Aéroport : l'Autorité de la concurrence donne son feu vert à la reprise par Eiffage

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L'Autorité de la concurrence autorise le rachat de l'aéroport Toulouse-Blagnac par Eiffage.
L'Autorité de la concurrence autorise le rachat de l'aéroport Toulouse-Blagnac par Eiffage.
Après plusieurs semaines d'étude, l'Autorité de la concurrence vient de donner son autorisation pour le rachat des parts de l'aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) appartenant à Casil Europe par Eiffage. L'actionnaire chinois se dit "très content" de cette décision et n'attend plus que le go de la DGAC pour entériner la vente au groupe français.

C'est une étape importante qui vient d'être franchie pour l'avenir de l'Aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB). L'Autorité de la concurrence donne son feu vert au projet de rachat de la structure aéroportuaire par Eiffage. Une décision qu'elle a officialisée par communiqué jeudi 12 décembre.

"Dans une décision rendue le 11 décembre 2019, l'Autorité de la concurrence autorise le rachat par le groupe Eiffage de la participation jusqu'alors détenue par la société chinoise Casil Europe dans la société Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB)", annonce l'organisation.

Depuis le 14 mai dernier, l'actionnaire chinois Casil Europe, présidé par Mike Poon, était entré en négociations exclusives avec le groupe français après un processus de sélection organisé par la banque Lazard pour lui céder ses 49,99% détenus dans l'actionnariat d'ATB. Mais ce deal avait pris du retard en raison de plusieurs actions en justice intentées par les opposants pour annuler la privatisation partielle de l'État faite en 2015, avant que le Conseil d'État ne la juge "conforme".

Des actionnaires locaux attentifs

Désormais, tous les blocages juridiques étant levés la vente des 49,99% de Casil Europe n'est qu'une question de temps. Pour autant, contacté par La Tribune, "Eiffage ne souhaite pas commenter cette décision car le dossier est toujours en cours d'instruction". Du côté de certains acteurs du dossier, on espère le bouclage de cette vente avant la fin de l'année voire dans les semaines à venir.

"C'est une étape cruciale mais je ne suis pas sûr qu'elle soit suffisante pour lever toutes les obligations administratives d'une telle vente. L'Agence des participations de l'État (APE) aura certainement son mot à dire. Néanmoins, tout ce qui peut ralentir ce processus sera de nature à scléroser les prises de décision à venir et à mettre dans le brouillard l'avenir de l'aéroport Toulouse-Blagnac", estime Bernard Keller, vice-président de la Métropole et qui siège à ce titre au conseil de surveillance de l'aéroport.

Surtout, avec l'arrivée potentielle de ce nouvel actionnaire (français cette fois-ci), les actionnaires locaux qui détiennent 40% du capital d'ATB (CCI, Région, Département et Métropole) veulent revoir son mode de fonctionnement.

"La cession des parts de Casil Europe devra permettre de mettre en place une nouvelle politique en matière de gouvernance, de distribution de dividendes et d'investissements, dans des perspectives de long terme. Cette infrastructure indispensable au développement économique doit être pilotée dans le respect du territoire et de ses habitants", font savoir les quatre organisations dans un communiqué commun, jeudi 12 décembre, tout en rappelant qu'ils veulent voir l'État conserver ses 10,01% de l'actionnariat.

Casil n'attend plus que le feu vert de la DGAC

Pour rappel, l'assemblée générale de novembre dernier avait acté la distribution de tous les bénéfices d'ATB, soit 16,2 millions d'euros aux actionnaires. Désormais, ces mêmes actionnaires sont attendus pour un conseil de surveillance mercredi 18 décembre.

"Il ne faut pas s'attendre à une annonce particulière à ce sujet lors du conseil de surveillance. Néanmoins, nous sommes très content de cette décision et nous n'attendons plus que l'autorisation de la direction générale de l'aviation civile (DGAC) pour finaliser la vente", commente de son côté Casil Europe.

Une fois cette dernière autorisation obtenue, tout sera bouclé dans un délais de deux à quatre semaines selon l'entourage de l'actionnaire chinois.

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Commentaires
a écrit le 01/02/2020 à 18:31 :
En tant que ancien cadre de Eiffage je ne peux qu'être satisfait des actions menées par cette superbe entreprise
a écrit le 17/12/2019 à 8:40 :
Voila le franchouillard toulousain va maintenant pouvoir se faire piller ses dividendes par un Français oui MÔnsieur FRANÇAIS !!!

Monsieur Moudenc vu que c'est un géant du BTP qui est propriaitaire voila la station du metro à l'aéroport qui devrait être gratuite si le chantier de la ligne 3 lui revient, donc aucun surcoût, non ?
a écrit le 13/12/2019 à 10:17 :
Pour connaître les dessous du scandale de la privatisation de l'aéroport de Toulouse, lisez "L'empreinte du Dragon" de Jean Tuan chez C.LC. Editions. Une lecture édifiante et jubilatoire ! Les tous derniers exemplaires sont disponibles sur amazon.fr et fnac.com

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