Avec son tissu industriel, Toulouse fait rêver les entreprises norvégiennes

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Une centaine d'entreprises norvégiennes sont présentes en France.
Une centaine d'entreprises norvégiennes sont présentes en France. (Crédits : Reuters)
La Chambre de commerce franco-norvégienne organisait, mercredi 20 novembre, une rencontre entre l'industrie maritime norvégienne et l'industrie aéronautique toulousaine. Une quarantaine d'entreprises du pays nordique ont fait le déplacement. Convaincue de la complémentarité de ces deux industries, la Chambre de commerce cherche depuis plusieurs années à renforcer leurs liens. La ville d'Oslo et Toulouse appuient notamment ce rapprochement par le biais d'un accord de partenariat.

"Toulouse, et particulièrement avec Airbus, intrigue et fait rêver", constate Ludovic Caubet, directeur général de la Chambre de commerce franco-norvégienne. Ainsi, 40 entreprises norvégiennes du maritime et de l'énergie se sont rendues à l'Aerospace Valley à Toulouse, mercredi 20 novembre. Une visite organisée par la Chambre de commerce franco-norvégienne, autour de l'étude de coopérations possibles avec l'industrie aéronautique toulousaine. Depuis six ans, l'organisme cherche à nouer des partenariats entre ces deux industries.

"Nous voulons renforcer les liens entre ces entreprises toulousaines et norvégiennes. Leurs alliances sont sous-exploitées alors qu'elles ont tout intérêt à travailler ensemble. Elles se posent les mêmes questions, ont les mêmes challenges et les mêmes problématiques notamment sur les données. Elles ont également les mêmes besoins en matière d'automatisation, de robotique, d'intelligence artificielle et de maintenance prédictive. C'est une problématique commune aux avions et aux porte-conteneurs. Il doit y avoir un transfert de technologie et de compétences dans les deux sens. D'autant plus que ces acteurs ne sont pas concurrents mais complémentaires", explique Ludovic Caubet.

Certaines entreprises norvégiennes ont déjà saisi l'opportunité de s'allier avec des sociétés toulousaines. Norsk Hydro, groupe norvégien spécialisé dans la production de produits en aluminium, par exemple, a racheté Technal, entreprise basée à Toulouse et spécialisée dans les menuiseries en aluminium. Ou encore Norsk Titanium, entreprise norvégienne spécialisée dans la fabrication d'additifs métalliques, qui a signé un accord de coopération avec Airbus en 2010. Côté toulousain, des sous-traitants aéronautiques se tournent vers la Norvège pour se diversifier. Mais la démarche est encore rare même si les avantages à miser sur le marché norvégien sont nombreux, selon Ludovic Caubet.

"En Norvège, il y a une forte capacité d'investissement, les acteurs norvégiens aiment prendre des risques, soutenir des projets, mutualiser les risques et les compétences. Le marché est stable, riche, les gens sont carrés et le pays est considéré comme un marché test".

Toulouse et Oslo main dans la main pour lier leurs industries

Toulouse Métropole et la ville d'Oslo cherchent aussi à soutenir ces rapprochements. Elles ont signé un accord de partenariat, renouvelé cette année, qui a pour but de générer des coopérations dans des domaines de la recherche, la technologie et les process industriels voire des accords commerciaux.

"Cela fait 30 ans que la Norvège s'est rapprochée de Toulouse. C'est une ville avec une expertise dans les sciences, la Smart City et la recherche. Oslo et Toulouse se rejoignent notamment sur les mobilités, les transports verts et l'environnement. Oslo est la capitale verte européenne de 2019 et Toulouse a un agenda vert, la transition écologique est un défi à relever ensemble et c'est pourquoi nous voulons plus de coopération entre nos villes et nos entreprises", éclaire Oda Sletnes, ambassadrice de Norvège en France.

Le pays se voit déjà s'associer avec la Ville rose et sa région pour de multiples projets. Comme le parc éolien offshore dans la Méditerranée ou encore pour accompagner l'innovation dans le port connecté de Sète. Le premier porte-conteneurs autonome étant en fabrication en Norvège. Le pays nordique voit aussi dans l'industrie aéronautique toulousaine une réponse à ses problématiques de transition énergétique.

"La Norvège veut électrifier tous ses transports avant 2040. Comme Toulouse est au premier rang dans l'aéronautique sur le plan international, avec Airbus, la Norvège pourrait potentiellement s'intéresser à ses futurs avions électriques", indique Oda Sletnes.

La Norvège tournée vers la France

Si la Norvège se rapproche de Toulouse depuis quelques décennies, le pays nordique et la France ont des relations anciennes sur le plan industriel. La Chambre de commerce franco-norvégienne a fêté les 100 ans de sa création cette année. Entre les deux pays les relations sont surtout étroites dans le secteur énergétique. La France achète 40% de son gaz à la Norvège et est l'un des premiers acheteurs de saumon norvégien. Les exportations françaises vers la Norvège ont augmenté de 17,2% en 2018, grâce notamment à des livraisons d'avions fabriqués par Airbus. Et, la France pourrait prochainement intensifier ses sorties de marchandises vers la Norvège.

"Il y a un déséquilibre économique entre les deux pays. Mais, la France qui exporte des produits chimiques, de l'industrie et du transport, pourrait saisir de réelles opportunités. Dans le ferroviaire, par exemple, la Norvège prévoit d'importants investissements. De plus, deux tiers des voitures vendues en Norvège sont électriques ce qui est intéressant pour Renault et sa Zoé", affirme le directeur général de la Chambre de commerce franco-norvégienne.

Côté entreprises, la France est nettement plus implantée en Norvège. 200 sociétés françaises y sont recensées. Celles-ci sont implantées dans l'économie pétrolière (Total et Engie), dans le commerce de machines et équipements ainsi que de bois et matériaux de construction. Seulement une centaine d'entreprises norvégiennes sont présentes en France.

"La France a longtemps été oubliée des Norvégiens et inversement. La Norvège travaillait beaucoup avec l'Allemagne, les États-Unis et le Royaume-Uni mais avec Trump et le Brexit, elle s'est rapprochée de la France. La Norvège en a de plus en plus une bonne image, notamment sur le plan politique. Un fort rapprochement va être fait sur les sujets climatiques entre les deux pays", annonce Ludovic Caubet.

La Norvège a souscrit à l'Accord de Paris, premier accord universel sur le climat et le réchauffement climatique, en 2016. La France, elle, a sollicité la mobilisation des crédits du Fonds souverain norvégien pour le financement des objectifs de cet accord.

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Commentaires
a écrit le 26/11/2019 à 17:45 :
La Norvège est vertueuse en roulant électrique (ai constaté en juin que la FM était bien coupée, tout en RNT) mais le pétrole qu'elle nous vend fait du CO2 chez nous, et est comptabilisé dans chaque pays qui est client. Pour "bien faire" comme pour les nuisances provoquées par les fabrications en Chine, il faudrait tout mettre sur leur bilan. :-) Pollution déportée suite à vente de produits nuisibles.
a écrit le 25/11/2019 à 17:29 :
Et pourtant aucune liaison aérienne entre Toulouse et Oslo ni entre Toulouse et Stockholm une honte !!!
Réponse de le 26/11/2019 à 17:41 :
c'est l'effet flygskam ? Pourtant bien pratique, pour voyager loin, moins pour des sauts de puce.
Sur leMatin ch l'autre jour "Pour un couple qui veut aller aux marchés de Noël à Berlin, le prix de l'aller-retour est quasi dix fois moins cher qu'en train..." la faute aux prix aériens cassés.

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