Covid-19 : Nervures passe de la conception de parapente au masque lavable

 |   |  776  mots
Les 15 salariés de Nervures se consacrent entièrement à cette nouvelle activité.
Les 15 salariés de Nervures se consacrent entièrement à cette nouvelle activité. (Crédits : DR)
Afin de faire face aux besoins de masques, Nervures a reconverti son atelier pour en fabriquer près de 1 000 par jour. Basée à Soulom, dans les Hautes-Pyrénées, cette PME est l'unique fabricant de parapente en France. Ainsi, elle qui d’habitude conçoit et fabrique des voiles de parapente et parachute a suspendu ses activités pour se consacrer entièrement à la production de masques barrières lavables. Les précisions.

Habituellement, Nervures conçoit et fabrique des parapentes, parachutes et paramoteurs, majoritairement pour le domaine des sports et loisirs. Mais depuis une dizaine de jours maintenant, les fabrications au sein de l'atelier de la PME des Hautes-Pyrénées ont quelque peu changé. En un week-end, entre le 20 et 22 mars, le patron de l'entreprise a complètement reconverti la production de sa petite société. Afin de répondre au manque de masques durant la crise sanitaire du covid-19, Nervures s'est lancée dans la fabrication de cet élément barrière contre le virus.

"Nous avons envoyé un mail au Conseil départemental et à la préfecture des Hautes-Pyrénées pour leur proposer spontanément nos moyens de production afin de réaliser quelques masques en tissu. En un week-end, avec la sous-préfète de Bagnères-de-Bigorre, nous avons prototypé et validé le modèle, les matériaux, la forme, etc. Dès le lundi, nous avons commencé la production en série de masques lavables et réutilisables, conçus à partir de quatre couches de coton", explique Jean-Marie Bernos, dirigeant de Nervures.

Les masques barrières fabriqués par Nervures ont été validés au préalable par un médecin et les services de l'État. Aujourd'hui, le département des Hautes-Pyrénées a passé une commande de 25 000 masques auprès de l'entreprise. La préfecture elle, en souhaite 5 000. Ces masques barrières en tissu sont destinés aux services à la personne et personnels municipaux ou départementaux du territoire.

"Ils ont mis en place une chaîne logistique lors de laquelle nos masques sont récupérés avant d'être envoyés à l'entreprise Récup'Action 65 qui se charge des étapes de lavage, séchage, repassage et emballage", précise le dirigeant.

Lire aussi : Covid-19 : des masques en coton fabriqués en Ariège par Tissages Cathares

Adaptation face à la suspension de son activité principale

Aujourd'hui, l'entreprise, qui est l'unique fabricant de parapente en France, se consacre entièrement à ce nouveau métier. Son activité principale de conception de parapentes, parachutes et paramoteurs est complètement à l'arrêt. Ainsi, la totalité de l'effectif de la PME, soit 15 salariés, fabrique près de 1 000 masques par jour. 

"Ce qui est assez flagrant dans cette situation est que cela rappelle à tout le monde, aussi bien aux particuliers qu'aux décideurs, qu'une industrie locale textile a toute son importance. Notre vocation est de faire notre métier habituel et surtout de ne pas devenir fabricant de masques. Nous avions un carnet de commandes plus que rempli, avec un plan de charge plein sur les six prochains mois. Nos clients ont été prévenus comme quoi ils ne pourraient pas être livrés dans les temps. Ils nous comprennent, nous soutiennent et approuvent notre décision", se réjouit Jean-Marie Bernos.

Afin d'accélérer son rythme et sa capacité de production et répondre aux différents besoins, la société souhaite recruter, dès que possible, deux voire trois personnes supplémentaires.

"Notre objectif est de livrer les 30 000 masques commandés d'ici la fin du mois d'avril. Éventuellement, et si le besoin est toujours là nous répondrons aux demandes des autres. Nous en avons qui émanent de collectivités, d'institutions publiques et d'entreprises", ajoute le patron.

Lire aussi : L'Aveyronnais Bleu de chauffe se lance dans la production de masques en coton

Des voiles pour tracter des bateaux

Fondée en 1993, Nervures, conçoit et fabrique, à la main, sans processus robotisé et entièrement en France, des parapentes, parachutes, paramoteurs, des voiles ou encore des yourtes sous sa propre marque. Si aujourd'hui, les sports et loisirs représentent à eux seuls près de 80 % de l'activité de l'entreprise, elle se diversifie et s'adresse également aux secteurs de l'armement, du transport ou encore de l'aéronautique.

Il y a peu, la société basée à Soulom a noué un partenariat avec la startup toulousaine Airseas, afin de fabriquer des voiles de traction, mesurant entre 250 m2 et 1000 m2 et destinées aux cargos transportant de la marchandise en mer. L'idée de cette entreprise, née dans le giron d'Airbus, est de diminuer de 20 % la consommation de carburant des navires et donc de réduire leurs émissions de CO2.

Lire aussi : Airseas signe avec un géant japonais et va recruter 15 personnes à Toulouse

En 2019, Nervures a fabriqué près de 400 parapentes, parachutes et autres voiles. Elle détient un portefeuille clients où figurent une centaine d'entreprises. En 2019, la petite structure a réalisé un chiffre d'affaire avoisinant les 700 000 euros.

Lire aussi : Covid-19 : des masques en coton fabriqués en Ariège par Tissages Cathares

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/04/2020 à 9:28 :
bravo

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :