Face au succès, Cellulopack construit une deuxième usine d’emballages recyclables

Barquettes alimentaires, portes-gobelets, coquetiers, vaisselle jetable ou encore capsules anti parasites pour l’agriculture... La société Cellulopack développe, conçoit et commercialise des emballages recyclables, biodégradables et compostables en cellulose moulée. Face à la forte demande et après avoir doublé son chiffre d’affaires sur les deux derniers exercices financiers, l’entreprise du Tarn-et-Garonne se dote d’une seconde usine.

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Le nouvel outil de production devrait être inauguré l'année prochaine.
Le nouvel outil de production devrait être inauguré l'année prochaine. (Crédits : DR)

L'interdiction des emballages en plastique et des objets à usage unique promettent un avenir favorable à leurs alternatives. C'est notamment le cas pour l'entreprise Cellulopack spécialisée dans la fabrication d'emballages recyclables, biodégradables et compostables. Fondée en 2013, à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne), la PME est désormais à l'étroit dans son usine actuelle de 2.300 m2.

"Notre usine est saturée. Nous souhaitons nous doter d'un bâtiment moderne, plus fonctionnel, avec des normes qualité élevées", explique Olivier Mas, cofondateur et président de Cellulopack.

La société a donc décidé d'ouvrir une seconde usine. Ce nouvel outil de production, qui sera inauguré début 2023, sera situé à Campsas, à 30 kilomètres de sa première usine et sera doté d'une surface de 3.000 m2. Cette opération, qui a nécessité un investissement de près de quatre millions d'euros, va lui permettre d'augmenter sa capacité de production et ainsi répondre à une demande grandissante. L'objectif de la PME familiale est de doubler sa production à horizon 2026. L'entreprise s'est laissée la capacité de pouvoir doubler la surface de son second site et ainsi de l'étendre jusqu'à 6.000 m2. Elle prévoit de réaliser cette extension "d'ici trois ou quatre ans".

En attentant, Cellulopack vise les trois millions d'euros de chiffre d'affaires en 2022 uniquement avec sa première usine.

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"Créer une offre nouvelle"

Convaincue de l'urgence à trouver des alternatives au plastique avec des emballages non polluants, la société met au point des solutions d'emballage à partir de fibres de cellulose moulée, essentiellement réalisée à partir de papiers vierges ou recyclés et d'eau. Cette technologie permet en effet de fabriquer des emballages "écologiques et esthétiques" qui répondent aux exigences du marché et aux attentes des consommateurs.

Ainsi, le fabricant de cellulose moulée haute densité, produit essentiellement des porte-gobelets qui permettent de maintenir les boissons lors des ventes à emporter des chaînes de restauration, des barquettes alimentaires pour la restauration collective qui se substituent aux barquettes en plastique généralement utilisées dans les cantines scolaires, les hôpitaux ou les maisons de retraite. Cellulopack a par ailleurs obtenu, pour ce dernier élément, un brevet français pour la première barquette alimentaire 100% compostable en cellulose moulée.

"Nous avons fondé la société pour créer une offre nouvelle sur le marché. Il existait déjà des fabricants de cellulose moulée, mais surtout pour les oeufs. Nous avons estimé que les vertus écologiques de la cellulose allaient au-delà, pour d'autres applications. Tous les produits que nous développons, n'existaient pas en cellulose moulée auparavant. Notre vocation est d'apporter des produits nouveaux sur le marché et des alternatives au plastique dès que nous le pouvons", détaille l'ancien auditeur financier passé par KPMG et Airbus.

Même s'il existe certaines contraintes, la cellulose moulée a une large possibilité d'application ce qui permet à la petite structure de se placer sur différents marchés.

Cellulopack

Cellulopack conçoit une multitudes de solutions d'emballage compostables (Crédits : DR)

Une législation favorable à la croissance

Ainsi, Cellulopack réalise plusieurs offres sûr-mesure, des productions spécifiques sur demande et en collaboration avec ses clients. Par exemple, elle a conçu des billes qui contiennent des larves d'insectes destinées à l'agriculture biologique et larguées par drone dans des champs de maïs. Une fois au sol le papier de la bille va se dégrader et l'insecte en sortir pour éliminer les parasites des exploitations. L'entreprise met également au point des barquettes pour les fruits et légumes, des coquetiers pour oeufs, de la vaisselle jetable, des coins de protection pour meubles, des calages pour les calendriers de l'avant de la marque française de cosmétiques, L'Occitane en Provence ou encore, des capsules funéraires 100% biodégradables pour les petits animaux.

Positionnée sur un marché en plein mouvement et recherche d'alternatives plus vertes et responsables, la société peut compter sur une législation favorable qui crée des opportunités. "Le plastique est de plus en plus contesté et interdit. Donc évidemment, cela nous profite", affirme Olivier Mas. En effet, depuis le 1ᵉʳ janvier, les barquettes pour fruits et légumes en plastique sont interdites en France. De plus, dès le 1er janvier 2025, les barquettes alimentaires en plastique seront interdites. Enfin, la loi Agec (loi antigaspillage pour une économie circulaire) prévoit la fin du plastique à usage unique d'ici 2040. Cela a en partie, permis à la société de doubler son chiffre d'affaires de 2019 à 2021. Ce dernier est passé de 1,2 million à 2,5 millions d'euros.

"Malgré la Covid-19, nous avons une croissance assez forte. Si l'on fait cette nouvelle usine, c'est que l'on pense que le marché va continuer à être porteur et nous avons besoin d'y apporter plus de produits."

Se diversifier sur plusieurs secteurs d'activité

Aujourd'hui, elle compte une centaine de noms dans son portefeuille clients. Parmi eux, des distributeurs d'emballages, des collectivités comme les villes de Bordeaux ou Nice, la coopérative D'Aucy, connue pour ses légumes en conserves ou encore Frais émincés, spécialiste de la fraîche découpe de légumes et de fruits frais.

L'international représente un tiers des activités de la PME. Elle exporte vers des pays comme l'Angleterre, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, l'Italie et l'Espagne. "Ce ne sont pas des produits qui voyagent extrêmement bien, donc nous exportons pas très loin, en Europe", précise le dirigeant. Rien que la production de portes-gobelets s'exporte à 75 %. À elle seule, l'activité représente 35 % du chiffre d'affaires à l'export.

Après la restauration collective et rapide et les fruits et légumes, la société souhaite conquérir le segment premium de la cosmétique et des spiritueux. Ainsi, elle est actuellement en plein développement de projets avec des marques (françaises) et travaille sur des calages "spécifiques et esthétiques" et des coffrets pour parfums et alcools.

"Ceux qui utilisent beaucoup d'emballages plastiques aujourd'hui, ont pour mission de réduire leur empreinte carbone. Il y a beaucoup de projets dans ce sens et nous sommes sollicités pour y répondre. Nous voulons continuer à nous diversifier sur plusieurs secteurs d'activité", ajoute-il.

À l'heure actuelle, Cellulopack compte 35 employés. La nouvelle usine va entrainer une vague d'embauches : de personnel de production, de conducteurs de lignes, de responsables qualité, de techniciens de maintenance, etc. En tout, les deux sites devraient réunir un effectif de 50 personnes d'ici fin 2023.

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