Les emplois d'ArianeGroup à Toulouse en danger ?

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ArianeGroup est bousculé par les acteurs du New Space.
ArianeGroup est bousculé par les acteurs du New Space. (Crédits : Arianespace)
ArianeGroup, qui emploie 8 700 personnes en France et en Allemagne, a l'intention de supprimer 2 300 postes d'ici 2022. À Toulouse, le groupe spatial compte 90 salariés. Pour l'heure, ils ne savent toujours pas combien de postes seront supprimés dans la Ville rose.

La conquête spatiale est bousculée. Leader mondial dans l'envoi de satellites pendant des décennies, Ariane doit faire face à une nouvelle donne. La fiabilité de la fusée européenne est l'atout numéro un d'Arianespace. Mais ça ne suffit plus. Son concurrent américain Space X coûte moitié moins cher. 70 millions d'euros contre 150 millions pour Ariane 5.

"Ariane 5 est une Rolls-Royce relativement cher qui ne correspond plus aux besoins du marché", illustre Jean-Marc Lavoix, délégué syndical central de la CFDT, deuxième syndicat d'ArianeGroup aux dernières élections internes.

Pour faire face à la concurrence, ArianeGroup, créée en 2014 par Airbus et Safran pour rassembler leurs activités spatiales, a lancé le programme Ariane 6. Ce nouveau lanceur a l'ambition de réduire les coûts de 40% et ainsi ne pas dépasser les 90 millions d'euros par lancement. Le premier lancement d'Ariane 6 étant prévu en juillet 2020, sa conception devrait bientôt arriver à son terme. Un calendrier que juge intenable le représentant du personnel.

"Nous n'avons pas terminé la conception d'Ariane 6. Il y a encore des travaux dans les bureaux d'études".

Une fois en service, réduction des effectifs ?

Mais voilà, début novembre, la direction d'ArianeGroup a confirmé son souhait de réduire ses effectifs une fois la conception de ce nouveau lanceur terminée.

Celle-ci envisage de supprimer 2 300 postes sur la période 2018-2022 en France et en Allemagne. Parmi les postes visés, "un millier concernent les sous-traitants de l'entreprise", précise cette dernière. Cependant, pour les autres, le type de postes et les sites concernés par cette réorganisation ne sont pas encore définis.

"Tout cela s'intègre dans un plan de compétitivité global. Nous avons juste défini une période de quatre ans pour ouvrir la discussion avec les partenaires sociaux. Nous allons ainsi anticiper les départs à la retraite et stopper les embauches", communique-t-on du côté d'ArianeGroup.

Une baisse de charge attendue à Toulouse

Par conséquent, la capitale du spatial, Toulouse, n'est pas à l'abri de ces suppressions de postes. ArianeGroup y possède un site, sur l'île du Ramier, où est fabriqué le carburant de ses lanceurs. 90 personnes travaillent sur ce site, dont parmi elles, une dizaine de PDU (point de défaillance unique).

"Elles sont les seules à maîtriser certaines compétences dans l'entreprise en matière de procédés et d'amélioration de production, ou encore de transport de matières dangereuses. On ne peut pas fonctionner sans eux," explique Philippe Gery, délégué syndical central CFE-CGC, le syndicat majoritaire au sein d'ArianeGroup.

Si le site toulousain est touché, ce ne sera pas la première réduction d'effectif. 500 personnes y travaillaient avant l'explosion de l'usine AZF en 2001. Après la reprise d'activité, la direction a décidé de supprimer une partie de l'activité en conservant uniquement 200 emplois, jusqu'à une nouvelle diminution en 2005 pour atteindre l'effectif actuel.

Une nouvelle réduction des effectifs toulousains serait notamment la conséquence d'une baisse d'activité générale au sein d'ArianeGroup. Le groupe ayant des difficultés à remplir son carnet de commandes.

"Nous nous attendons à une baisse d'activité. Au vu du plan de charge des commandes d'Ariane 6, nous n'avons pas le minimum de commandes escomptées", estime Gabriel Garcia, délégué syndical CGT, le syndicat majoritaire à Toulouse.

Cependant, les syndicats ont prévu de faire un droit d'alerte à l'occasion du prochain comité central d'entreprise qui se déroulera d'ici à la fin de l'année. Cette procédure "déclenche une analyse de la situation de l'entreprise par un expert indépendant. Il devra notamment déterminer comment parvenir au chiffre de 2300 suppressions de postes", précise Philippe Gery.

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Commentaires
a écrit le 21/11/2018 à 17:59 :
Schumpeter.
C'est le destin de toutes les entreprises qui s'endorment sur leur succès. Je gage qu'A6 ne résolve rien et qu'il faille, en effectif très resserré, penser à la technologie suivante, celle qui remettra Ariane dans le droit fil, à la mi-siècle.

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