Schoolmouv lève 2,5 millions d'euros pour devenir le "Netflix de l'éducation"

 |   |  676  mots
Shannon Picardo aujourd'hui âgé de 25 ans a imaginé Schoolmouv alors qu'il révisait pour le bac.
Shannon Picardo aujourd'hui âgé de 25 ans a imaginé Schoolmouv alors qu'il révisait pour le bac. (Crédits : Rémi Benoit)
La startup toulousaine Schoolmouv annonce à La Tribune une levée de fonds de 2,5 millions d'euros. La plateforme qui propose vidéos, fiches de révision et quizz de la 6e à la terminale a déjà séduit plus d'un million d'élèves en France. Son fondateur a l'ambition de devenir "un Netflix de l'éducation".

Schoolmouv n'en finit pas de grandir. Cette plateforme éducative a été imaginée en 2013 par Shannon Picardo à l'âge de 17 ans. Alors en train de réviser pour le baccalauréat, il n'a pas les moyens de se payer des cours particuliers et décide de créer un site de vidéos pour le brevet et le bac. La particularité est que les contenus sont validés par des enseignants mais interprétés par des comédiens pour les rendre plus vivants.

Schoolmouv revendique 1 million d'élèves inscrits depuis sa création et a diversifié ses contenus avec des fiches de révision, de cours, des QCM et des exercices d'application. Les quizz sont gratuits ainsi que les cinq premières vidéos, puis une formule à 30 euros par mois est proposée (50 euros pour la formule qui inclut le tchat avec un prof).

Développer la "gamification" et une appli mobile

Shannon Picardo a maintenant 25 ans et annonce à la Tribune ce mardi 15 janvier une levée de fonds de 2,5 millions d'euros auprès de M Capital Partners, Matmut Innovation et Swen Capital Partners pour continuer à grandir.

"Notre ambition est que tous les élèves en France utilisent Schoolmouv et que cela devienne une évidence, affirme le jeune entrepreneur. Beaucoup de sites éducatifs existent mais nous sommes les seuls sur la vidéo en couvrant les programmes de la 6e à la terminale. Nous sommes un peu comme le Netflix de l'éducation. Nous allons être plus qualitatifs que les contenus proposés sur Youtube, ce qui nous permet de monétiser. L'idée aussi est de tout trouver sur notre plateforme. Là où avant pour trouver un film, il fallait chercher sur plusieurs sites de streaming le bon lien, Netflix agrège les contenus".

Schoolmouv se distingue également des traditionnels cours particuliers. "Ces entreprises reposent sur un modèle où les parents ont besoin d'être rassurés sur les résultats de leurs enfants. Sur notre plateforme, ce sont les élèves qui sont prescripteurs, ce qui est plutôt rare au niveau des cours particuliers", lance Shannon Picardo qui a déjà reçu des scans de bulletins de notes d'élèves conquis par la plateforme.

Avec la levée de fonds, le fondateur de Schoolmouv veut imaginer des exercices interactifs pour rendre plus actif l'élève et mise aussi sur la gamification avec un système de points ou de badges pour récompenser l'élève (un procédé que l'on retrouve sur des applications comme Duolingo). D'ailleurs, la plateforme aimerait aussi créer sa propre application mobile.

Une dizaine de recrutements prévus

Récemment, Schoolmouv a également développé une encyclopédie avec plus de 5 000 contenus : fiches de méthodes pour le bac et le brevet, de lecture, personnages, événements...

"La différence avec Wikipédia est que l'intégralité des contenus ont été validés par des enseignants et collent aux programmes scolaires", relève le jeune entrepreneur.

Dès la création de la startup, la jeune pousse a fait appel à Damien Jolibert, un professeur d'anglais qui gère aujourd'hui l'équipe dédiée aux contenus. Une centaine de professeurs collabore désormais avec Schoolmouv. D'autre part, la plateforme met à disposition gratuitement des ressources pédagogiques axées sur la classe inversée à destination des enseignants. 35 000 professeurs en France ont déjà créé un compte sur Schoolmouv. La société a aussi expérimenté auprès de quelques établissements des abonnements groupés. "C'est un long processus pour convaincre les chefs d'établissement, nous avons préféré nous concentrer vers le B2C", admet Shannon Picardo.

La levée de fonds va permettre également à l'équipe de s'agrandir. La startup emploie 30 personnes et vise une dizaine de recrutements dans les prochains mois : développeurs, product manageur, UX designer. Passée par TBSeeds et la colocation de startups Athome, Schoolmouv est actuellement installée dans 200 m2 de bureaux rue Bayard et recherche de 500 m2 de nouveaux locaux dans le centre-ville de Toulouse.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/01/2019 à 18:06 :
Je ne les ai en aucun cas traités de voleurs. Je pointe le fait de "revendiquer des clients" n'a aucun sens. Même si mon calcul est certainement faux, comme vous dites, le vôtre ne tient pas la route non plus même avec 100 000 client sur 3 mois cela donne 9 Millions euros de CA. Comment gérer un million de clients avec 30 employés ? Je ne remets en aucun cas le côté innovant de la boîte, je les encourage à plus de rigueur dans leur communication. On a beau parler du customer lifetime value proposer des vidéos pour des élèves comme méthode d'enseignement reste un business très difficile à monétiser. On commence à peine à comprendre les ravages des écrans sur l'apprentissage.
a écrit le 18/01/2019 à 15:22 :
Réponse au 'prof' qui fait son calcul à la hache considérant qu 1 M d'inscrits depuis le début c'est 1 M de personnes qui sont restés inscrites pendant 5 ans à raquer non stop haha ... alors qu'à l'évidence les lycéens doivent y aller 3 mois avant le bac puis se désinscrire illico et certains doivent être inscrits juste pour avoir des vids gratos...
et pensez vous qu'ils lèvent 2,5 M€ s'ils se mettaient 300 M€ de CA par an avec 30 employés ? Un petit cours par vos anciens élèves vous ferait pas de mal .. quelques notions de customer lifetime value...
Encouragez ce genre de boite innovante plutôt que de les traiter de voleurs !
Bonne journée
a écrit le 16/01/2019 à 11:39 :
Passer de 17 à 25 ans en seulement six ans ? Y a un couac dans l'opération...
a écrit le 15/01/2019 à 12:19 :
Whoaaa ! 2,5 Millions pour atteindre la taille de Netflix...
Les américains sont vraiment des crétins de lever autant d'argent, alors qu'avec trois bouts de ficèle c'est si facile ;-)
Réponse de le 16/01/2019 à 12:30 :
Donc 1 Million d'élèves à 30 euros en moyenne cela fait 30 millions d'euros de CA par mois sur 9 mois cela fait 300 millions d'euros. Je ne parle que de la moyenne. Si on compte depuis la création on risque de dépasser le milliard. Et ça médiatise une levée de fond de 2,5 M. Je ne connais pas un parent sain d'esprit qui paye des vidéos pour son gamin déjà H24 sur son smartphone. Plus c'est gros plus ça passe.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :