Où en est le projet Hyperloop à Toulouse ?

 |   |  650  mots
Bibop Gresta est le cofondateur d'Hyperloop TT.
Bibop Gresta est le cofondateur d'Hyperloop TT. (Crédits : Rémi Benoit)
Deux ans après l'annonce de l'implantation de son centre européen de R&D, la société californienne Hyperloop TT poursuit la construction d'une piste d'essais à Francazal. Dans un entretien à La Tribune, son cofondateur Bibop Gresta revient sur les avancées du projet.

C'était il y a un peu plus de deux ans. Le 24 janvier 2017, la société californienne Hyperloop TT signait un accord avec Toulouse Métropole, la Région et l'État pour implanter son centre de recherche européen sur l'ancienne base militaire de Francazal, au sud de Toulouse. Objectif : y tester l'hyperloop. Ce moyen de transport futuriste doit propulser par lévitation magnétique une capsule de 30 passagers dans un tube sous vide à une vitesse pouvant atteindre 1200 km/h .

Le permis de construire obtenu en avril 2018 prévoit la reconversion de l'ancien mess des sous-officiers "de 2560 m2 en un centre de recherche et développement", la construction d'une piste d'essais au sol de 300 mètres puis d'une deuxième piste longue d'un kilomètre et surélevée par des pylônes à cinq mètres de hauteur. Avant d'entamer la construction, d'importants travaux de dépollution ont dû être menés notamment pour détecter de potentielles bombes de la Seconde guerre mondiale.

Une première piste d'essais courant 2019

Où est aujourd'hui le projet ? Dans un entretien à La Tribune, le cofondateur d'HTT Bibop Gresta explique :

"Nous sommes en train de finir la première piste à échelle réelle. Tous les composants (tubes, capsule) arrivent à Toulouse et sont en cours d'assemblage. La première piste sera prête cette année. Nous nous lancerons ensuite dans la construction de la deuxième", assure-t-il.

hyperloop tt francazal

Premiers tubes arrivés à Francazal (Crédit : Rémi Benoit).

En avril dernier, les premiers tubes de la première piste étaient arrivés par convoi exceptionnel à Francazal. Bibop Gresta atteste que "trois tubes arrivent par semaine" sur place. Le 22 janvier dernier, HTT a annoncé également sur sa page Facebook que la capsule qui transportera les passagers a été livrée.

"Elle a été transportée depuis l'Espagne où elle a été fabriquée. C'est un bijou d'ingénierie. Cette capsule mesure 32 mètres de long, 2,75 de diamètre et pèse cinq tonnes et pourra faire voyager 30 personnes en même temps. Nous avons été capables de développer une capsule avec 80% de fibre de carbone", relève le dirigeant.

L'entrepreneur table sur un début des tests sur la piste d'ici fin 2019. "Nous serons en mesure de tester et de certifier les technologies requises pour la première ligne commerciale qui sera ouverte à Abu Dhabi. Il s'agira de tests de mouvements, de pression mais aussi de tests avec des passagers humains", poursuit-il.

Quid des partenariats avec les entreprises locales ?

HTT prévoit une première ligne commerciale "de cinq kilomètres de long" à Al Ghadeer (Abu Dhabi). "Le centre ouvert aux visiteurs sera lancé en 2020 et ensuite suivant les tests de certification nous serons en mesure de transporter des passagers", précise Bibop Gresta. En revanche, "rien n'est en cours avec le gouvernement français pour lancer une étude de faisabilité sur l'Hexagone".

À ce jour, "dix ingénieurs à temps plein" travaillent depuis Francazal pour HTT. La société californienne dispose de bureaux à proximité de la tour de contrôle. Hyperloop TT fait appel également à dix contributeurs. "Ils travaillent dix heures par semaine pour nous en échange de stock-options", ajoute le responsable d'HTT. Le dirigeant nous assure que des partenariats ont été initiés avec une liste d'entreprises locales. En novembre 2017, le pôle de compétitivité Aerospace Valley avait organisé dans ses locaux des rencontres B2B entre 40 entreprises de la région toulousaine intéressées et la société californienne. En mai dernier, un partenariat avait été signé avec une société et six autres étaient en cours de discussion.

A ce jour cependant, HTT rend public seulement des partenariats stratégiques avec des entreprises hors Toulouse : le Londonien PriestmanGoode pour le design de la capsule, le Suédois Leybold pour les systèmes de gestion du vide et l'Allemand TUV Sud. La capsule a été fabriquée en Espagne par Carbures.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 06/02/2019 à 22:23 :
Si cette capsule peut transporter plus de 10 personnes, ce sera une étape importante pour le transport de passagers, même à une vitesse de 800 km / h, car pour assurer la stabilité et maîtriser les mouvements vibratoires, il est essentiel d'accroître les forces de guidages (lévitation et sustentation), bien sûr en fonction de la charge utile.
a écrit le 05/02/2019 à 7:54 :
On relève que tout sera prêt l'an prochain au plus tard, que c'est la ruche à Francazal..

Mais mieux vaut savoir que jusqu'ici, à part faire bouger un "véhicule", environ de la taille d'une caisse de bière, beaucoup moins vite que n'a atteint un TGV, aucun des constituants de la "technologie hyperloop" n'a fait ses preuves. En particulier pas la "circulation sous vide avec coussin d'air" dont le principe relève du shadokien.
a écrit le 04/02/2019 à 20:07 :
Bla-bla-bla... de la pipe comme dirait l’autre !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :