Le réseau d'autostop Rezo Pouce s'allie avec la multinationale Transdev

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Rezo pouce veut lancer une application mobile d'ici à la fin de l'année.
Rezo pouce veut lancer une application mobile d'ici à la fin de l'année. (Crédits : DR)
Lancé en 2010 dans le Tarn-et-Garonne, le réseau d'autostop Rezo Pouce s'apprête à signer un accord de partenariat avec Transdev, un des leaders mondiaux des transports publics. Ce service pratiquement gratuit a pour vocation de proposer une offre complémentaire de transports en commun dans les zones rurales ou périurbaines. Grâce au partenariat, Rezo Pouce espère renforcer son déploiement national et lancer une application dédiée.

La belle histoire se poursuit pour Rezo Pouce. Ce réseau d'autostop lancé en 2010 par Alain Jean, alors conseiller municipal à Moissac dans le Tarn-et-Garonne, va signer ce lundi 25 janvier un accord de partenariat avec la multinationale Transdev. Filiale de la Caisse des Dépôts et de Veolia, Transdev exploite 43 000 véhicules de transports en commun et 22 réseaux de tramway dans 19 pays, ce qui en fait l'un des leaders mondiaux de la mobilité.

Une offre complémentaire dans les zones rurales

Transdev a investi 7 000 euros dans le capital de la société coopérative (SCIC). Par le biais de sa filiale Cityway, elle va également aider Rezo Pouce à développer, d'ici à fin 2016, une application dédiée pour que les adhérents repèrent les conducteurs ou les passagers disponibles pour pratiquer l'autostop.

"C'est un accord gagnant-gagnant, se félicite Alain Jean. Ce groupe va nous apporter une aide financière directe et un accompagnement technique. Le partenariat va permettre à Rezo Pouce de démultiplier sa présence au niveau national en s'appuyant sur les nombreuses implantations locales du groupe Transdev. Nous allons pouvoir également chacun donner de la visibilité à cet accord."

En revanche, le fonctionnement du réseau restera le même. Après s'être inscrit sur le réseau, l'autostoppeur se rend vers l'un des arrêts "sur le pouce", signalés par un panneau au bord de la route. De son côté, le conducteur colle un autocollant à l'effigie de l'association sur son pare-brise et peut prendre des passagers aux arrêts d'autostop sur son trajet. Le passager est incité à donner une petite contribution pour partager les frais d'essence : 50 centimes pour moins de 10 kilomètres et 3 euros pour une trentaine de kilomètres parcourus.

Loin de concurrencer les sites de covoiturage ou les bus de Transdev, Rezo Pouce se positionne comme un réseau de proximité à destination des zones rurales ou périurbaines, mal pourvues en transports en commun.

"L'intérêt du côté de Transdev est de pouvoir développer un nouveau moyen de transport dans les zones où son offre de bus est moins dense", poursuit Alain Jean.

À l'image de la SNCF, qui a signé l'an dernier des accords avec la plateforme de location de voiture entre particuliers Ouicar, le groupe Transdev se rapproche à son tour d'une initiative de l'économie du partage en pleine réussite.

"Aujourd'hui, la question des transports et de la mobilité est pensée comme un sujet global puisqu'il est possible de combiner un mode de transport classique et des outils plus alternatifs. Rezo Pouce vient en complément de nos offres de transports, notamment dans les zones moins bien couvertes. Nous allons informer et sensibiliser à la fois les collectivités et les voyageurs de l'existence de ce réseau d'autostop", explique Laurence Broseta, directrice générale France de Transdev.

900 communes couvertes d'ici à fin 2016

Actuellement, le service Rezo Pouce est utilisé par 1 700 personnes réparties dans 140 communes à travers la France. "Les collectivités signent un accord de partenariat pour déployer le service dans leur ville. Par exemple, cela revient à un abonnement de 3 500 euros l'année pour une commune de 20 000 habitants. C'est une somme modique car nous sommes avant tout un service public. Nous ne nous fixons pas un objectif de chiffre d'affaires colossal comme pourrait le faire une startup", détaille le fondateur de Rezo Pouce.

En zone rurale, l'investissement est rentable. Les utilisateurs attendent en moyenne entre deux minutes sur les axes principaux et huit minutes sur les routes moins fréquentées avant d'être pris en stop. En revanche, le déploiement est plus lent en zone périurbaine. "Avec le Sicoval, nous avons mis en place une dizaine d'arrêts entre Saint-Orens et Revel. Nous avons également installé des arrêts entre les sites d'Airbus, mais c'est plus long à se développer. Nous travaillons avec Transdev, chargé de la desserte de navettes pour le compte d'Airbus, afin de sensibiliser les salariés aux modes de transports doux", observe-t-il.

Le service est en cours de déploiement dans 350 communes supplémentaires et la société coopérative table sur 900 communes couvertes d'ici à fin 2016. Un déploiement très rapide qui devrait multiplier par 3 ou 4 le nombre d'utilisateurs en l'espace d'un an. Rezo Pouce emploie à l'heure actuelle 5 salariés mais son déploiement génère de nouveaux emplois dans les collectivités. Alain Jean estime ainsi que "20 à 30 emplois d'agents de mobilité devraient être crées indirectement par Rezo Pouce".

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Commentaires
a écrit le 25/01/2016 à 19:15 :
Membre d'un collectif travaillant sur la problématique des transports en zone rurale, dans le Haut Clunisois, nous serions intéressés par bénéficier de ce dispositif. Comment rentrer directement en contact avec vous

Merci
Réponse de le 26/01/2016 à 9:58 :
Bonjour, voici : REZO POUCE
Tel. : 0563050800
E-mail :
contact@rezopouce.fr

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