Airbus officialise une commande à 11 milliards de dollars

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Avant cette commande, JetBlue comptabilisait déjà au sein de sa flotte plusieurs dizaines d'engins d'Airbus.
Avant cette commande, JetBlue comptabilisait déjà au sein de sa flotte plusieurs dizaines d'engins d'Airbus. (Crédits : Airbus)
Pour lancer son année 2019, l'avionneur européen Airbus a officialisé jeudi 3 janvier la commande ferme de 120 avions A220-300. Un contrat estimé à 11 milliards de dollars. Plus précisément, deux compagnies aériennes américaines low-cost, JetBlue et Moxy, ont commandé chacune d'elles 60 appareils. Ces futures avions seront produits aux États-Unis.

Comme début de nouvelle année, l'avionneur européen Airbus pouvait-il rêver mieux ? L'entreprise dont le siège social est installé à Blagnac, à proximité de Toulouse, vient d'annoncer la commande ferme de 120 avions A220-300. Une commande estimée à 11 milliards de dollars au prix catalogue, soit 9,7 milliards d'euros. La nouvelle, officialisée jeudi 3 janvier par communiqué, concerne en réalité deux compagnies américaines low-cost. Il s'agit de JetBlue et Moxy, toutes deux fondées par David Neeleman.

Pour la première citée, Airbus vient d'acter avec cette compagnie fondée en 1999 la vente de 60 appareils. Ces futurs engins s'ajouteront à la flotte actuelle de JetBlue qui comprend déjà 193 A320 et A321ceo en service, et qui seront bientôt rejoints par 85 A321neo en commande.

"À l'approche de notre vingtième anniversaire, le caractère impressionnant de l'A220 en termes d'autonomie, de rentabilité et d'efficience, associé aux performances exceptionnelles de notre flotte actuelle d'Airbus A321 et d'A320 reconfigurés, nous permettra d'offrir à nos clients la meilleure expérience à bord et d'atteindre nos objectifs financiers à long terme tout en poursuivant à l'avenir nos objectifs de croissance rationnelle", a réagi Robin Hayes, Chief Executive Officer de JetBlue.

Les soixante autres avions A220-300 commandés sont donc destinés à la future compagnie américaine à bas-coût, Moxy. Cette dernière doit officiellement se lancer sur le marché en 2020, en se concentrant uniquement sur des vols moyens courriers entre les aéroports secondaires des États américains.

"L'A220-300 est l'avion idéal pour une nouvelle compagnie aérienne qui se concentrera sur le service et la satisfaction des passagers. Avec un faible coût d'exploitation et une cabine spacieuse, l'A220 nous permettra d'offrir aux passagers des tarifs plus bas et une expérience de vol confortable et de grande qualité. La capacité de l'A220 à fonctionner de manière rentable sur des marchés restreints et sous-desservis dans un large éventail de gammes est unique", avait alors déclaré David Neeleman, lors du salon aéronautique international de Farnborough (Angleterre) en juillet 2018.

Dans le cadre de ces deux commandes signées durant la dernière semaine décembre, "Airbus produira les A220-300 aux États-Unis sur une nouvelle chaîne d'assemblage à Mobile, dans l'Alabama. La construction du bâtiment, qui jouxtera l'actuelle usine d'assemblage de l'Airbus A320, débutera ce mois-ci (janvier 2019, ndlr)", précise l'avionneur. Une fois construite, 50 à 60 avions devraient sortir chaque année de cette nouvelle chaîne d'assemblage.

Un pari réussi pour Airbus ?

Le choix annoncé de produire cet appareil aux États-Unis est tout sauf une surprise, car du côté d'Airbus, on estime qu'environ 40% du marché pour cette gamme d'avion se trouvent dans ce pays. En effet, "l'A220 est le seul appareil fabriqué sur mesure pour le marché des 100 à 150 sièges, et qui affiche une consommation de carburant inégalée", explique Airbus. D'après ce dernier, les moteurs de nouvelle génération PW1500G Geared Turbofan de Pratt & Whitney, permettent de réduire la consommation de carburant d'au moins 20% par siège par rapport aux avions de la génération précédente.

Pour rappel, cette nouvelle gamme d'avions d'Airbus résulte de la reprise en main du programme C-Series du Canadien Bombardier, annoncée en juillet 2018. L'avionneur européen affichait alors l'ambition de gonfler rapidement le carnet de commandes pour ce programme, qui compte seulement 402 avions commandés depuis 2016. Afin d'y parvenir, une réorganisation de la chaîne d'approvisionnement est notamment en cours.

"Avec un carnet de commandes de plus de 500 appareils à ce jour, l'A220 a toutes les qualités requises pour gagner une grande part du marché des avions de 100 à 150 sièges, qui, d'après les estimations, devrait représenter au moins 7 000 appareils dans les 20 prochaines années", analyse l'avionneur.

Lire aussi : Airbus sous le coup d'une procédure judiciaire lancée par les États-Unis

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Commentaires
a écrit le 06/01/2019 à 17:47 :
Airbus a du soucis à se faire car la Chine lui vole allègrement son savoir-faire. Pour en savoir plus, lisez l'excellent "L'empreinte du Dragon" de Jean Tuan chez CLC Editions. Jubilatoire !
a écrit le 05/01/2019 à 12:47 :
A220 de chez Bombardier qui va siphonner la gamme Airbus série A319...
Résultat final : plus d’avions made in USA et moins d’avions made in EU
a écrit le 05/01/2019 à 10:07 :
Au sujet de Blagnac et de l'Airbus A320, lisez l'excellent "L'empreinte du Dragon" de Jean Tuan chez C.L.C. Editions. Vous saurez tout sur la façon dont la Chine a mis la main sur l'aéroport toulousain et comment elle a copié l'Airbus A320 pour développer son propre avion commercial ! Un régal de lecture...
a écrit le 04/01/2019 à 17:07 :
Les compagnies aériennes européennes pourraient commencer à réfléchir, sous la pression de la commission européenne, à contraindre Boeing à installer une usine en Europe pour que les compagnies européennes achètent des Boeing (et plus tard idem pour la Chine et Comac). Ce que font sans problème les chinois et les étasuniens.
a écrit le 04/01/2019 à 16:17 :
Dernières années d' Air'Bus : comme les TGV ( chine n°1 ) technologie Air'Bus offerte à la Chine.
a écrit le 04/01/2019 à 16:13 :
Airbus ne vend que des A320 qui financent la société. Quid des autres appareils qui semblent être commandés à dose homéopathique sans même parler de l'A380.
a écrit le 04/01/2019 à 15:18 :
Cocasse le traitement de la vente d'avions par les médias de masse:

Première campagne médiatique: "on nous a acheté des avions !"

Deuxième campagne médiatique: "on nous a confirmé la commande des avions"

Troisième campagne médiatique: "on nous a payé les avions !"

Du coup on pourrait croire que l'on vend sans arrêt des avions. L'information est quand même particulièrement mal traitée par les médias mais démontre comme nous sommes encore loin de nous débarrasser du lobby pétrolier.

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