Cauquil, pionnière de l'industrie du futur pour résister dans la filière aéronautique

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Le directeur de Cauquil Marc Alaux, le préfet de la région LRMP Pascal Mailhos et le PDG de la société Didier Cauquil
Le directeur de Cauquil Marc Alaux, le préfet de la région LRMP Pascal Mailhos et le PDG de la société Didier Cauquil (Crédits : FG)
L'entreprise familiale Cauquil a engagé depuis 2010 une automatisation des postes de travail, cinq ans avant le plan gouvernemental pour développer l'Industrie du futur. Cette stratégie s'avère payante pour résister à la guerre des prix dans la supply chain aéronautique toulousaine. La société, spécialisée dans l'usinage de pièces mécaniques, embauche et développe des synergies avec le spécialiste de la tôlerie Simair, racheté comme elle par Nisima l'an dernier.

"L'industrie 4.0, ici ça fait depuis 2010 qu'on y travaille !", lance Didier Cauquil, PDG de l'entreprise du même nom. Fondée en 1947 à Mondouzil (à l'est de Toulouse), cette PME familiale s'est développée sous trois générations de Cauquil avant d'ouvrir son capital à Natixis en 2005 puis d'être rachetée l'an dernier par la holding Nisima. La société s'est spécialisée dans l'usinage de pièces mécaniques pour l'aéronautique, à destination de sous-traitants d'Airbus comme Latécoère ou Stelia. En quelques années, elle est surtout devenue une usine pionnière en matière d'innovation. C'est à ce titre que l'usine a reçu le 17 mai la visite du préfet de Région Pascal Mailhos pour saluer un exemple réussi d'Industrie du futur. En avril 2015, le président de la République François Hollande avait lancé en grande pompe à Figeac, dans le Lot, une alliance d'entreprises pour développer en France l'Industrie 4.0.

Précurseur dans l'automatisation

Chez Cauquil, depuis 2010, le papier a quasiment disparu de l'entreprise. "Nous utilisons un logiciel qui nous permet de connecter toutes nos machines, décrit Didier Cauquil en parcourant les allées de l'usine. Chaque machine est reliée à un ordinateur d'où l'opérateur peut suivre tout le processus de production. Les salariés travaillent en journée et, la nuit, les machines continuent de tourner toutes seules en faisant les trois-huit." L'automatisation s'étend aussi au contrôle des pièces et des outils. "Le risque, c'est que l'outil trop usé casse. Or, la mesure des outils nous coûte très cher. Avec l'automatisation, nous économisons 10 à 15 % sur cette tâche et nous gagnons en volume horaire 20 à 30 % de temps", poursuit le dirigeant.

Des économies de papier, de temps, d'argent, mais aussi une manière pour l'entreprise de parer à la pénurie de main d'œuvre. "Avec les agences d'intérim, nous arrivons sans trop de difficultés à trouver des opérateurs pour le fraisage mais nous avons plus de difficultés pour les postes très spécifiques. Par exemple, cela fait 4 ans que nous recherchons un responsable de méthodes", explique le directeur Marc Alaux.

Des machines pour aider à recruter

L'automatisation permet en partie de régler ces problèmes de recrutement : "Avant, nous avions besoin de profils ayant suivi une formation technique très spécialisée pour l'usinage. Aujourd'hui, nous accueillons des BEP, des CAP ou des étudiants...

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