Dans le rouge, Latécoère lance un plan d'économies de 20 millions d'euros

 |   |  761  mots
Malgré une croissance de son chiffre d'affaires, Latécoère affiche une grande perte sur l'année 2019.
Malgré une croissance de son chiffre d'affaires, Latécoère affiche une grande perte sur l'année 2019. (Crédits : Reuters)
Le sous-traitant aéronautique de rang 1, Latécoère, a dévoilé mardi 10 mars le bilan de son exercice 2019. Sur l'année qui vient de s'écouler, l'acteur toulousain enregistre une croissance honorable de son chiffre d'affaires. Néanmoins, il affiche une perte nette de près de 33 millions d'euros en raison d'investissements réalisés. Latécoère compte désormais lancer un nouveau projet pour réduire ses coûts fixes, tout en prévoyant une baisse de son chiffre d'affaires en 2020. Décryptage.

Au regard des chiffres publiés mardi 10 mars, l'entreprise toulousaine Latécoère a connu une année 2019 plutôt positive. D'après son bilan annuel, le sous-traitant aéronautique de rang 1 enregistre un chiffre d'affaires de 713, 1 millions d'euros sur l'année écoulée, contre 659,2 un an plus tôt. Soit une croissance de +7% à taux de change constants.

"La solide croissance organique de 7 % reflète la très bonne performance de nos deux divisions. J'aimerais souligner le succès de la division Aérostructures, dans un environnement concurrentiel difficile. Notre division Systèmes d'Interconnexion a dû faire face aux frais de démarrage des nouveaux programmes (...) Latécoère a signé de nouveaux contrats et bénéficié de la forte croissance des volumes dans la division Systèmes d'Interconnexion. La division Aérostructures a, quant à elle, bénéficié d'une montée en puissance et de volumes plus importants", se félicite Yannick Assouad, Directeur Général du Groupe Latécoère.

Cependant, cet acteur majeur de la filière aéronautique, récemment passé sous pavillon américain, réalise parallèlement une perte nette de près de 33 millions d'euros, bien loin des 6 millions d'euros de bénéfices de l'année 2018.

Lire aussi : Désormais américain, Latécoère veut doubler de taille d'ici à 5 ans

La perte d'exploitation de Latécoère s'est élevée à 9,6M€ en 2019, contre un bénéfice d'exploitation de 4,9M€ en 2018. Ce résultat est principalement dû à des éléments non récurrents et à des coûts plus
élevés liés à la fin du plan Transformation 2020. La perte nette du groupe est ressortie à -32,9M€, après un impact négatif de 11,2M€ dû à la variation de la juste valeur des instruments de couverture de Latécoère et à des pertes de change", justifie la dirigeante.

L'entreprise veut réduire ses coûts fixes

Ce plan de "Transformation 2020", qui comprend notamment l'investissement dans l'usine 4.0 de Toulouse-Montredon, a déjà mobilisé 117 millions d'euros au 31 décembre 2019, sur les 130 initialement prévus. Selon Latécoère, ces investissements auraient "permis de réaliser 41,6 M€  d'économies de coûts".

"Ce plan devrait s'achever fin 2020 avec l'inauguration à Toulouse du nouveau siège social éco-responsable de Latécoère qui regroupera sur le même site, afin d'intensifier les synergies, toutes les fonctions administratives et support, y compris les bureaux d'études et d'innovation des deux divisions actuellement répartis sur plusieurs sites dans la région toulousaine", précise l'entreprise dans un communiqué.

Icade est en charge de la construction de ce nouveau siège social, qui doit être livré en septembre 2020. Celui, d'une surface de 12 750 m2, sera installé sur un terrain de cinq hectares en plein cœur de Toulouse, dans le quartier de La Roseraie. Par ailleurs, le groupe va lancer un nouveau projet pour réaliser des économies importantes.

"Nous sommes désormais prêts à lancer Beyond, notre nouveau projet destiné à améliorer la compétitivité de Latécoère et à réduire nos coûts fixes de 20 millions d'euros au cours des deux prochaines années. Nous nous sommes engagés à faire de Latécoère un fournisseur d'aérostructures de premier rang à même d'accompagner les avionneurs dans le déploiement de leurs futures plateformes, une ambition que nous réaliserons avec le soutien de notre nouvel actionnaire majoritaire" annonce Yannick Assouad.

Latécoère prévoit une baisse de son chiffre d'affaires

Par ailleurs, le groupe dirigé par cette dernière s'attend à une année 2020 marquée par une faible demande pour les longs courriers et des incertitudes sur la cadence de production des avionneurs, notamment pour les programmes E1 d'Embraer et F7X/F8X de Dassault Aviation.

Cependant, Latécoère pense partiellement compenser avec des cadences plus élevées pour les E2 d'Embraer et l'Airbus A320, ainsi que par les nouvelles affaires de la division Systèmes d'Interconnexion. La société toulousaine annonce ne pas être touchée par la crise du Boeing 737 MAX.

Lire aussi : Bourget : Boeing présente ses excuses pour le 737 Max

Dans ce contexte, le groupe prévoit une baisse d'environ 5 % (à taux de change constants) de son chiffre d'affaires sur l'année en cours. Néanmoins, le possible impact de la crise du coronavirus et l'acquisition de l'activité câblage de Bombardier n'ont volontairement pas été pris en compte par le groupe dans ses prévisions. Les premières tendances seront connues le 22 avril, date à laquelle Latécoère prévoit de publier ses résultats du premier trimestre.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/03/2020 à 5:55 :
Un, il faudrait peut être que vous preniez quelques cours de comptabilité avant d’écrire n'importe quoi. Les investissements peuvent avoir un impact sur la trésorerie mais peu sur les résultats, seuls les amortissements les impactent (de l'ordre de 10%).
Deux, il est classique lors d'un changement d'actionnaire, que l'on "charge" l'ancienne direction en aggravant les résultats, (plus facile de faire des pertes que des bénéfices) c'est ce que l'on appelle dans le jargon "un coup d'accordéon" . Vous allez voir comme par hazard le prochain exercice sera fortement bénéficiaire, et tout le mérite en reviendra..... aux nouveaux.
Classique.
a écrit le 11/03/2020 à 14:20 :
La "saga" Latécorère, qui nous désole tous, nous industriels ou anciens industriels du monde Toulousain, depuis les "dérives" des années 90 et les reprises "en main" successives par un grand groupe du métier puis des fonds de pension, maintenant US, ne semble pas devoir sortir du fossé dans lequel elle s'embourbe inexorablement. La culture d'entreprise, les savoir-faire, les aspects sociaux-culturels acquis, tout cela ne semble pas très compatible avec les moeurs de financiers-gestionnaires qui, d'ailleurs n'en ont rien à fou…., pardon, à faire. La main-mise du monde de la "gestion-finance" sur celui de l'Industrie nous mène dans le mur. Il va bien falloir un jour payer les dégâts et cela risque d'être assez brutal.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :