L'aéroport de Toulouse se réorganise pour améliorer sa rentabilité

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Jean-Michel Vernhes sera remplacée dans les mois qui viennent à la présidence du directoire de l'aéroport de Toulouse.
Jean-Michel Vernhes sera remplacée dans les mois qui viennent à la présidence du directoire de l'aéroport de Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)
Trois ans après la privatisation partielle, une nouvelle année charnière s'annonce pour l'aéroport de Toulouse avec la possible prise de participation majoritaire des actionnaires chinois et les départs de Jean-Michel Vernhes et d'Anne-Marie Idrac. Pour dégager plus de rentabilité, la plateforme cherche à augmenter le trafic passagers et va doubler le nombre de commerces.

C'est une année cruciale qui s'annonce pour l'aéroport de Toulouse. À compter du 18 avril prochain, l'État aura six mois (renouvelable une fois) pour décider s'il met en oeuvre l'option de vente à Casil Europe de ses 10,01% de parts restantes. Avec 60% des parts, le consortium d'actionnaires chinois deviendrait alors majoritaire au sein du capital de l'aéroport, ce que veulent éviter à tout prix les actionnaires locaux (CCI, Région, Département, Métropole). Année cruciale aussi car Jean-Michel Vernhes, le président du directoire de l'aéroport et Anne-Marie Idrac, présidente du conseil de surveillance vont tous les deux quitter leur poste d'ici le mois de mai. "Les meilleures choses ont une fin. Quel âge as-tu déjà Jean-Michel ?", a évacué rapidement Anne-Marie Idrac ce lundi 15 janvier lors des voeux à la presse de l'aéroport, avant de préciser que "le nom du nouveau président du directoire serait connu dans le courant du premier trimestre".

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Jean-Michel Vernhes et Anne-Marie Idrac seront remplacés d'ici quelques mois (Crédit : Rémi Benoit).

Un nouveau parcours pour les passagers dès le mois d'avril

En attendant, l'aéroport de Toulouse poursuit sa mue. Premier chantier, peut-être le plus visible, les travaux d'extension de l'aéroport qui s'achèveront en 2018 vont déboucher sur une réorganisation totale du parcours du passager. Actuellement, avant de pénétrer en zone d'embarquement, le voyageur passe aux postes d'inspection filtrage installés dans les halls B et D. Dès le mois d'avril, un poste d'inspection filtrage unique de 3000 m2 (soit deux fois plus que les deux halls actuels) se chargera des passagers. Les voyageurs devront traverser la zone des commerces dont le nombre va doubler d'ici le mois de novembre (17 boutiques au lieu de 10 actuellement). Cette première partie des travaux représente 20 millions d'euros d'investissements.

Ensuite, une jetée de 2 500 m2 dont la mise en service est programmée au mois de mai (pour un budget de 10 millions d'euros) doit permettre aux passagers des compagnies low cost d'accéder directement au tarmac sans avoir besoin d'emprunter un bus. Par ailleurs, la construction de l'hôtel quatre étoiles dans l'aérogare se poursuit, son ouverture est prévue pour le mois d'octobre.

La rentabilité toujours insuffisante pour les actionnaires chinois

Ces importants travaux doivent permettre à l'aéroport de répondre aux attentes des actionnaires chinois en matière de rentabilité. Dans une interview exclusive à La Tribune en décembre dernierMike Poon, président de Casil Europe (société d'actionnaires chinois qui détient 49,99% de l'aéroport) expliquait :

"L'aéroport de Toulouse représente actuellement moins de 1% de rendement pour Casil Europe. Il existe toujours une énorme différence par rapport à ce qui serait un retour sur investissement équilibré".

C'est ce qui a justifié selon Mike Poon l'octroi de 7,85 millions d'euros de dividendes aux actionnaires en 2017 dont 1,5 million d'euros puisé dans les réserves de l'aéroport. "Les investisseurs attendent généralement un retour sur investissement entre 3 et 5%, on y était pas, a réagit ce lundi Jean-Michel Vernhes. Mais en 2017 nous avons doublé notre résultat net qui atteint plus de 15 millions d'euros. Par ailleurs les parkings ont rapporté 30 millions d'euros l'an dernier".

La barre des 10 millions de passagers prévue pour 2019

Pour générer plus de revenus, l'aéroport table surtout sur une forte croissance du nombre de passagers. À leur arrivée, les membres de Casil Europe avaient fixé l'objectif que l'aéroport Toulouse-Blagnac atteigne les 12 millions de passagers d'ici à 2030 (contre 7 millions en 2015).

"En 2017, le trafic a connu une hausse de plus de 14% avec 9,2 millions de passagers, soit 1,1 million de plus sur un année", s'est félicité Jean-Michel Vernhes. On devrait passer les 10 millions en 2019 et les 11 millions en 2023".

De plus, dans l'optique de trouver de nouvelles sources de revenus, la société aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) a créé deux filiales. La première est dédiée au développement industriel (ATBD2i). L'aéroport a en effet construit des halls de peinture qui sont loués à Sabena qui peint des Airbus. La deuxième filiale (ATBDH) exploitera le nouvel hôtel en construction dans l'aérogare.

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Commentaires
a écrit le 16/01/2018 à 0:58 :
Et les compagnies Emirates, American Airlines promis par Mr Verhnes pendant des années les New York les Dubaï ils sont sont où ?
Toulouse sera un grand aeroport international une fois ces lignes régulière ouverte ou d'autres par exemple la Chine par des grandes majors, pour l'instant cela reste un aeroport régional européen Il est temps de partir monsieur pour vos promesse non tenues .

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