Aéronautique et spatial, une filière de plus en plus internationalisée

Le secteur aéronautique et spatial français s’est mondialisé en quelques années. Et la chaîne des fournisseurs est elle-même très impliquée : ses ventes en exportations directes ont progressé de 8,5 % l’an dernier.

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En 2014, le chiffre d'affaires export des entreprises du Gifas a atteint plus de 33 milliards d'euros
En 2014, le chiffre d'affaires export des entreprises du Gifas a atteint plus de 33 milliards d'euros (Crédits : Rémi Benoit)

Au Salon du Bourget, le monde entier est à Paris. L'édition 2015 du salon aéronautique accueille en effet 47 pays différents et abrite 26 pavillons nationaux (États-Unis, Chine, Japon, Corée, Israël, Pologne...). Et en 2013, les visiteurs professionnels provenaient de près de 180 pays. Ces chiffres résument à eux seuls le caractère international du premier salon aéronautique mondial.

Ce n'est guère étonnant, puisque le transport aérien est mondialisé depuis longtemps. Et les acteurs de la filière ont bien été obligés de suivre leurs grands donneurs d'ordres. Le résultat est là : en 2014, le chiffre d'affaires export des entreprises du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas) a atteint plus de 33 milliards d'euros, soit 82 % des ventes consolidées. Et le secteur est plus que jamais le principal contributeur de la balance commerciale française, avec 23,6 milliards d'euros en 2014. La chaîne des fournisseurs français est elle-même très impliquée : ses ventes en exportations directes ont progressé de 8,5 % l'an dernier, à 6,8 milliards d'euros (sur un total de 16,5 milliards d'euros).

Un acteur comme Latécoère témoigne bien de cette présence à l'international. Fabricant d'aérostructures et de systèmes d'interconnexion, partenaire de premier rang des avionneurs mondiaux, l'industriel toulousain a développé ses activités internationales à partir du début des années 2000 avec des clients comme Boeing et Embraer.

"Nous avons installé des sites au Brésil, à São José dos Campos, et au Mexique, à la fois pour être plus proches d'eux et pour leur offrir des coûts compétitifs", explique Rémy Suhas, senior vice-président Aérostructures du groupe.

Importance de la variable coût

Pour le Toulousain, comme pour de très nombreuses entreprises installées à l'international, la variable coût explique en grande partie la décision de s'implanter à l'étranger. Ainsi, pour sa filiale Latélec, spécialisée dans les systèmes d'interconnexion, Latécoère a choisi la Tunisie et ses bas salaires. Un nouveau site au Maroc doit d'ailleurs ouvrir ses portes courant 2016. Depuis 2014, l'industriel emploie désormais un peu plus de salariés hors de France que dans le pays, avec 2 412 personnes contre 2 380 dans l'Hexagone. "Par contre, dans notre activité d'ingénierie, c'est plutôt la proximité avec le client qui prime", ajoute Rémy Suhas. Des équipes d'ingénieurs de Latécoère sont ainsi installées près des grands sites de ses clients, notamment à Toulouse, Hambourg, Montréal ou à São José dos Campos. Pour l'avenir, l'industriel aimerait bien accrocher à son tableau de chasse un nouvel avionneur nord-américain, en l'occurrence le constructeur d'avions d'affaires Gulfstream.

ATR,  98 % du chiffre d'affaires à l'export

Autre acteur international par essence : le groupe Airbus. Si son siège social est implanté à Blagnac, ses équipes - 138 000 salariés - sont en effet réparties dans le monde entier. Rien que de très logique, puisque le groupe et sa première filiale, l'avionneur Airbus, sont aujourd'hui les deux premières entreprises exportatrices de France. Et elles entraînent dans leur sillage tout un écosystème, qui tend de plus en plus à s'internationaliser.

La tendance est la même pour ATR. Le constructeur d'avions à hélices, basé lui aussi à Blagnac, réalise 98 % de son chiffre d'affaires - qui devrait atteindre 2 milliards d'euros cette année - à l'international. La société commercialise en effet ses appareils auprès de plus de 190 opérateurs, répartis dans 90 pays. Les pays émergents (Brésil, Russie...) sont une cible prioritaire. La société souhaite par ailleurs poursuivre son développement en Chine.

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