Cap'éco lance la première cuisine partagée de l'agglomération toulousaine

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Camille Lacour, un des premiers traiteurs à tester la cuisine partagée.
Camille Lacour, un des premiers traiteurs à tester la cuisine partagée. (Crédits : Rémi Benoit)
Trois entrepreneures viennent d'inaugurer les Cuisines de Cap'Éco, le premier espace culinaire partagé, et accessible à la demande, de l'agglomération toulousaine. Traiteurs débutants, formateurs et associations peuvent réserver des créneaux horaires afin de profiter d'un espace professionnel à moindre coût.

Après une dizaine d'années d'expérience dans la restauration en France et à l'étranger, Camille Lacour a décidé il y a un an et demi de lancer son entreprise de traiteur et de chef à domicile à Toulouse. Depuis quelques mois, il vient deux à trois fois par semaine dans les Cuisines de Cap'éco pour mettre au point ses mets.

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Ce hangar de 280 m2 situé dans la zone industrielle du Pahin à Tournefeuille a été aménagé par la coopérative Cap'éco en une cuisine partagée, accessible à la demande. En service depuis fin octobre et inaugurée officiellement mercredi 9 janvier, elle peut accueillir sur huit postes de travail jusqu'à 16 personnes en même temps. À l'image du coworking, où l'on choisit son bureau partagé pour un nombre d'heures par mois, les professionnels de la restauration peuvent réserver des créneaux pour bénéficier de ce "coworking culinaire".

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Cuisine de Cap'éco./ (Crédits : Rémi Benoit).

Le local s'étend sur deux étages avec zone de réception des marchandises, stockage du frais, légumerie, zone à 12°C requise pour préparer des plats froids comme des salades, fourneaux, plonge ainsi que des bureaux.

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Des légumeries sont mises à disposition des traiteurs./ (Crédits : Rémi Benoit).

L'intérêt pour les entrepreneurs qui viennent de lancer leur activité de restauration, à l'image de Camille Lacour, est de pouvoir travailler dans une cuisine professionnelle à moindre coût et uniquement quand ils en ont l'utilité.

"Si j'avais dû me trouver un local, les charges se seraient élevées entre 900 et 1000 euros par mois. Ce sont des charges très importantes à avancer, surtout quand on lance son activité. Le seul achat que j'ai fait est un camion-frigo à 9 000 euros que je peux revendre en cas de coup dur. J'utilise la cuisine partagée de Cap'éco uniquement lorsque j'ai des prestations. Cela veut dire que si un mois je n'ai pas de commandes, je ne suis pas obligé de débourser ces charges. L'autre intérêt de la cuisine partagée est de rencontrer d'autres professionnels, de nouer un réseau", explique le traiteur.

Pour le moment, une dizaine d'entrepreneurs ont adopté les cuisines partagées de Cap'Éco :

"Nous avons une personne qui fait des frites, une autre de la cuisine asiatique, etc. Les cuisines sont accessibles soit via un forfait de 5 à 50 heures pour un coût de 19 à 26 euros de l'heure. Pour les professionnels qui en ont besoin de manière plus régulière, nous proposons des abonnements (entre 11,50 et 15 euros de l'heure). Cela inclut l'utilisation de l'espace mais aussi le matériel, l'eau, l'électricité... Il est également possible de privatiser l'espace pour des professionnels ou des associations souhaitant organiser des ateliers culinaires. Les coûts sont très élevés pour avoir son propre local. Notre objectif est d'être une pouponnière non-institutionnelle des métiers de la restauration afin d'aider les entrepreneurs à passer la barre des cinq ans d'activité", avance Clémentine Renaud.

Cette cuisinière a eu l'idée de créer ce lieu aux côté de Valérie Madeleine (ancienne gestionnaire d'un café aux Pradettes) et Chaya Mercado (créatrice de tapas espagnoles sans gluten). "Les cuisines partagées sont en plein essor en France", explique Clémentine Renaud. Trois espaces de ce type sont nés à Paris à l'instar des Camionneuses, d'autres ont vu le jour à Bordeaux (Coloc'2 chefs) ou Montpellier (Fabrique d'innovation culinaire)".

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Valérie Madeleine et Clémentine Renaud, deux des cofondatrices des Cuisines de Cap'éco./ (Crédits : Rémi Benoit).

Le création du projet à Tournefeuille a nécessité 180 000 euros de travaux et 150 000 euros pour l'achat d'équipements culinaires. Les trois fondatrices ont apporté près de 100 000 euros en fonds propres. Le projet a également bénéficié de 150 000 euros auprès du Crédit Mutuel, 60 000 de BPI France, 20 000 euros de la Région Occitanie et 15 000 euros de la coopérative régionale de financement solidaire (Iés). Par ailleurs, les Cuisines de Cap'éco ont réuni près de 50 000 euros via des titres participatifs remboursables. "Une habitante de Dordogne nous a entendu présenter notre projet sur France Inter et a décidé de nous prêter les 30 000 euros de son héritage ! Nous avons été soutenues par beaucoup de femmes", se réjouissent les entrepreneures.

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