Covoiturage : un assistant intelligent pour fluidifier le trafic autour de Blagnac

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Les fondateurs de l'application de coovoiturage Karos, Tristan Croiset à gauche et Olivier Binet à droite.
Les fondateurs de l'application de coovoiturage Karos, Tristan Croiset à gauche et Olivier Binet à droite. (Crédits : Neway Partners)
Depuis un mois, l’application de covoiturage Karos propose aux employés de la zone aéroportuaire de Blagnac de faire la route ensemble. Une initiative liée au projet Commute qui vise à fluidifier la circulation dans ce territoire où travaillent près de 40 000 personnes. Mais l’application intelligente qui intègre le réseau de transports en commun dans ses parcours est ouverte à tous.

"Un assistant intelligent de mobilité". C'est ainsi qu'Olivier Binet, co-fondateur de l'entreprise Karos, présente l'application de covoiturage éponyme qu'il a lancé au début de l'année 2016 avec Tristan Croiset, son associé.

"Nous avons développé une technologie qui enregistre les habitudes de mobilité en terme d'horaires des utilisateurs pour anticiper leurs besoins et proposer des chauffeurs à l'heure qui leur convent", précise Olivier Binet.

L'application se démarque des concurrentes (comme Blablacar ou Coovia) en intégrant une partie du réseau de transports en commun de Tisséo (métro, tram et Linéo). Ainsi, quand un utilisateur fait une recherche de trajet, Karos pourra lui proposer de faire la route avec plusieurs chauffeurs en covoiturage, et même de mixer covoiturage et transports en commun.

Karos compte désormais 5 000 utilisateurs dans l'agglomération toulousaine, dont un millier travaille au sein de la zone aéroportuaire de Blagnac, un secteur touché quotidiennement par les embouteillages.

40 000 employés visés pour réduire les embouteillages

En effet, depuis le début du mois de septembre 2018, ce système de covoiturage est proposé aux 40 000 employés de la zone aéroportuaires de Blagnac, travaillant pour quatre entreprises à savoir Airbus, Aéroport Toulouse-Blagnac, ATR et Safran. Implantées dans la zone, ces entreprises communiquent auprès de leurs employés pour favoriser le covoiturage, à travers cette application, dans leurs déplacements quotidiens.

"Nous voulions une application qui apporte de la souplesse à nos collaborateurs et qui lève les principaux freins au covoiturage, comme le risque de ne pas trouver de voiture, ou d'être contraint par des horaires", explique Christine Cochelin, responsable de projet à Safran.

Les employés de ces entreprises de la zone aéroportuaire ont en moyenne 15 propositions de trajets lors de leurs recherches et l'employeur prend en charge une partie du coût du trajet. Surtout, l'application propose à aux employés l'assurance de pouvoir rentrer chez eux avec un VTC s'il n'y a pas de covoiturage, à la charge de l'employeur également.

De manière plus globale, le déploiement de Karos entre dans le cadre du projet Commute. Un projet qui a pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de fluidifier la circulation au nord de Toulouse. Le projet Commute, qui compte d'autres initiatives comme l'encouragement du télé-travail et le déplacement à vélo, est financé par l'Union européenne à hauteur de cinq millions d'euros sur trois ans. Des fonds obtenus suite à une issue favorable lors d'un appel à projets européen.

140 000 utilisateurs dans toute la France

Mais l'application Karos n'est pas utilisée uniquement à Toulouse. L'entreprise qui a façonné l'application propose ses services sur environ mille sites en France et recense près de 140 000 utilisateurs dans l'Hexagone. Ils font appel à l'application en moyenne cinq fois par semaine. "On a un engagement important de nos utilisateurs. Ils entrent dans une forme d'habitude. Dans 70% des cas, ils continuent de covoiturer quatre mois après leur première utilisation", selon Olivier Binet.

"Karos est né du constat qu'en dehors des centres urbains, vous avez d'une part beaucoup de gens qui ont du mal à se déplacer en transports en commun car ils ne sont pas partout, et d'autre part, des véhicules qui circulent avec des sièges libres. On s'est demandé comment développer une technologie pour exploiter ces sièges libres dans ces zones périurbaines", raconte le dirigeant diplômé d'HEC qui a rencontré son associé sur un réseau social professionnel.

Avec son concept, l'entreprise crée il y a quatre ans connaît une croissance de l'ordre de 5 à 10% par semaine de son nombre d'utilisateurs. Pour assurer son bon fonctionnement, 30 personnes travaillent pour la société implantée dans le 18e arrondissement de Paris. Et l'équipe doit s'agrandir prochainement. En effet, la société est à la recherche d'un commercial à Bordeaux et un autre à Toulouse.

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