Le Stade Toulousain reprend la main sur ses boutiques

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Le patron du Stade Toulousain veut avoir un échange avec Fiducial.
Le patron du Stade Toulousain veut avoir un échange avec Fiducial. (Crédits : Rémi Benoit)
Après avoir laissé la gestion de ses boutiques à Otago en 2014, le Stade Toulousain a décidé de reprendre la main sur son merchandising dans les mois à venir. Un choix du président des rouges et noirs, Didier Lacroix, qui veut « modifier l’économie du club » pour le rendre à nouveau bénéficiaire. Depuis 2014, le Stade Toulousain fait face à un déficit structurel de plusieurs millions d’euros qui tend les relations entre le Stade Toulousain et son actionnaire Fiducial.

C'est une décision qui avait secoué le milieu du rugby toulousain à l'époque. En fin d'année 2014, un accord était signé entre le Stade Toulousain et la société de prêt-à-porter spécialisée dans le vêtement de rugby Otago, afin que cette dernière prenne possession des boutiques du club de rugby en location-gérance.

Le contrat portant jusqu'en 2020, permettait ainsi à l'entreprise de reprendre les 18 salariés et de s'occuper de la commercialisation des produits de la marque Stade Toulousain, de leur conception à la vente. Une première dans l'histoire du club fondé en 1907.

Ce "partenariat" avait renfloué les caisses du club alors que les premières difficultés économiques et sportives se profilaient. Lors d'une conférence de presse pour présenter le recrutement en vue de la saison 2018-2019 jeudi 1er mars, le président Didier Lacroix a annoncé mettre un terme à ce contrat de location-gérance.

"Nous avons signé un accord transactionnel avec la société Otago qui été concessionnaire du merchandising du Stade Toulousain. Ce dernier va reprendre la pleine possession de sa politique de merchandising et la pleine possession de l'activité de ses boutiques. Cette décision nous permettra très certainement de développer ce secteur sur un plan économique. Tout sera prêt pour le 1er juillet", a assuré Didier Lacroix.

C'est un choix fort du président du Stade Toulousain en place depuis le 1er juillet 2017. Il entend "modifier l'économie du club" pour la rendre moins dépendante des résultats sportifs et surtout lui permettre de redevenir bénéficiare après un déficit structurel qui date de 2014.

Didier Lacroix veut rencontrer le dirigeant de Fiducial

Cette situation économique a créé des crispations dans les coulisses du club. La société Fiducial, sponsor depuis 2008 et premier actionnaire privé du Stade Toulousain avec 12 % du capital, conteste l'exactitude des comptes du dernier exercice, arrêtés au 30 juin 2017. Le premier partenaire privé du club dénonce notamment la manière dont a été inscrit dans les comptes la vente des droits commerciaux du Stade Toulousain à la société InFront pour dix ans contre 3,5 millions d'euros. Un accord qui a pourtant comblé le déficit du club sur le précédent exercice.

Dernier épisode en date de ce désaccord technique, la diffusion mardi 27 février peu avant le conseil de surveillance d'un rapport du cabinet Paper Audit et Conseil, mandaté par la société Fiducial, qui appuie la position de cette dernière.

Le club a répondu par communiqué dans la soirée :

"Le caractère litigieux des deux opérations visées par le rapport est intégralement contesté tant sur la forme que sur le fond par les dirigeants du club. En effet, elles ont été étudiées en amont et validées tant par les instances de contrôle interne que par les autorités règlementaires, à savoir la Direction nationale d'aide et de contrôle de gestion de la Ligue nationale de rugby", peut-on lire dans le document.

Lors de sa conférence de presse ce jeudi 1er mars, le président du Stade Toulousain a fait preuve de transparence en rendant public un ensemble de mails où il propose une rencontre entre lui et le dirigeant de Fiducial, Christian Latouche. Une volonté qu'il a réaffirmé.

"J'ai envie de rencontrer M. Latouche. Je pense que le problème est lié à un manque de communication. Aujourd'hui, il y a une situation de vexation qui amène à une alimentation par voie de presse néfaste pour l'institution", regrette le numéro 1 du Stade Toulousain.

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