pas engagé cette transformation vers la haute fiabilité automatisée, aujourd'hui nous serions morts", lâche Vincent Gayde. Car l'arrêt brutal des usines pendant le premier confinement a durement impacté la société. "De mi mars jusqu'à fin juin, notre prise de commande s'est effondrée de deux tiers. L'aéronautique a notamment fortement chuté, de l'ordre de 30% sur l'année 2020", observe le chef d'entreprise.

Le principal client de Microtec dans ce domaine est Liebherr Aerospace (qui a annoncé  un plan de départs volontaires cet été). "Nous cherchons à compenser la baisse de l'activité connue par Liebherr chez d'autres équipementiers aéronautiques. Mais je ne fais pas d'illusions sur le sujet. Le secteur aéronautique va être sinistré encore jusqu'en 2023", glisse Vincent Gayde. La société a aussi été affectée par la chute de la production dans le secteur automobile. Microtec a fourni à Continental Automotive 400 bancs de test de calculateur d'injection de carburant dans les voitures.

Des contrats majeurs dans la défense et le spatial

Heureusement, les deux autres secteurs d'activité de Microtec, la défense et le spatial, lui ont permis de retrouver des couleurs. La PME a décroché pour le compte de la Marine nationale un contrat pluriannuel de production de systèmes d'aide à la prise de décision (répétiteurs multifonctions tactiles). "Nous avons de grands projets dans le domaine de la défense qui vont nous assurer de la production et du maintien en condition opérationnelle pendant 15 à 20 ans", se félicite le dirigeant. Côté spatial, Microtec a également signé un contrat d'équipements AIT satellites et de production de cartes de vol pour des programmes de nouvelles plateformes de satellite.

Au final, la crise a bouleversé le poids des quatre segments d'activité de Microtec : le spatial qui représentait 30% de son CA pèse désormais entre 50% et 60%, l'aéronautique chute de 30% à 15%, la défense pointe à 15% et le médical perce légèrement (5 à 10% du chiffre d'affaires).Et même si la société affiche sur l'année 2020, un chiffre d'affaires "extrêmement bas" à  6,6 millions d'euros, les derniers indicateurs sont très positifs.

"Sur le dernier trimestre 2020, nous avons atteint l'équivalent de presqu'un demi chiffre d'affaires en trois mois. Nous sommes en train de rebondir et sur 2021, nous prévoyons de remonter à des niveaux plus traditionnels, au bas mot à 8,5 millions d'euros ", rassure Vincent Gayde.

Cette optimisme lui permet d'envisager "7 à 15 recrutements" en 2021 pour renforcer son effectif de 99 collaborateurs à Ramonville, au sud de Toulouse. La société recherche un commercial et des ingénieurs en électronique (hardware ou software).

Microtec quitte Agora Industries

2021 sera une année pivot pour Microtec qui a acté fin décembre 2020 son départ d'Agora Industries. Proches de la retraite, les associés de ce groupe qui possède également la société spatiale Comat, souhaitaient céder Microtec. L'actionnaire principal de Microtec est désormais Fabrice Marchese, passé notamment par Matra électronique. Ce dernier devient le nouveau président de Microtec. Vincent Gayde qui assurait auparavant cette mission est désormais directeur général de la société.

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