Combien gagnent les 150 chauffeurs Uber de Toulouse ?

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(Crédits : REUTERS/Tyrone Siu)
Uber compte environ 150 chauffeurs à Toulouse. Un nombre insuffisant selon la plateforme américaine qui souhaite en recruter plusieurs centaines. Pour attirer des volontaires, la société fait un tour de France et met en avant la liberté d'entreprendre et l'indépendance de ses chauffeurs-entrepreneurs. Mais elle reste discrète sur la question de leurs revenus.

Un acteur VTC (voiture de transport avec chauffeur) comme les autres, c'est ainsi qu'Uber France veut qu'on le considère dorénavant. "Uber n'est plus le Airbnb du VTC depuis qu'Uber Pop a été interdite, note l'économiste de la Toulouse School of Economics Augustin Landier. Avec Uber X, c'est un modèle professionnel."

L'économiste intervenait lors d'un événement organisé la semaine dernière par Uber à Toulouse. Missionné par la plateforme américaine pour étudier le profil des plus de 14 000 chauffeurs qui utilisent Uber, il a déterminé que "presque 50 % des 705 chauffeurs interrogés travaillent plus de 30 heures par semaine" et que "pour 71 % d'entre eux, la majeure partie de leurs revenus provient de leur activité via la plateforme Uber X".

Plus jeunes (en majorité moins de 40 ans) et plus formés "que la moyenne de la population active et a fortiori que les chauffeurs de taxis traditionnels", ces chauffeurs seraient aussi plus exposés que la moyenne au chômage car "25 % des chauffeurs qui utilisent Uber X étaient au chômage avant qu'ils ne commencent à utiliser la plateforme".

Conclusion de l'économiste dans son étude :

"Un partenaire Uber type qui perdrait son activité aurait encore 40 % de chances d'être au chômage après 12 mois. Ce résultat est particulièrement alarmant étant donné que le gouvernement français a récemment suggéré qu'il commencerait à mettre en place des mesures contraignantes contre une grande partie de ce sous-groupe de chauffeurs professionnels".

Combien gagnent les chauffeurs Uber ?

En se basant sur le rapport parlementaire du député Thomas Thevenoud, Augustin Landier estime que dans le contexte d'une croissance exponentielle du secteur et d'un faible nombre de taxis, "il y a un potentiel de 35 000 à 70 000 créations d'emplois de VTC" en France.

Pour être tout à fait précis, le député socialiste notait en 2014 à la page 37 de son rapport parlementaire que "la création de 68 000 emplois de chauffeurs supplémentaires (taxis ou VTC, NDLR) serait nécessaire pour que l'offre à Paris et en petite couronne égale celle de New York".

"Prêt à répondre aux besoins de mobilité de tous les Français", Uber s'est donc lancé dans un tour de France baptisé "70 000 entrepreneurs" organisé avec d'autres acteurs du transport. L'objectif : créer des vocations de chauffeurs-entrepreneurs. Liberté d'entreprendre, indépendance, flexibilité... l'argumentaire est bien rôdé. Reste une question fondamentale et quelque peu escamotée : combien gagnent les chauffeurs qui utilisent principalement Uber ?

"C'est la limite de notre étude, on ne sait pas combien ils gagnent car on ne connaît pas ce qu'ils payent pour leurs voitures par exemple. On ne peut convertir en un équivalent Smic horaire", reconnaît Augustin Landié.

Dans son étude, l'économiste de TSE cite pourtant un revenu horaire moyen de 19,90 euros pour les chauffeurs utilisant UberX à Paris en 2015. La commission de 20 % d'Uber est déduite de cette somme, mais ce n'est pas le cas des frais d'assurance, d'entretien, d'amortissement et de carburant des véhicules, qui peuvent représenter des sommes importantes.

D'après Raphaël Morel, le responsable d'Uber pour Toulouse, Bordeaux et Nantes, les 100 à 150 chauffeurs de la plateforme à Toulouse réaliseraient entre 1 et 1,5 course par heure pour 13-15 euros chacune. Pour 8 h par jour, 5 jours sur 7, pendant un mois, un chauffeur percevrait 2 880 euros après avoir payé les 20 % de commission à Uber. Une somme dont il devrait encore déduire les frais cités ci-dessus.

D'après un article de BuzzFeed News, le revenu horaire après dépenses des chauffeurs Uber de Denver, Detroit et Houston serait de moins de 13,25 dollars de l'heure (11,9 euros de l'heure). À ce tarif-là, les vocations seront sûrement moins nombreuses qu'espérées par Uber.

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Commentaires
a écrit le 12/01/2017 à 15:22 :
bonjour cher collègue de toulouse,je voudrais savoir combien peut gagner un vtc sur toulouse????
a écrit le 19/09/2016 à 21:51 :
Et les charges, rsi et parfois plus de 20%de commission on en parle pas dans l'article, le taux horaire toutes charges déduites est plus proches de 6€ qu'autre choses, honte à uber qui tue les taxi, la grande remise et même la petite remise qui en plus entraînent des gens qui veulent s'en sortir au fond du trou avec en plus un partenariat qui est tout simplement un salariat dissimulé sans contrat qui leurs permets de black lister les gens pour un oui ou un non mais bon on est des moutons, il y des nouvelles elles applications plus respectueuses sur le marché et tout le monde reste chez les exploitants d'esclaves qui y croive car souvent non pas de comptable et ne réalise pas avant de finir endete tout comme uber mais nous nous ne somme pas financé, alors si quelqu'un a une idée pour instaurer un numerus clausus ou surtout appeller tout les chauffeurs sur le marché vtc actuel à quitte ces applications pour de moins gourmandes avec des tarifs correct qui nous permettrons d'ailleurs de pouvpir se re placer sur des mises à dispositions etc avec des clients privé, je serais extrêmement heureux que cette personne se montre..
a écrit le 30/06/2016 à 3:15 :
Dans l'exemple de l'avant-dernier paragraphe, les 2880 euros que pourrait toucher le chauffeur, après avoir payé les 20 % de commission Uber et les frais généraux, doivent en outre être défalqués des charges sociales (du moins j'espère). Ce qui ne fait pas bézef à l'arrivée, peut-être moins de 1000 euros net...
a écrit le 29/06/2016 à 23:52 :
Tant que vous pensez tous qu'un chauffeur Uber génère moins de 3K de CA par mois, tout va bien .
Comment une 'étude' peut elle fournir des chiffres si peu fondés ? 3K de Chiffre d'Affaire mensuel avec une location de voiture qui frôle les 2K, enlevez les 50% de charges patronales et salariales sur ce qu'il reste et on frôle les 500€ Net par mois ? Echangez avec des chauffeurs Uber, vous comprendrez pourquoi ils font ce métier !
a écrit le 29/06/2016 à 19:38 :
Cet article pose une très bonne question. Deux commentaires :
- apparemment, les chauffeurs Uber peuvent gagner un peu mieux leur vie que ne l'indique l'article en acceptant des horaires non standard, et notamment en travaillant le samedi en soirée, où il y a une vraie demande. En ce sens, Uber répond encore plus et mieux aux besoins que ne couvrent pas les taxis.
- la question du véhicule est importante. La règlementation VTC les oblige à avoir des véhicules chers : plus de 4,50 m et 120 ch, ce qui est absurde (et anti-environnemental). Cette question doit être soulevée, notamment par les économistes soucieux du bon fonctionnement de la concurrence...
a écrit le 29/06/2016 à 17:40 :
le mieux est il d'etre au chomage ou d'avoir un job a 2880 euros par mois, comme decrit dans l'article ?
Réponse de le 30/06/2016 à 5:17 :
2800€
-800€ de vehicule
-500€ de carburant
- 200€ d'assurance
Pressing bonbon bouteille d'eau entretien voiture
( je ne parle meme pas de rsi plus tva...)
Il reste meme pas 1000€

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