Entreprises : les 20 champions de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées

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(Crédits : Rémi Benoit - DR)
Aéronautique, santé, viticulture, agroalimentaire, nouvelles technologies... La nouvelle région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, née le 1er janvier dernier, possède des fleurons de l'industrie et des pépites de demain. Tour d'horizon des vingt groupes et entreprises qui font l'économie du territoire.

Airbus Group, l'Europe qui gagne

C'est l'acteur fort de l'économie du territoire midi-pyrénéen, le symbole de l'Europe qui gagne. Airbus Group (ex-EADS) emploie environ 27 000 personnes dans l'agglomération toulousaine. En 2014, le groupe, dont le siège social est implanté à Blagnac, a enregistré un nouveau record avec 629 appareils livrés à 89 clients. Par ailleurs, 1 456 commandes nettes ont été enregistrées. C'était la deuxième meilleure année de tous les temps pour Airbus, qui avait déjà atteint un record en 2013. Et si 2014 a été marquée par la livraison de l'A320 Neo, 2015 a été l'année de la montée en cadence pour le groupe européen. Airbus Group, qui a embauché plus de 18 000 personnes au cours des cinq dernières années, est prêt à relever le défi.

AdVini, le négociant multicartes

Revendiquant lui aussi le rang de 3e groupe français de vins, AdVini, né du rapprochement en 2009 entre les groupes Jeanjean (Languedoc) et Laroche (Chablis), a aussitôt fixé un plan ambitieux, "Opus Vini 2015", qui doit le mener à cette date au-delà des 300 millions d'euros. Pour l'heure, le négociant a réalisé 221 millions d'euros en 2014. Avec 1 800 ha de vignes, AdVini est ancré sur de nombreux terroirs (Châteauneuf-du-Pape, Saint-Émilion, Cahors, Languedoc, Roussillon...) et dans le Nouveau Monde, avec deux domaines au Chili et en Afrique du Sud. En 2014, le groupe a poursuivi une stratégie d'infiltration tous azimuts, que ce soit dans le Bordelais (reprise de la distribution des Domaines Lapalu) ou la vente par correspondance (rachat du Club français du Vin).

Altrad, un insatiable géant

En absorbant, le 17 mars 2015, le Néerlandais Hertel, Altrad a subitement doublé de taille, atteignant le périmètre de 1,6 milliard d'euros et 1 700 salariés. Il s'agit, selon le pool bancaire qui a financé l'opération (230 millions d'euros, dont 100 millions d'euros en renforcement de fonds propres), "d'une levée de fonds majeure sur le marché français du capital investissement". Presque de la routine pour le groupe montpelliérain, n°1 des échafaudages en Europe. Depuis sa création en 1985, il n'a cessé de croître, par fusions-acquisitions, agrégeant 110 filiales réparties sur autant de pays. Son président, le bédouin syrien d'origine Mohed Altrad, a reçu le prix d'Entrepreneur de l'année, décerné par Ernst & Young en 2014 pour distinguer cette trajectoire sidérante.

Andros, l'empire du goût

Le groupe lotois cultive la discrétion. Pourtant, avec 5 000 salariés et un chiffre d'affaires supérieur à 1,5 milliard d'euros, Andros est l'un des acteurs industriels les plus importants de l'ancienne région Midi-Pyrénées. Ses spécialités : les compotes, les confitures et les biscuits. Ce poids lourd de l'industrie agroalimentaire, fondé en 1960, détient aujourd'hui les marques Pierrot Gourmand, Bonne Maman, Mamie Nova et Andros. Le groupe compte 25 usines à travers le monde et réalise 40 % de son chiffre d'affaires à l'international.

Appart'City, la "chaîne des cathédrales"

2 + 3 = 1. Telle est l'équation réussie par le Nantais Appart'City et le Montpelliérain Park&Suites en fusionnant en avril 2014. Respectivement n°2 et n°3 des appart-hôtels à vocation d'affaires jusqu'alors, ils ont formé un nouveau colosse (13 600 "clefs" ou appartements), surpassant l'ancien leader du secteur, Adagio (9 200). Confirmé à Montpellier en septembre, le nouveau siège emploie 120 des 945 salariés du groupe. Le PDG Pierre Denizet affirme qu'il veut démocratiser le concept, en créant des résidences "à l'ombre de chaque cathédrale". Au-delà des voyageurs d'affaires, Appart'City (CA 2014 : 180 millions d'euros) veut élargir sa cible à la clientèle loisirs, dans les villes de plus de 250 000 habitants. Son réseau compte 118 résidences hôtelières (125 d'ici à 2017).

ATR, une croissance qui décolle

1,8 milliard de dollars : c'est le chiffre d'affaires enregistré par ATR en 2014. Des résultats records pour le numéro un mondial des avions régionaux à turbopropulseurs. "Les ATR sont aujourd'hui les avions préférés pour les réseaux court-courrier, commente Patrick de Castelbajac, président exécutif de la société basée à Blagnac, joint venture entre Airbus Group et Alenia Aermacchi. Nous continuons à augmenter nos cadences de production, à développer nos appareils et à accroître notre présence à travers le monde." Le prochain objectif de la société ? Passer la barre des 2 milliards de dollars de chiffre d'affaires et à plus long terme, vendre plus de 1 700 avions dans les quinze prochaines.

Bastide exploite l' "or gris"

La France vieillit et le Languedoc-Roussillon comptera 10,8 % de personnes âgées de 80 ans et plus en 2040. Sur le marché de la silver économie, estimé à 4 milliards d'euros, la société nîmoise Bastide Le Confort Médical (1180 salariés) réalise un chiffre d'affaires de 152 millions d'euros, en hausse de 14 %. Elle dispose donc d'une forte marge de progression sur son cœur de métier : la location-vente de matériel médical pour le maintien à domicile (64 % du CA semestriel, à 89 millions d'euros). La société a aussi évolué vers de nouveaux axes, tels que l'assistance respiratoire et la nutrition-perfusion. Le groupe de Guy et Vincent Bastide reste sur un rythme de 4 à 6 nouveaux franchisés par an, avec une pointe prévue à 10 ou 15 ouvertures en 2015. Le réseau devrait alors atteindre le seuil des 60 implantations.

Cémoi, le succès au goût chocolat

Marque emblématique depuis 1919, Cémoi reste fidèle à un principe, moteur de sa croissance : éveiller le goût du public aux variantes du chocolat (haut de gamme, marques distributeurs, confiseries). La société catalane s'en donne les moyens : avec un investissement de 120 millions d'euros en dix ans, Cémoi a construit un outil de production intégré, de la 1e à la 2e transformation (de la fève de cacao à la mise en forme du chocolat). Elle a construit, en 2013, une usine en Côte d'Ivoire, 1er producteur mondial de fèves, pour assurer son approvisionnement. En 2014, elle a ouvert un centre d'expertise sur le cacao à Perpignan, dans son fief. Le groupe
(3 200 salariés dans le monde) vise 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires d'ici à 2018.

Chausson Matériaux, depuis trois générations

Numéro 2 français du négoce de matériaux de construction (derrière Point P), Chausson Matériaux est aussi la première entreprise familiale indépendante de son secteur. La société de Fenouillet a fait l'actualité en 2013 en reprenant 84 magasins Réseau Pro au groupe britannique Wolseley. Aujourd'hui, Chausson Matériaux - dirigée par les deux frères Philippe et Pierre-Georges Chausson - compte quatre plateformes logistiques, 25 sites industriels et 330 agences. L'entreprise de 3 800 salariés a enregistré un chiffre d'affaires de 895 millions d'euros l'an dernier.

Continental Automotive, trois sites régionaux

Continental Automotive, branche du groupe Continental dédiée à l'électronique automobile, dispose de trois sites en Midi-Pyrénées. Celui de Foix est spécialisé dans la production de calculateurs moteurs. L'usine de Boussens produit quant à elle des capteurs destinés à l'industrie automobile. Près de 2,1 millions de pièces sortent ainsi chaque mois des 27 lignes que compte le site de production. Enfin, l'entité toulousaine de Continental Automotive produit des capteurs de pression de pneumatiques, des badges et des systèmes de contrôle d'accès pour les véhicules.

François Fondeville SA, l'instinct des bâtisseurs

Ce grand constructeur catalan, dirigé par trois sœurs et leur frère, démontre une vitalité étonnante pour une société plus que centenaire (491 salariés, CA 2013 : 127 millions d'euros). En créant une filiale dédiée à la promotion immobilière (AGIR), elle a évolué vers le montage d'opérations complexes pour le compte d'opérateurs publics et privés. Pour contrer un marché du BTP amorphe, elle s'est développée sur une longue chaîne d'expertises (juridique, financière, commerciale), un fait rare pour un acteur de cette taille. Sur la seule année 2014, François Fondeville SA figure dans le consortium retenu pour la future gare TGV de Montpellier (coût : 127 millions d'euros) et a lancé la construction d'un hôtel 4* à Marseille. Cette ouverture vers Paca est un autre des axes forts de la stratégie actuelle.

Labosud, héros de la "biologie libérale"

Labosud OcBiologie est un groupement de 72 sites d'analyses biologiques médicales basé à Montpellier. Il s'est mis en branle depuis une ordonnance de 2010, imposant aux professionnels de santé d'être accrédités sur 100 % de leur activité d'ici 2020. Pour préserver leur rentabilité, les laboratoires de biologie seraient contraints, selon le président Georges Ruiz, de se regrouper. De fait, Labosud multiplie fusions et partenariats.

Newrest, le catering multi-secteurs

Depuis sa création à Toulouse en 2005 par Olivier Sadran et Jonathan Stent-Torriani, Newrest a fait du chemin. Le groupe compte désormais parmi les principaux acteurs mondiaux du catering multi-secteurs. Il est positionné sur plusieurs activités : le catering aérien et ferroviaire, la restauration collective, la gestion de bases de vie et l'animation de concessions dans les aéroports et les aires d'autoroutes. Newrest emploie 28 000 collaborateurs répartis dans 49 pays. Le groupe a enregistré plus de 900 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014.

Nicollin, le grand nettoyeur

Tout en gardant une structure familiale (il dirige le groupe avec ses deux fils) face aux industriels de la collecte des déchets, Louis Nicollin axe la croissance de son groupe (4 700 ETP, CA 2014 : 300 millions d'euros) sur le renouvellement méthodique des marchés signés auprès des collectivités et des entreprises. Son réseau de 40 sites, géré par des directeurs d'agence autonomes, tend tout entier vers cet objectif sur les différents volets de l'activité : ordures ménagères, propreté urbaine, déchets industriels... Pour gagner des parts de marché, le groupe montpelliérain mise sur la diversification, comme l'assainissement des eaux ou l'entretien des bords de routes et rivières, en procédant par rachat ou création de filiales communes avec des PME implantées sur le créneau.

Nutrition & Santé, leader de la diététique

Biscuits diététiques, aliments sans gluten, barres de céréales pour sportifs... La société Nutrition & Santé, basée à Revel, est l'un des premiers acteurs européens sur le marché de l'alimentation biologique et diététique. L'entreprise présidée par Didier Suberbielle compte 1 500 salariés et a généré un chiffre d'affaires de 375 millions d'euros en 2014. En 2014, après avoir racheté le pionnier français de l'alimentation sans gluten Valpiform, la société a repris Jasmine, leader du marché brésilien de la diététique. En 2015, l'entreprise a racheté la société barcelonaise Bicentury. Nutrition & Santé est une filiale du groupe japonais Otsuka Pharmaceutical depuis 2009.

Orchestra, l'empire du textile

En avril 2012, Orchestra inaugurait à Saint-Aunès (34) un complexe à 40 millions d'euros, incluant le plus grand magasin de puériculture de France (3 000 m2), une partie administrative de 4 000 m2 (dont le siège du groupe) et une zone logistique de 32 000 m2. Celle-ci ne couvre plus désormais les besoins du spécialiste du textile enfants, qui grandit à raison de 50 nouveaux magasins par an dans le monde. L'acquisition des réseaux belges Prémaman (284 points de vente) en 2012 et Home Market (42) en 2014 a poussé le groupe de Pierre Mestre à positionner ses entrepôts au nord du pays (un projet de 120 000 m2 et 700 emplois à Arras en 2016) pour la puériculture. Orchestra, qui compte 1 300 salariés, vise la barre de 1milliard d'euros de chiffre d'affaires d'ici à 2018.

Laboratoires Pierre Fabre, à la recherche d'un nouvel équilibre

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Les Laboratoires Pierre Fabre, fondés dans le Tarn à la fin des années 1950, font désormais travailler 10 000 personnes dans le monde. Le groupe, qui détient environ 3 000 brevets, a enregistré plus de 2,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2014. Avec une double activité : pharmaceutique et dermo-cosmétique, le groupe est un  fleuron historique de l'industrie régionale, indissociable de l'image de son créateur Pierre Fabre décédé en 2013.

Poult, biscuits innovants

Depuis 1883, Poult fabrique des biscuits à Montauban. Avec 1 750 salariés et un chiffre d'affaires de 200 millions d'euros, le groupe dirigé par Carlos Verkaeren est l'un des poids lourds de son secteur. Racheté à l'été 2014 par Qualium Investissement, filiale de la Caisse des dépôts, Poult dispose de cinq sites de production en France, d'où sort un million de paquets de biscuits chaque jour. Le groupe est régulièrement cité pour son management innovant, favorisant l'autonomie de ses collaborateurs. Travail en réseau, déhiérarchisation, mise en place d'un programme de formation "leadership-intraprenariat" et d'un incubateur interne : tout est fait pour améliorer l'innovation au sein de ses équipes.

Sigfox, champion de l'internet des objets

La société a fait parler d'elle en début 2015 en levant 100 millions d'euros. Ce tour de table record vient conforter le positionnement stratégique de l'opérateur, qui déploie un réseau mondial cellulaire bas débit dédié à l'internet des objets (IoT). Sigfox compte 150 salariés. Le CEO de Sigfox, Ludovic Le Moan, est par ailleurs le président de l'IoT Valley, basée à Labège, véritable écosystème des objets connectés.

Vinadeis, 3e acteur du vin

Encore une fusion qui a marqué les esprits : en 2012, l'absorption de l'Union des caves coopératives de l'Ouest audois et du Razès (UCCOAR) par Val d'Orbieu (devenu Vinadeis) a hissé le groupe coopératif audois au rang de "3e acteur du vin en France", selon les mots de son directeur général Bertrand Girard. Avec 17 000 ha de vignes, 60 domaines et châteaux et 2 100 vignerons dans ses rangs, la société dispose d'une capacité d'agir redoutable. Et ne s'en prive pas : elle a récemment investi 12 millions d'euros pour moderniser l'un de ses 11 sites-filiales, près de Béziers, et a dépensé 6 millions d'euros sur un terrain voisin pour y bâtir un nouveau chai sur le vin en vrac. Chiffre d'affaires à l'appui (il a bondi de 138 à 270 millions d'euros en trois ans), la soif de croissance de Vinadeis semble sans limite.

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Commentaires
a écrit le 11/01/2016 à 16:56 :
Vous n'avez pas parlé des différentes coopératives agricole par ex :ARTERRIS qui réalise un chiffre d'affaire de plus de 500 millions d'euros de CA.

Ni de figeac aero qui connait une croissance continue, ni du comptoir commercial du languedoc qui réalise plus de 200 millions d'euros de CA avec près de 700 personnes sur MPLR.

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