Un simulateur d’entretien d’embauche conçu par le Toulousain Bizness

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Le simulateur Skillgym sera bientôt disponible dans 60 pays.
Le simulateur Skillgym sera bientôt disponible dans 60 pays. (Crédits : Rémi Benoit)
En pleine croissance, la société toulousaine Bizness est à l’origine d’un simulateur d’entretien d’embauche interactif, qui a séduit des dizaines de milliers d’utilisateurs depuis sa mise en service. L'entreprise devrait dépasser les 10 millions d’euros de chiffre d'affaires à la fin d’année 2017.

Cette application est la plus utilisée de toutes sur la plateforme Pôle Emploi Store, plateforme qui réunit tous les services numériques aidant à la recherche d'un emploi. Depuis sa création à la fin de l'année 2015, le simulateur d'entretien d'embauche Skillgym a séduit 80 000 utilisateurs. Mis au point par l'entreprise toulousaine Bizness et la startup italienne Lifelike, "ce simulateur a pour but d'entraîner les utilisateurs à des situations de notre quotidien qui sont l'entretien d'embauche et l'entretien avec un client. Les personnes se donnent beaucoup de mal pour obtenir un tel rendez-vous mais ne le prépare pas", estime Bruno Sola, fondateur de Bizness.

Utilisable sur smartphone, tablette et ordinateur, Skillgym propose une simulation d'une durée moyenne de 20 minutes, avec 12 algorithmes différents et 16 millions de combinaisons possibles, ce qui garantit un effet de nouveauté à chaque utilisation.

"Durant l'entretien, à chacune de ses interventions, l'apprenant a le choix entre trois réponses différentes minimum. Pour le moment, les échanges entre son interlocuteur virtuel, doté d'un système d'intelligence artificielle, et lui se font tactilement. Mais la reconnaissance vocale est en projet", assure Bruno Sola.

Une fois l'entretien achevé, l'élève s'auto évalue, avant de recevoir un diagnostic et des conseils de la part de son coach digital.

"Il faut, en moyenne, entre 10 et 15 simulations pour noter de réels progrès chez un utilisateur, entre la prise de conscience de ce qu'il doit améliorer, la modification de son comportement et la validation de ses nouveaux acquis".

À noter que certaines entreprises clientes de Bizness utilisent ce simulateur comme un outil de recrutement, en demandant au candidat de faire une simulation avant d'obtenir un éventuel entretien. "Mais Skillgym n'a pas vocation à remplacer l'entretien RH", tient à rassurer Bruno Sola.

Principalement utilisée en France aujourd'hui, cette innovation a vocation à être internationalisée. "Pôle Emploi nous a demandé de développer Skillgym en plusieurs langues afin d'encourager les Français qui souhaitent s'expatrier pour des raisons professionnelles et d'aider ceux déjà sur place", raconte le dirigeant. L'outil est actuellement accessible en français, anglais et allemand et devrait être disponible dans 60 pays à la fin de l'année 2018.

"Dépoussiérer la formation"

Mais l'entreprise qui a participé au CES de Las Vegas début janvier 2017 propose d'autres outils de formation. Bizness conçoit notamment des podcasts de moins de cinq minutes pour faire un zoom sur une situation particulière, comme la gestion du temps par exemple, afin d'en faire une fiche pratique. Elle propose également de "l'immersive learning", de l'apprentissage et de la formation en immersion grâce à un casque de réalité virtuelle, toujours en confrontant l'usager à des situations du quotidien. La société surfe aussi sur la vague des cours en ligne nouvelle génération, les MOOC, avec des fiches pratiques, des vidéos, des exercices et des quizz.

"Depuis notre création en 2007, qui coïncide avec la sortie du premier Iphone d'Apple, nous étions persuadés que la révolution numérique allait changer la formation. Et c'est un fait : on ne forme plus aujourd'hui comme on formait hier. Notre ambition est donc de dépoussiérer la formation en proposant des formations nouvelle génération", lance Bruno Sola.

Cependant, ce dernier estime que les formations physiques ne sont pas négligeables. "Le numérique est là pour faciliter la formation de l'apprenant", et Bizness propose donc à ses clients des formations  "classiques", en complément de son offre numérique. Une recette qui semble fonctionner pour le moment avec près d'un million d'utilisateurs prévu à la fin de l'année 2017, contre 500 000 utilisateurs à la mi-2016, et des clients comme Monoprix, Vinci, Pôle Emploi, Allianz ou Crédit Agricole entre autres.

Bruno Sola, fondateur Bizness

Bruno Sola dans les locaux de Bizness à Toulouse. / Rémi Benoit

"En recrutement permanent"

Les produits numériques proposés par l'entreprise Bizness sont développés et conçus en interne par sa filiale Jump, labellisée French Tech en 2016. "Notre propre usine digitale", comme tient à l'appeler Bruno Sola. Mise en place en 2012, Jump est une équipe de dix personnes regroupant motion designer, développeur du web, webdesigner et data scientists notamment.

"Cette particularité nous permet de garder la mainmise sur nos innovations et d'importer des nouveaux métiers dans le domaine de la formation. Auparavant, les métiers du numérique ne travaillaient pas pour la formation".

Dotée de bureaux à Toulouse (son siège, NDLR), Paris et Lugano (Italie), Bizness vient en plus de mettre à disposition de Jump de nouveaux bureaux de 120 m2, sur les allées François Verdier à Toulouse, pour accompagner la forte croissance que connaît le groupe. "En 2016, nous avons réalisé un chiffre d'affaires de 8 millions d'euros et pour l'année 2017, il devrait se situer entre 10 et 11 millions d'euros. Sur les deux dernières années, nous avons connu une croissance économique de 46 %. Par conséquent, nous sommes en recrutement permanent". En effet, Jump a lancé le recrutement de sept personnes, tandis que Bizness qui emploie déjà 32 personnes à Toulouse recherche également sept futurs salariés. Le groupe fait également appel à une soixantaine d'intervenants extérieurs pour ses formations.

Par ailleurs, afin de poursuivre et maintenir la forte croissance économique de son activité, l'équipe dirigeante de Bizness se dit "ouverte à des accélérateurs de croissance".

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