Airbus arrête (temporairement) sa production, les syndicats divisés

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L'avionneur européen Airbus stoppe ses ateliers pour quatre jours.
L'avionneur européen Airbus stoppe ses ateliers pour quatre jours. (Crédits : Rémi Benoit)
Face à la pandémie du coronavirus, Covid-19, le constructeur aéronautique Airbus a décidé de fermer pendant quatre jours ses sites industriels. Cette pause doit permettre la mise en oeuvre "d'un protocole de santé" pour assurer la sécurité et la santé des 24 000 salariés du groupe à Toulouse. Néanmoins, les syndicats n'ont pas la même vision quant au besoin d'un arrêt total de l'activité ou non. Les précisions.

Il sera difficile pour l'avionneur européen de dépasser, dans ce contexte, son record de livraisons d'avions sur douze mois. Au cours de l'année 2019, cette statistique avait atteint 863 unités (livrés à 99 clients différents), une performance jamais réalisée auparavant. Mais l'année en cours s'annonce moins productive en raison du serrage de vis réalisé par le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son allocution télévisée dans la soirée du lundi 16 mars.

Une prise de parole durant laquelle il a demandé aux entreprises de prendre leur part dans la lutte contre le coronavirus en favorisant le télétravail au maximum et en adaptant leurs chaînes de production aux consignes sanitaires. Ainsi, Airbus a annoncé mardi 17 mars la fermeture de ses ateliers pour une durée de plusieurs jours.

"Suite à la mise en œuvre de nouvelles mesures en France et en Espagne pour contenir la pandémie de Covid-19, Airbus a décidé d'interrompre temporairement les activités de production et d'assemblage sur ses sites français et espagnol de la société pour les quatre prochains jours", a annoncé l'avionneur via un communiqué mardi 17 mars en tout début de matinée.

Dans les faits, cette fermeture va impacter plusieurs dizaines de milliers de salariés. Si Airbus emploie pas loin de 3 000 personnes en Espagne, près de 49 000 travaillent pour l'avionneur en France, dont 24 000 rien qu'à Toulouse.

"Mais au quotidien, ce sont environ 40 000 salariés qui s'emploient chaque jour dans nos sites toulousains, en prenant en compte nos salariés, les apprentis, les sous-traitants, etc", précise un représentant d'Airbus.

Un syndicat favorable à un arrêt total

Ainsi, la réouverture des ateliers est programmée au lundi 23 mars. Elle doit permettre d'instaurer dans les ateliers "les conditions de sécurité strictes en matière d'hygiène, de nettoyage et d'auto-distanciation, tout en améliorant l'efficacité des opérations dans ces nouvelles conditions de travail", promet le groupe qui dans le même temps encourage le télétravail dans ces deux pays.

"Nous sommes en train de travailler à l'instauration d'un protocole de santé pour toutes nos lignes d'assemblage afin que l'ensemble des postes soit protégé dès lundi quand les équipes reviendront. Cela passe par l'assurance du mètre de distance minimum entre chaque salarié, le port du masque ou encore le nettoyage des postes de travail entre le relais des équipes de jour et de nuit", ajoute ce même porte-parole.

Si l'avionneur européen précise que ces mesures de sécurité sanitaire "seront mises en œuvre au niveau localen coordination avec les partenaires sociaux", tous n'ont pas la même vision de la situation.

"La priorité numéro un est bien la santé des salariés via la mise en place des consignes sanitaires. La CFE-CGC soutient donc cette démarche engagée par la direction pour faire face à la pandémie de Covid-19. Du côté, d'Airbus Defence and Space plus particulièrement, nous privilégions le télétravail car nous avons des activités considérées comme vitales pour le bon fonctionnement du pays et nous ne pouvons donc pas être totalement à l'arrêt. Surtout, ces adaptations permettront de répondre présent quand l'activité reprendra de manière normale", commente Thierry Préfol le coordinateur adjoint de la CFE-CGC au sein d'ADS.

Néanmoins, si le télétravail est privilégié pour les 5 000 salariés de la branche spatiale du groupe à Toulouse, qui font l'objet depuis peu d'un plan de suppression de postes, certaines activités, comme l'intégration satellite, sont à l'arrêt, provisoirement. Seulement, le syndicat Force Ouvrière milite quant à lui pour un arrêt total de la production.

"Prendre nos responsabilités, c'est prendre les mesures nécessaires le plus rapidement possible ! Force Ouvrière demande le confinement total pour protéger nos personnels et notre industrie. Pour FO, notre santé reste la priorité absolue. La situation industrielle et sociale est extrêmement dégradée", a déclaré le syndicat dans un tract diffusé lundi 16 mars.

"Minimiser l'impact"

Concrètement, le syndicat demande un arrêt total des activités non vitales pour l'entreprise et le pays, comme l'assemblage des avions et donc la mise en pause des lignes de production de l'A320 de Saint-Martin-du-Touch, A330 et A350 à Colomiers ou bien de l'A380 à Blagnac pour ne citer que ces exemples.

Mais le délégué syndical Thierry Préfol assure "qu'il n'est pas question pour le groupe Airbus d'arrêter la production". "L'objectif de cette démarche est bien évidemment que la production et la livraison d'aéronefs ne soient pas touchées", ajoute toujours le porte-parole du groupe. Par ailleurs, dans son communiqué, Airbus ajoute qu'il "travaille également en collaboration avec ses clients et fournisseurs afin de minimiser l'impact de cette décision sur leurs opérations.

Pour le moment, aucune annulation de commande n'a été notifiée auprès d'Airbus, malgré les difficultés économiques rencontrées par les compagnies aériennes en lien avec cette pandémie du coronavirus, Covid-19.

Lire aussi : À Toulouse, Airbus réussit le premier décollage entièrement autonome

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Commentaires
a écrit le 17/03/2020 à 21:23 :
tout va bien pour airbus les salariés seront au chomage technique quelques jours et après la production reprendra
beaucoup de compagnie auront disparu mais la croissance mondiale du marché restera la et il y aura toujours des commandes
de plus l'avionneur met des années à livrer les commandes donc le retard ne change rien on a des années devant nous pour en trouver des nouvelles le temps qu'ils produisent déjà les commandes en cours et boing a disparu des radars pour le moment et sera tres bientot aussi confiné a son tour
il n'y a pas d'autres concurrent pour leur prendre leur marché, le seul serait celui du marché de l'occasion mais la preuve est faite par les cimetieres d'avion aux états unis et par la politique de compagnies comme air france qui démantelent un A380 pendant que d'autres en commande des neufs qu'ils auront dans des années que l'occasion ne se vend pas bien car occasion égal panne égal risque d'accident égal maintenance et immobilisation fréquente au sol

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