New Space : Anywaves s'allie avec Syrlinks pour conquérir les Etats-Unis

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Nicolas Capet est le fondateur de la société Anywaves.
Nicolas Capet est le fondateur de la société Anywaves. (Crédits : Rémi Benoit)
Anywaves, spécialiste toulousain des antennes miniatures pour le New Space, vient de nouer un partenariat avec l'expert breton en équipements radiofréquences Syrlinks. Une alliance pour pénétrer plus vite le marché américain alors que la société table sur une production de 150 antennes en 2020. Les précisions.

C'est une étape importante dans la vie d'Anywaves. La startup toulousaine fondée en 2017 noue une alliance avec l'entreprise bretonne Syrlinks, qui deviendra le revendeur exclusif sur une bonne partie du globe de ses antennes taillées pour le New Space. "Il s'agit d'un partenariat commercial majeur pour nous avec un acteur largement reconnu dans le domaine du spatial", explique à La Tribune Nicolas Capet, le fondateur d'Anywaves.

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Avant de développer :

"Cette entreprise française fait des équipements radiofréquences sur lesquels se branchent nos antennes. Fin 2019, nous avons mis cinq antennes en orbite et livré plus de 30 modèles de vol. Nous commençons à monter en puissance sur la fabrication de ces équipements. Nous avons atteints la maturité industrielle. Maintenant, l'objectif est de mettre le cap sur l'export. Y aller tout seul coûterait beaucoup d'argent et de temps. Il faut des bureaux, embaucher des salariés, aller sur les salons, etc.

Syrlinks va nous permettre de pénétrer très vite le marché mondial, en particulier aux États-Unis. Cette société est déjà présente dans 48 pays, notamment aux USA et elle est référencée auprès de la Nasa. En proposant ce système complet avec le récepteur et l'antenne, notre produit proposera une plus forte valeur ajoutée."

Impression 3D et céramique

Anywaves conçoit des antennes miniatures (environ 1 cm d'épaisseur pour 10 cm de côté) destinées aux constellations de nanosatellites grâce à un procédé innovant.

"L'antenne est imprimée en 3D avec de la céramique haute qualité. Cette matière est très résistante aux radiations dans l'espace et ses propriétés électromagnétiques permettent de miniaturiser les antennes. L'impression 3D est une technologie très flexible et adaptée au volume de séries que nous visons (quelques dizaines voire quelques centaines de produits par an)", ajoute le dirigeant.

La jeune société ne dispose pas d'usine. L'impression de la céramique est confiée à 3DCeram (basée à Limoges) et la société toulousaine Mecano ID se charge de l'assemblage et de l'intégration de l'antenne.

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150 antennes produites en 2020

Anywaves a équipé en décembre 2019 deux missions, à savoir Eyesat et Angels. La jeune société a produit 30 antennes en 2019 et compte atteindre 150 modèles de vol en 2020. Une montée en cadences pour faire la différence sur le marché américain. "Notre objectif est de livrer très vite. Jusqu'ici, personne ne fait de stocks. Avec une production adaptée, nous serons en mesure de livrer dans des délais extrêmement courts, de l'ordre d'un mois", explique Nicolas Capet.

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Pour autant, la startup ne se positionne pas sur une gamme low-cost.

"L'une des spécificités des antennes est qu'il s'agit d'un point de panne unique. Si elle tombe en panne, la mission est finie et le satellite est perdu. Nos clients nous demandent des produits avec des durées de vie de 3 ans minimum voire 5 ou 7 ans. Nous gardons le référentiel de qualité du spatial mais en produisant avec des séries proches de l'aéronautique", complète-t-il.

Au niveau R&D, Anywaves travaille sur une antenne miniaturisée dépliable. "Certaines missions ont besoin d'antennes imposantes, parfois plus grandes que le satellite lui-même, d'où la nécessité d'antennes capables de se déployer en orbite", ajoute Nicolas Capet. Les premiers prototypes sont attendus d'ici la fin de l'année avec une qualification en 2022.

La société a pris ses quartiers de l'automne dans 300 m2 de locaux à Compans-Caffarelli. Après avoir bouclé une levée de fonds d'1,5 million d'euros, Anywaves a triplé son effectif en 2019. Elle compte désormais 17 salariés et cherche actuellement deux ingénieurs supplémentaires. L'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires avoisinant le million d'euros l'an dernier et espère le doubler en 2020.

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